Le 14 janvier 2026, un texte visant à renforcer les mesures de sécurité sur le campus de l’Université McGill a été proposé par le Sénat de l’Université. Cette législation promet de durcir les politiques d’identification sur le campus. Elle a pour objectif de créer une réglementation précise autour de l’identification afin de renforcer la sécurité sur le campus. Cependant, de nombreuses critiques ont fait surface, notamment de la part de l’association activiste étudiante Divest McGill.
De manière plus concrète, le texte propose l’identification des personnes présentes sur les terrains et dans les infrastructures de l’Université. C’est la première fois qu’une telle proposition est faite au Sénat. D’après le texte, toute personne à qui une carte d’identité McGill a été délivrée est tenue de l’avoir sur elle lorsqu’elle se trouve sur les lieux que
l’Université possède, occupe ou utilise pour ses opérations et ses activités afin de « faciliter l’identification (tdlr) » lorsqu’elle est requise. De plus, n’importe qui soumis au processus d’identification devra se découvrir le visage.
Ces demandes pourraient être effectuées par du « personnel autorisé », soit « les surveillants d’examens, la sécurité du campus ainsi que les professeurs ou membres du personnel agissant à titre officiel et responsables d’événements, d’activités académiques ou non-académiques, ou de la prestation de services sur le campus ».
Une opposition se forme
Divest McGill, un collectif étudiant militant, a vivement critiqué cette initiative dans une publication sur Instagram ainsi que dans une lettre ouverte adressée à l’Université. Elle décrit ses mesures comme l’« expansion d’un régime de surveillance hautement répressif et discriminatoire ». Les critiques se focalisent surtout sur l’exigence de dévoiler son visage si demandé, ceque l’association considère comme constituant une atteinte au secret médical ainsi que « favorisant » certaines formes de discrimination.
La lettre affirme également que cette initiative donnerait un pouvoir trop arbitraire au personnel autorisé, ce qui pourrait mener à des contrôles sans raison valable. Selon l’association, ces pratiques « garantissent » la discrimination de certaines minorités religieuses ou ethniques. Divest McGill fait notamment référence à une étude menée à l’échelle de la ville de Montréal qui, selon l’organisation, montrerait que ce type de procédure d’identification mène à davantage de discrimination.
Enfin, l’association souligne que les sanctions proposées par l’Université dans le cas où une personne refuserait de s’identifier ne semblent pas prévoir de procédure d’appel claire. Dans le document, McGill précise cependant que toutes procédures d’appel devraient passer par « les canaux appropriés pour les plaintes d’employés ou d’étudiants ».
L’Université intransigeante
Les sanctions possibles pourraient aller jusqu’à l’expulsion d’une personne de la propriété de l’Université, voire à une exclusion de certains services ou activités de l’établissement. Le document indique notamment qu’un refus de coopérer « peut entraîner un signalement à la sécurité du campus et/ou une restriction d’accès, ou un retrait, des installations, propriétés et/ou ressources de l’Université, ainsi qu’une exclusion des activités universitaires ». L’Université n’a donné aucune autre indication concernant les mesures qui pourraient être prises en cas de non-respect de ce règlement. Cette proposition ravive un débat récurrent entre les impératifs de sécurité et la protection des libertés individuelles. Alors que l’administration met en avant la nécessité d’assurer la sécurité du campus, certains étudiants craignent un renforcement discriminatoire de la surveillance. Le débat reste donc ouvert au sein de la communauté universitaire.



