femmes-îles

Ligne de fuite.

Florence Lavoie | Le Délit

la traversée s’allonge
entre le mur et le lit
trop étroit

nous portons la distance
et nos traits suspendus
une tempête dévorée

(ma maison prend la forme
de ta nuque)


les rues tombent
derrière nous
il n’y a plus d’empreintes seulement

en fait
nous fuyons


aujourd’hui le ciel à avaler
j’entends la mer dans ta gorge

il y a les falaises à inventer
nos peaux à mêler au grès rouge
il y a ce mouvement dans nos ventres

(nous l’apprivoisons)


nous oublierons ce froid
amantes habillées de varech
et de la laine de nos mères

j’ai une couleur à laisser entre tes cuisses
l’alcool des femmes-îles


connais-tu la tendresse
d’une fenêtre secouée par le vent

à genoux sur l’horizon moi
j’attends tes phalanges

nous aurons un monde à enfanter

Florence Lavoie | Le Délit


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