Le 10 février dernier, au nouveau centre SANAAQ, à Montréal, s’est tenue une table ronde portant sur l’élection municipale de novembre 2025. L’événement représentait le fruit d’une collaboration entre le Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises (CRIEM), la Table de quartier Peter-McGill, Élections Montréal et la Chaire de recherche du Québec sur la démocratie, le vivre-ensemble et les valeurs communes. L’événement avait pour but de comprendre le faible taux de participation du district de Peter-McGill afin de prévoir un meilleur déroulement de la prochaine élection.
Un système électoral complexe
La ville de Montréal est divisée en 19 arrondissements, eux-mêmes composés de districts pour un total de 58 districts électoraux dans la ville. Lors des élections, chaque secteur vote pour différents postes à la mairie selon leur arrondissement : par exemple, les habitants du district de Peter-McGill votent pour le maire de la ville ainsi qu’un conseiller de ville du district. Les électeurs d’un même arrondissement, mais de districts différents auront des choix de conseiller à la ville différents, puisque les candidats ne sont pas les mêmes selon le district.
Des tendances évocatrices
Avec seulement 23,2 % des électeurs ayant voté, le taux de participation du district de Peter-McGill est le plus bas de la ville. Un sondage à la sortie des urnes (exit poll) a été mené auprès des électeurs afin d’obtenir des renseignements démographiques, mais aussi leur avis sur certains facteurs déterminants de l’élection. Les résultats du sondage présentés en primeur à la table ronde du 10 février sont étonnants : dans l’arrondissement de Ville-Marie, les hommes sont plus nombreux à se rendre aux urnes que les femmes (30,7 % contre 29,6 %). Cette tendance est inverse à celle de la ville, qui enregistre au vote un pourcentage de femmes plus élevé.
Bien que l’arrondissement ait enregistré un renouvellement de l’électorat de 30 % depuis 2021, cela n’empêche pas un recul progressif de la participation, qui passe à 30,7 % en 2025 contre 38,6 % en 2013. Cela signifie donc que, malgré un plus grand nombre d’électeurs inscrits, ces derniers ne se présentent pas nécessairement aux urnes. La table ronde tente d’établir des pistes de recherche pour comprendre ce phénomène. Les enjeux au cœur de l’élection Les sujets qui préoccupaient davantage les électeurs varient selon le groupe d’âge. Alors que les électeurs de 18 à 29 ans placent l’accès au logement en tête de liste, le groupe de 30 à 44 ans valorise plutôt le transport en commun. De façon similaire, la sécurité publique et la criminalité ne semblent pas être des sujets prioritaires pour l’électorat de 18 à 44 ans, à la différence de leurs aînés.
Le sentiment d’appartenance : un facteur important
Le sondage a aussi permis d’identifier le niveau de fierté et d’appartenance des électeurs à différents niveaux de communautés : le Canada, le Québec, Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie et leur voisinage. Les habitants du district de Peter-McGill notent une grande fierté par rapport à leur district et leur ville, mais pas pour leur arrondissement. Selon les chercheurs de la table ronde, dans un système électoral complexe basé sur le vote par arrondissement, il est possible que le faible taux de participation soit lié à cet écart d’appartenance.
Le bilan final sur les élections municipales de 2025, publié par Élections Montréal, est à paraître en juin 2026. Toutes les données portant sur les élections municipales de 2025 dans l’arrondissement Ville-Marie proviennent des experts ayant pris la parole à la table ronde du 10 février, dont les résultats
ne sont pas encore publiés.


