Entre inaction et révolution: discutons !
17 octobre 2017 - Image par Béatrice Malleret
Une rencontre pour renouer le dialogue entre les groupes minoritaires de l’Université.

Ce vendredi 6 octobre, au bâtiment de l’Association des Étudiants en premier cycle de l’Université McGill (AÉUM), se tenait un évènement visant à promouvoir l’équité et la rencontre entre les différentes communautés minoritaires au sein de notre Université. Ainsi, de 17h à 19h, n’importe qui se sentant concerné était invité à s’y rendre afin de profiter de ce moment pour discuter et élargir son horizon. L’AÉUM et l’Association Étudiante des Cycles Supérieurs de l’Université McGill (AÉCSUM) organisaient toutes deux cet événement.

Confiance et convivialité

Cette rencontre visait particulièrement à attirer les membres des communautés autochtones, des groupes ethniques sous-représentés, des LGBTQ+, ainsi que des étudiants en situation de handicap. Débutant à 17h, la salle se remplit lentement mais finit par être comble lorsque l’évènement prit fin. Une grande majorité d’étudiants en maitrise et en doctorat semblaient avoir répondu à l’appel, et tous les groupes furent représentés dans une ambiance conviviale. D’ailleurs, lors d’un discours improvisé, l’un des membres du comité sur l’équité de l’AÉCSUM n’hésita pas, au détour d’une plaisanterie, à accuser McGill d’être responsable d’une isolation sociale, qui semble peser sur une grande partie des participants, à en juger par les nombreux rires qui fusèrent dans l’assemblée. Un grand nombre de personnes ne faisant partie d’aucune communauté disent avoir ressenti le besoin d’agir après avoir considéré les évènements politiques de l’autre côté de la frontière, qualifiant cette expérience de «juste milieu», entre l’inaction et la révolte. D’autres espèrent pouvoir apprendre de cette expérience et répandre une certaine «éducation» à McGill.

Racisme et discrimination?

Lors des discussions, de nombreux sujets amènent à nuancer ce que l’on pense savoir. Ainsi, une étudiante d’origine asiatique accomplissant une maitrise remet en question la supposée, mais ô combien célèbre, ouverture d’esprit canadienne. Sa réflexion la mène à affirmer que des formes de racisme et de discriminations sont bien présentes au Canada, mais beaucoup plus insidieuses et subtiles qu’ailleurs. Elle affirme en avoir subi les frais à plusieurs reprises. Maintes fois, le Canada fut critiqué pour avoir favorisé les non-dits qui créeraient, selon une autre étudiante, une image erronée des habitants, beaucoup moins accueillants que ce que l’on a souvent tendance à croire. D’autres sujets sont abordés au cours des deux heures. La situation des populations autochtones semble préoccuper un bon nombre des participants, qui insistent sur les inégalités auxquelles ils doivent faire face.

De plus, une incompréhension persiste sur le sort qui leur est réservé alors que leur présence sur le continent est bien antérieure à celle de nombreux autres habitants, pourtant mieux traités. Enfin, l’évènement n’aura pas laissé les personnes en situation de handicap lésées. Des sujets aussi concrets que la nécessité de l’aménagement au sein du campus, de meilleures infrastructures facilitant l’accès aux bâtiments, en particulier en hiver, reviennent à plusieurs reprises dans la discussion. De même, la considération que beaucoup d’handicaps sont moins physiques que mentaux semblait tenir à cœur à certains représentants de cette communauté.

À la vue des sujets abordés, de l’ensemble des communautés représentées et du nombre de participants, cet évènement peut être considéré comme ayant été un succès. Les organisateurs ne cachent pas, d’ailleurs, leur espoir de voir cette rencontre se transformer en retrouvailles annuelles.

 
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