Le futur v.-p. Interne de l’AÉUM accusé de violence sexuelle – Le Délit
Le futur v.-p. Interne de l’AÉUM accusé de violence sexuelle
Par · 7 avril 2020
Trois autres futur·e·s vice-président·e·s appellent à sa démission.
Image par Marco-Antonio Hauwert Rueda | Le Délit

 

Jeudi 2 avril, le journal mcgillois TheMcGill Daily affirmait dans un article (à consulter ici) que Declan McCool, futur vice-président interne de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), aurait été banni de tout évènement en relation avec l’Association étudiante de la Faculté d’ingénierie (AÉFI) suite à des accusations de violence sexuelle, selon une source anonyme qui aurait contacté le Daily. Malgré ces restrictions, il n’est pas encore clair si McCool pourra exercer ses fonctions de vice-président interne, fonction qu’il occupera officiellement à partir du 1er juin, même si les voix se multiplient pour appeler à sa démission.

 

Le détail des restrictions

 

Selon la source anonyme qui aurait contacté le Daily, McCool aurait été soumis à une procédure de Restriction de Participation par l’AÉFI. Cette procédure, encadrée par l’Involvement Restriction Policy (IRP, disponible ici), a été signée par l’ensemble des facultés de l’Université à l’exception de la Faculté de droit. L’IRP aurait pour mandat de « restreindre l’accès aux évènements et groupes [organisés par une Faculté en question] de personnes susceptibles de nuire physiquement, mentalement, ou émotionnellement les plaintif·ve·s, et d’autres personnes, tel que jugé nécessaire par le comité [d’investigation] ». Même si l’IRP donne aux Facultés le droit d’imposer aux étudiant·e·s de telles restrictions, le texte spécifie que le comité d’investigation n’est pas en la capacité de « juger si une personne est “innocente” ou “coupable” ». Pour cela, « le comité d’investigation ne requiert pas de preuve absolue pour prendre une décision », selon l’IRP.

 

Selon le Daily, la Restriction de Participation de McCool aurait été approuvée par l’AÉFI, ce qui bannirait McCool de tout évènement organisé par l’Association. Cependant, comme le note un·e membre anonyme de l’AÉUM contacté·e par Le Délit, « Declan est banni de virtuellement tous les évènements de l’AÉUM [et non pas seulement des évènements de l’AÉFI] puisque presque toutes les Facultés ont signé l’IRP ». Selon iel, « là où la Restriction de Participation est signée n’importe pas ; une fois approuvée elle a effet dans toute l’AÉUM. [McCool] est essentiellement en liste noire maintenant ».

 

Contacté par Le Délit, le Comité d’Équité de l’AÉFI assure ne pas pouvoir donner de commentaire ni de confirmation des évènements. «Une Restriction de Participation est supposée être un processus très confidentiel » affirme le comité. « Quiconque impliqué·e dans une investigation signe des accords de non-divulgation pour la sécurité de tou·tes plaintif·ve·s ou répondant·e·s potentiel·le·s, et ne peut pas confirmer l’existence de quelconque procédure de Restriction de Participation, ni de décisions prises ou partagées par l’IRP ».

 

Appel à la démission

 

Dans une lettre commune (disponible ici), Brooklyn Frizzle (futur v.-p. Affaires universitaires), Maheen Akter (futur v.-p. Vie étudiante) et Ayo Agunremi (futur v.-p. Externe) ont appelé à la démission de Declan McCool, s’alignant dans leurs mots avec la source anonyme du Daily. « Nous exprimons notre condamnation explicite et absolue des actions du futur vice-président. Nous censurons ce comportement dans les termes les plus forts » écrivent-iels. 

 

« En termes très simples, ce qui est en jeu ici, c’est l’affirmation de l’expérience vécue d’une survivante de la violence sexuelle. Cela est crucial au niveau institutionnel. L’AÉUM existe pour servir les étudiant·e·s, ce qui est impossible si l’on laisse se poursuivre son histoire d’auteurs de violences sexuelles occupant des postes de pouvoir. En outre, cette situation a révélé l’inadéquation de la politique de l’AÉUM en matière de violence sexuelle et de genre pour traiter les cas de violence sexuelle commise par les nouveaux cadres » ajoutent-iels.

 

Le Délit a tenté de contacter Declan McCool pour vérifier la véracité de ces accusations, mais n’a pas encore reçu de réponse. Les dernières nouvelles seront publiées dès que possible.

 

 
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