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Le Mois de l’histoire des Noirs

À l’Université McGill, le Mois de l’histoire des Noirs n’est célébré officiellement que depuis 2017 – tardivement, pourrait-on dire – alors même qu’il s’agit d’une commémoration nécessaire, hier comme aujourd’hui, et qu’elle existe depuis 1978. 

En tant qu’étudiants universitaires, nous disposons d’une chance que beaucoup n’ont pas : nous avons une multitude de ressources à portée de main. Des ressources qui nous permettent de célébrer le Mois de l’histoire des Noirs en bonne et due forme. Je vous encourage, en ce mois de février, à saisir cette chance. Les bibliothèques et les bases de données auxquelles McGill vous donne accès sont pleines d’ouvrages, d’archives et de travaux de recherche. À cela s’ajoutent les nombreuses activités proposées par la ville de Montréal, les musées et McGill en lien avec le Mois de l’histoire des Noirs. L’information est là, accessible ; il suffit de faire le premier pas. C’est peu demander. 

Le Mois de l’histoire des Noirs représente ainsi une opportunité collective ; celle de s’informer sur notre passé, d’apprendre à connaître la société d’hier pour mieux comprendre celle d’aujourd’hui. Si vous ne savez pas par où commencer, je vous propose de regarder d’abord autour de vous. L’Université McGill – sans surprise – a été le cadre d’événements historiques, tant positifs que profondément négatifs, pour la communauté noire. Son fondateur, James McGill, était propriétaire d’esclaves, dont les noms de Sarah, Jack (ou Jacques), Marie-Louise et Marie Potamiane figurent dans les archives ; l’existence d’un jeune garçon autochtone non nommé y est également documentée. Pendant longtemps, McGill a refusé de mettre en lumière cette réalité historique. Elle reconnaît aujourd’hui que la fortune ayant contribué à sa fondation provenait en partie de l’implication de James McGill dans le système économique colonial et l’esclavage atlantique, grâce aux protestations du corps étudiant.

S’intéresser à l’histoire de l’institution où l’on étudie, c’est aussi réfléchir à la place que l’on y occupe. En explorant cette histoire, vous apprendrez, par exemple, que la première personne noire à obtenir un diplôme de médecine au Canada, William Wright, l’a reçu à l’Université McGill en 1848. Vous découvrirez le nom de Juanita Corinne DeShield, première femme noire canadienne diplômée de McGill en 1936, ainsi que celui de Neville Linton, premier rédacteur en chef noir d’un média étudiant, le McGill Daily, en 1957. Vous saurez également que la première association noire à McGill, la British West Indian Society, a été fondée en 1940. Vous découvrirez une longue histoire de résistance et de résilience de la communauté noire dans un milieu qui lui était profondément inhospitalier. 

Aujourd’hui, c’est le Black Student Network (BSN) qui rassemble les étudiants noirs de l’Université. Selon un sondage démographique, les étudiants noirs représentaient 4,6 % du corps étudiant en 2021. Leur contribution à la vie culturelle, intellectuelle et politique a façonné l’identité de l’institution et continue de le faire.

Le Délit vous propose cette semaine, entre autres, d’en apprendre davantage sur la communauté noire de Petite-Bourgogne et sur le sort que l’urbanisme lui a réservée (page 8) ; de réfléchir à l’impact de la représentation des personnes noires au cinéma (page 10) et à la nécessité de la prise de position (page 7) ; enfin, de découvrir, dans la section culture, le film À nos futurs ancêtres (page 14).

Je vous invite à profiter du Mois de l’histoire des Noirs pour remettre en question vos biais et privilèges, et approfondir vos connaissances en la matière, tout en gardant en tête que le devoir de mémoire n’est aucunement confiné au mois de février – il n’en est que le point de départ.


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