Le 22 août dernier, je suis allée voir gratuitement le groupe Marie Céleste jouer au Théâtre de la Verdure du parc La Fontaine. Les estrades étaient pleines, et c’est avec enthousiasme que le groupe est entré sur scène. C’était d’ailleurs le dernier concert de leur tournée estivale, une date qu’ils attendaient impatiemment. Pour paraphraser les mots d’un des chanteurs, ils avaient dessiné une étoile sur leur calendrier pour cette soirée. Moi aussi d’ailleurs ; j’écoute ce groupe depuis quelques années déjà, et ils m’ont accompagné dans des moments charnières du début de ma vingtaine. J’étais heureuse de les voir se produire pour la première fois en personne, dans un parc où j’ai passé beaucoup de temps. Leur style musical rock folk, le genre de musique à écouter en allant faire du camping, se prêtait bien au concept de concert en plein air. Le spectacle était habilement ficelé du début à la fin ; un départ plus rythmé, suivi d’un moment plus doux, pour finalement clore le tout sur leurs deux plus grands succès « Maison-monde » et « Elle vit dans les bois ».
Dans leurs chansons, le groupe entretient un rapport à la ville qui me rejoint. Originaires d’Alma, ils ont, comme moi, quitté la région pour rejoindre la métropole. Je me reconnais dans leur regard sur Montréal ; il y a quelque chose d’encore neuf, un point d’observation à demi-extérieur. J’interprète souvent leurs chansons comme de petites lettres d’amour à Montréal, une ville qui fait de son mieux pour tailler une place à tout le monde. Tout au long de leur concert, leur affection pour leur ville d’adoption était palpable. Dans le décor du Théâtre de la Verdure, la dernière ligne de leur chanson « Kérosène » était particulièrement touchante : « En attendant, j’ai Montréal qui est belle un peu pareil. » Bercée par la musique du groupe, Montréal avait des airs nostalgiques. Je ne crois pas être la seule à avoir ressenti une vague d’affection pour cette ville que j’appelle maintenant ma maison. Le concert était lumineux ; l’espoir et la joie dictent la direction artistique de Marie Céleste, autant dans la mise en scène que dans leurs chansons. C’est rafraîchissant, comme un vent qui adoucit le chaos des vacances d’été.
« Je me reconnais dans leur regard sur Montréal ; il y a quelque chose d’encore neuf, un point d’observation à demi-extérieur »
En arrivant sur place, mon amie s’est exclamée : « awww c’est trop cute les humains. » J’avoue, il y a quelque chose de très mignon dans l’idée même d’un concert ; une poignée d’humains se sont déplacés afin de vivre ensemble un moment autour d’un intérêt commun. Ces spectacles rassemblent des gens qui ne se seraient peut-être jamais croisés autrement et créent ainsi un sentiment de communauté. Derrière moi, il y avait deux hommes un peu plus âgés et français ( j’assume avec l’accent) qui ont dit : « Ah, elle était pas mal celle-là. » Je n’aurais probablement jamais croisé ces personnes dans mon quotidien, mais ça m’a fait plaisir qu’ils goûtent à la musique québécoise en ma présence.
Les concerts gratuits rendent la culture accessible et nous permettent aussi de nous rappeler que nous avons plus de choses en commun, les uns avec les autres et qu’il existe des communautés invisibles partout dans la ville. Montréal est belle parce qu’il y a toujours de la musique dans les rues,



