Cinq choses à retenir du rapport du groupe de travail de la principale – Le Délit
Cinq choses à retenir du rapport du groupe de travail de la principale
Par · 2 juillet 2018
Le Groupe de travail de la principale sur le respect et l'inclusion dans la vie de campus a présenté son rapport final en mai dernier.
Image par Alexis Fiocco

Créé en octobre dernier avec pour mandat de faire des recommandations concrètes afin de favoriser «la liberté d’expression, le respect et l’ouverture […] dans l’ensemble des activités [universitaires]», le Groupe de travail de la principale sur le respect et l’inclusion dans la vie de campus a remis son rapport (en anglais uniquement, ndlr) il y a quelques semaines. En voici le résumé en cinq points:

Le groupe ne se prononce pas sur le vote de l’Assemblée Générale

Bien que sa création ait été annoncée suite aux accusations d’antisémitisme entourant l’élection du Comité d’administration de l’Association étudiante de l’Université McGiIl (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) en octobre dernier, le groupe de travail, dans son rapport, ne mentionne l’événement que très brièvement.

Une enquête indépendante avait en effet été menée par le professeur Spencer Boudreau. Cette dernière concluait que le vote n’avait pas été motivé par l’antisémitisme, mais que l’antisionisme avait influencé les résultats de l’élection.

Toutefois, le groupe de travail mentionne «une polarisation significative» des membres de la communauté mcgilloise «par rapport au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), l’antisémitisme, l’islamophobie et l’expérience des étudiant·e·s Palestiniens·ennes» sur le campus.

La communauté mcgilloise en a assez des «groupes de travail».

Malgré un processus de consultation ambitieux (tribune libre, enquête en ligne envoyée à l’ensemble des étudiant·e·s et des employé·e·s, audiences ouvertes au public…) le taux de participation à ce groupe de travail est resté plutôt faible. Seuls 1 202 des 39 261 étudiant·e·s  (soit 3.1%) ont répondu au sondage en ligne contre 8.6% des enseignant·e·s et 13.7% des membres du personnel administratif, portant ainsi le taux de réponse global à 4.5%.

De plus, le rapport mentionne que l’action du groupe de travail «a été reçue avec scepticisme ou même cynisme [par les membres de la communauté sur le campus] dûs au doute que la création de groupes de travail ou de commissions ne soit qu’un moyen d’avoir l’air de “faire quelque chose”» sans que cela ne se traduise par des mesures concrètes.

Le Rez project est épinglé

Le rapport critique fortement le Rez Project, un atelier obligatoire qui vise à éduquer les étudiant·e·s en première année habitant dans les résidences universitaires mcgilloises sur des thèmes tels que le consentement, les différences culturelles et l’anti-oppression, entre autres.

Le groupe de travail explique avoir quelques «préoccupations» quant au programme «notamment [concernant] l’atelier portant sur l’anti-oppression, l’ethnicité et le colonialisme». Le groupe note, par exemple, que «bien que l’éducation pair à pair soit particulièrement efficace dans certaines situations, il s’agit de domaines qui requièrent que la facilitation soit faite par des experts».

Plus loin, le rapport déclare que «la plupart des répondants du sondage qui ont mentionné le programme ont indiqué que ce dernier imposait une vision du monde très spécifique, et que les animateurs·trices de groupes rejetaient les opinions contradictoires [en les qualifiant] d’ignorantes.», rendant ainsi ceux qui les avaient émises «mal à l’aise, exclus et […] rancuniers».

Ainsi le groupe de travail recommande que le «format et le contenu» des ateliers du Rez Project soient «révisés» en mettant l’accent sur l’apprentissage par l’expérience et sur «l’amélioration de la capacité des étudiant·e·s à satisfaire des attentes raisonnables de respect lorsqu’ils et elles vivent ensemble».

Confiance, gouvernance et communication sélective

Le groupe de travail fait le constat que l’ensemble des membres de la communauté universitaire (étudiant·e·s, enseignant·e·s et membres du personnels) déclarent que la haute direction est «physiquement isolée et est déconnectée des besoins de l’université» sur une multitude de sujets (violence sexuelle, relations intimes entre les étudiants et les membres du corps professoral, semaine de relâche en automne…) et que cette perception contribue à une perte de confiance. Le rapport note que «certains administrateurs» semblent eux-mêmes ne plus avoir confiance envers les leaders étudiants les trouvant «excessivement récalcitrants et peu enclins à trouver des compromis».

Du côté de la communication, le rapport note la perception répandue que l’Université communique de manière «réactive, sélective, opaque» et souvent suite à des «pressions externes» (donateurs, anciens élèves…). Finalement le rapport fait mention du fait que les membres du campus de Macdonald se «sentent [souvent] exclus de nombreuses discussions qui ont lieu sur le campus du centre-ville».

Les recommandations du groupe de travail incluent la création du poste de «porte-parole de l’Université» et ce afin de donner à la communication avec la haute direction un «ton plus humain», de même que la mise à jour du site internet de McGill afin de favoriser «la distribution et l’accès à l’information».

Pas d’inclusion sans espaces dédiés

Finalement le rapport met l’accent sur le besoin de créer plus d’espaces accessibles et inclusifs sur le campus qui soient dédiés à la détente et à l’échange ainsi que plus de lieux spécialisés pour mieux répondre aux besoins des étudiant·e·s (lieux de prière pour la communauté musulmane, toilettes unisexes…). En effet, bien que les «étudiant·e·s apprécient les bibliothèques et les cafétérias […], [ces espaces] ne favorisent pas des rencontres significatives» entre les membres de la communauté mcgilloise.

Le groupe met aussi l’accent sur le besoin urgent de «prioriser les projets de rénovation du campus qui augmentent l’accessibilité» et de travailler, conjointement avec le Bureau de soutien aux étudiant·e·s en situation de handicap à rendre le campus plus accessible pour les personnes souffrant d’un handicap.

 
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