Y a-t-il un avenir pour la jeunesse?
21 février 2017 - Image par Mahaut Engérant
Retour sur l’intervention de Kevin O’Leary, candidat à la chefferie du Parti conservateur.

Comme pour souligner la tension du contexte actuel, c’est en rappelant la portée pacifique de l’événement que le représentant de l’association des Conservateurs de McGill a commencé la conférence où intervint Kevin O’Leary, candidat à la chefferie du Parti Conservateur Canadien. Il est important de signaler qu’aucun débordement n’a eu lieu au cours de cet évènement, les opposants sont restés très discrets. C’est donc en paix que Kevin O’Leary a commencé son discours, en s’adressant aux Québécois en français, avant d’aborder le thème principal: poursuivre ses idéaux.

«Les gens veulent réussir a-t-il martelé.»

Du capitalisme ou du libéralisme?

Dans son discours, le sujet de la dette est omniprésent: chaque Canadien est enfoncé dedans, et même les enfants qui ne sont pas encore nés devront plusieurs milliers de dollars au gouvernement au moment où ils prendront leur premier souffle. Qui blâmer pour cela? Le gouvernement libéral de Justin Trudeau, qui est à la tête du gouvernement fédéral depuis un peu plus d’un an. Pour O’Leary, il faut donc tourner cette (courte) page de l’histoire, afin de faire croître l’économie. Mais c’est là que ses propos deviennent contradictoires. La volonté d’O’Leary est de revenir à un contexte économique permettant un marché de compétition foisonnant, similaire à celui dans lequel il a fait fortune. Cependant, il souhaite aussi faire avancer le Parti en le renouvelant, c’est-à-dire en le menant vers des politiques plus libérales (notamment sur les questions sociales). Est-ce que ces deux perspectives peuvent cohabiter? Or, il ne faut pas oublier qu’il s’adresse ici à des étudiants pour tenter de gagner leurs votes: est-ce là une stratégie «marketing» ou une véritable promesse de changement?

Vers la réalisation des rêves

Kevin O’Leary a beaucoup penché son discours du côté individualiste: «Les gens veulent réussir a-t-il martelé.»  Il en a profité pour glisser quelques conseils pour réussir dans le monde du leadership et de l’entreprenariat, une partie du public étant concernée par ce domaine. Cependant, suite à ce discours plein d’espoir, arrive un dur rappel à la réalité: dans la salle, 25% des gens seront entrepreneurs, et 75% travailleront pour eux. Est-il là notre rêve canadien? Est-ce pour cela que les jeunes doivent rester au Canada? Apparemment, entrer dans une ère plus compétitive permettrait de donner à chacun sa chance, c’est «what will make [this dream] great again» («ce qui rendra ce rêve meilleur»), une référence à peine voilée au slogan de Donald Trump: «Make America great again» («Rendons à l’Amérique sa grandeur»).

Et les rapports gouvernementaux?

Rappelons que O’Leary s’en prend à tous ses opposants, avec la ferme intention de s’imposer dans le monde politique canadien. Lors de son discours, il a clairement évoqué ses actions contre Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario, et notamment sur les questions de taxation dans la province. Il a également promis de rediriger tous les soutiens à Justin Trudeau vers sa propre personne. Si la compétition doit régner au Canada sous O’Leary, il semblerait que cela soit à tous les niveaux.

Le Donald Trump Canadien?

O’Leary a, à quelques reprises, fait des allusions au nouveau président américain lors de cette conférence. Il est vrai que les deux hommes ont des points communs, que cela soit du côté des affaires ou des médias, mais Kevin O’Leary semble plus tempéré que son homologue américain, notamment pour ce qui est de l’immigration. Ayant un passé d’immigrant, il serait difficile pour sa campagne de mener un programme anti-immigration avec crédibilité.

Les étudiants ayant pris part à cette rencontre sont ressortis plutôt satisfaits, O’Leary ayant éclairé plusieurs aspects de sa campagne. Cela sera-t-il suffisant pour le faire accéder au contrôle du Parti Conservateur?

 
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