Politique étudiante : s’en fiche-t-on? – Le Délit
Politique étudiante : s’en fiche-t-on?
Par · 6 novembre 2018
La salle accueillant l’assemblée générale a semblé exceptionnellement vide.
Image par Luce Engérant

Un nouveau semestre d’automne, une nouvelle assemblée générale. Elle s’est cette fois-ci déroulée dans la salle de bal du bâtiment de la Nouvelle Résidence, le 29 octobre. Les assemblées générales ont généralement lieu une fois par semestre, et sont organisées dans le but de donner la parole à tous les membres du l’AÉUM (Association étudiante de l’Université McGill, SSMU en anglais), soit tous les étudiants de l’université, afin que ceux-ci puissent se faire entendre sur les sujets qu’ils souhaitent aborder. Ainsi, tous y sont les bienvenus, et ont la possibilité d’y soumettre des motions à l’avance ; les motions, avec assez de signataires, peuvent ensuite être discutées au sein de l’assemblée.

Un désintérêt clair

Il y a à McGill près de 27000 étudiants de premier cycle, soit 27000 membres de l’AÉUM. Tous étaient invités à participer à l’assemblée générale ; lundi soir, on y comptait 49 étudiants, excluant la presse étudiante, qui constituait probablement un tiers du public vers la fin de l’assemblée. Atteindre le quorum aurait nécessité la présence de 350 personnes ; ainsi, l’assmemblée n’a servi que de forum consultatif.

Le nombre de motions à défendre a aussi été particulièrement bas ; deux motions seulement. L’une concernait la nomination des membres du Conseil des directeurs de l’AÉUM, chargé de l’administration des affaires de l’association étudiante, et a été soumise par le Président de l’AÉUM Tre Mansdoerfer lui-même, et l’autre, le renouvellement de la nomination du réviseur-comptable de l’AÉUM. Les deux motions ont été approuvées sans aucun débat.

Prises de parole

C’est finalement la période de questions, ainsi que les comptes-rendus des membres exécutifs de l’AÉUM qui ont occupé la plus grande partie de l’assemblée. Un étudiant a exprimé son désir d’observer plus de transparence dans les finances de l’association, en particulier face au transfert de tous les comptes bancaires des clubs étudiants ; effectivement, Jun Wang, le vice-président aux finances, a pris la décision de faire passer tous les comptes à la Banque Royale Canadienne, comportant selon lui beaucoup plus d’avantages.

La question qui semble avoir fâché le plus était celle touchant l’incident survenu à l’occasion de la fête d’Halloween organisé par l’AÉUM. Les bus étant chargés des déplacements des étudiants du campus MacDonald ont refusé de les raccompagner chez eux, certains élèves ayant consommé de l’alcool et d’autres substances illicites au trajet de l’aller. L’association a donc payé près de 10 000$ de trajets Uber pour permettre à chacun de rentrer chez soi. C’était le gros débat : que va faire l’AÉUM? Devra-t-on couper dans d’autres parts du budget? Matthew McLaughlin a assuré que le budget était prévu pour ce genre d’imprévu et qu’aucune conséquence grave n’était à prévoir. Le Président mentionne aussi l’achat d’un tout nouveau bâtiment à l’entière disposition de l’AÉUM ; un sondage sera prochainement effectué pour décider de son usage futur. Cela semble être une occasion intéressante pour donner son avis ; le bâtiment pourrait servir d’endroit pour étudier ou pour manger comme il pourrait servir de bureaux pour de nouveaux services d’assistance psychologique. Ce sera aux étudiants de décider.

Autres points abordés : la vice-présidente à la vie étudiante discute de santé mentale, le vice-président aux affaires universitaires de fall reading week. La phrase concluante, par Tre Mansdoerfer lui-même : « Je pense qu’on ne se débrouille pas trop mal ». À l’hiver prochain, pour une nouvelle assemblée.

 
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