Enraciné·e·s : un travail collectif - Le Délit
Enraciné·e·s : un travail collectif
Par · 18 février 2020
Le Mois de l’histoire des Noir·e·s s’invite à McGill.
Image par Katarina Mladenovicova | Le Délit

Le mois de l’histoire des Noir·e·s (MHN) se déroule chaque année en février, aux États-Unis, au Canada et, depuis tout récemment (2020), sur le continent africain. Il a été célébré pour la toute première fois à la Kent State University, en 1970 et reconnu officiellement par le gouvernement américain en 1976. Au Canada, ce n’est que depuis décembre 1995 — lorsque la députée Jean Augustine (première femme noire à être élue à la Chambre des communes en 1993, la première femme noire à faire partie du Cabinet en 2002 et la première commissaire à l’équité nommée par le gouvernement d’Ontario en 2007) fait voter une mention sur la reconnaissance de la contribution des Canadien·ne·s noir·e·s dans la fondation, la croissance et l’évolution du Canada — que le mois est considéré comme une célébration officielle. Pour cette occasion sont organisées, dans les milieux communautaires, académiques et professionnels, diverses conférences, festivités et prestations artistiques de toutes sortes visant à faire reconnaître l’histoire des Noir·e·s. L’événement permet également de mettre en lumière les réussites, mais aussi les difficultés des communautés afrodescendantes, et de faire le point sur les différentes luttes menées par ces communautés au fil des années.

Institutionnalisé en 2017 suite à une motion passée par le Sénat de l’Université McGill, le Mois de l’Histoire des Noir·e·s à McGill est maintenant organisé en majeure partie par Shanice Yarde. De nombreux autres acteurs y sont cependant impliqués, notamment le Black Students’ Network (BSN). Ce dernier organisait entre autres « Black Talk », un marathon radiophonique de 12h sur les ondes de CKUT célébrant les accomplissements d’étudiant·e·s et professeur·e·s noir·e·s à McGill, le 1er février, ainsi que « Black Hair Day », le 7 février, une foire des cheveux afro pendant laquelle des services de tressage et de barbier étaient offerts gratuitement aux différent·e·s étudiant·e·s.

Pour la première fois cette année, la McGill African Students’ Society (MASS) se joint à l’équipe d’organisation, laquelle comprend également le bureau du doyen et du vice-doyen (académique) et le Black Students’ Network.

Autre nouveauté pour le MHN, la cérémonie d’ouverture était organisée en partenariat avec une faculté (la Faculté de droit). « Ce fut un véritable succès et nous sommes très reconnaissants envers la Faculté de droit et le doyen Robert Leckey qui ont rendu cela possible », a déclaré Mme Yarde, en entrevue avec le McGill Reporter. « Nous espérons nous associer à une faculté ou un département différent chaque année, car c’est une excellente occasion de faire participer la communauté locale et, plus largement, l’ensemble de l’université », concluait-elle.

Cette quatrième édition du MHN à McGill a pour thème « Enraciné·e·s », thématique qui se veut faire appel à la fois au passé, au présent et au futur des communautés noires à McGill et à Tiohtià:ke (Montréal). Un thème similaire, « Nos mille et une racines  », avait été adopté par la Table de concertation du Mois de l’Histoire des Noir·e·s de Québec (MHNQ) en 2019 — preuve que la notion de « racines » est intrinsèquement liée à cet événement international qu’est le Mois de l’Histoire des Noir·e·s. C’est du moins la position que défend Mme Yarde pour expliquer le choix de la thématique « Enraciné.e.s » : « Il y a l’élément d’explorer ses racines, mais aussi de planter des racines et d’envisager ce qui est à venir. Je pense que c’est particulièrement important pour les Noir·e·s qui, à bien des égards, sont à la recherche de racines sous différentes formes. Il y a ce processus qui consiste à être enraciné·e et à se sentir enraciné·e ou connecté·e dans un lieu ou un espace. […] L’un des aspects importants du MHN est qu’il permet aux gens d’être connectés et de se sentir enracinés dans cette communauté universitaire », explique-t-elle.

Pour ce faire, le MHN propose une programmation diversifiée, cherchant à rassembler la communauté mcgilloise. On y trouve des activités pour tout le monde, dont un spectacle d’Afro Drag (« le seul spectacle de dragster entièrement noir de Montréal »), un repas communautaire organisé par BSN (Soul Food Friday) le 21 février, une Journée de la communauté et de la famille le 23 février, un hommage à l’autrice Toni Morrison le 24 février, et une conférence sur le racisme et le droit, le 26 février.

La programmation entière est disponible sur le site de l’Université McGill dans la catégorie Equity.

 
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