Toi et moi, ça connecte plus
14 février 2017 - Image par Mahaut Engérant
Comment les ruptures amoureuses sont-elles vécues à l’ère des réseaux sociaux?

Ah la Saint Valentin… cette journée qui célèbre les amoureux, où abondent chocolats, bouquets de fleurs, et autres petites attentions. Malheureusement, pour d’autres, cette journée est moins rose. Elle risque de remuer des souvenirs douloureux d’anciennes histoires amoureuses, qui brûlent toujours à vif. Ils pourront essayer de se réfugier en faisant la fête, boire un verre avec leurs amis, ou tout simplement passer une soirée à la maison à regarder une série. Mais là, tout à coup, on ouvre Facebook ou Instagram, et c’est la déferlante d’images de la soirée de vos amis en couple. Surtout, vous tombez sur une photo, et découvrez que votre ex a un·e nouveau·elle partenaire. Ouch.

Les réseaux sociaux sont omniprésents, surtout chez les générations plus jeunes. On y est confronté à tout moment, avec une simple notification, lorsque l’on est sur notre téléphone ou notre ordinateur. Mais après une rupture, cela peut devenir un cauchemar, un relent perpétuel de sentiments qui n’est peut-être pas quelque chose de nécessaire à subir en plus de la séparation. Aussi, les réseaux sociaux peuvent devenir un moyen d’exhiber ses sentiments publiquement, afin de blesser l’autre — directement ou indirectement. 

Le deuil

Le processus de deuil d’une rupture est un passage inévitable. Il peut, néanmoins, être compromis à cause des réseaux sociaux. On peut voir en effet, même sans forcément le vouloir, tous les faits et gestes de son ancien·ne partenaire. Cela a tendance à remuer en permanence d’anciens souvenirs, ou donner envie d’interagir avec l’autre peut-être trop tôt après la rupture, alors que l’on n’a pas encore eu le temps de faire son deuil, ou même simplement d’encaisser le choc. Voir sans cesse ses photos, tags, tweets, etc. peut empêcher la cicatrisation de plaies encore ouvertes.

Des chercheurs de l’Université d’Ohio ont réalisé une étude montrant que les médias sociaux ont tendance à ralentir le deuil d’une relation. Elle montre que les personnes ayant vécu une rupture ont tendance à aller «espionner» leur ex-partenaire sur les différents réseaux. Avec qui est-il/elle? Où? Quand? Tellement de questions que l’on peut se poser, mais notre imagination a tendance à prendre le dessus, ce qui n’est pas le plus recommandé afin de passer à autre chose. Cet espionnage peut devenir presque obsessionnel, d’après ce qu’a démontré cette étude, nous amenant à consulter son profil plusieurs fois par jour et pendant une longue période: un comportement toxique qui n’aide pas dans le deuil.

Les médias sociaux peuvent aussi être à l’origine d’une double-rupture. À celle de la vie réelle étant déjà très douloureuse, vient s’ajouter une autre: supprimer son ex-partenaire des réseaux sociaux. Pour certain·e·s, cela ne veut peut-être pas dire grand chose, mais pour d’autres, cela représente un geste radical, qui peut être un aussi gros choc que la première rupture. Pour le meilleur ou pour le pire? Cela dépend des personnes, et aussi, bien évidemment, de la nature de la séparation.

Always look on the bright side of life

Néanmoins, ce phénomène n’est pas entièrement malsain et peut même faciliter la gestion d’une rupture amoureuse. Certes, tomber sur un «j’aime» de notre ex sur une selfie d’un·e potentiel·le partenaire ou un tweet visé nous portant atteinte va certainement susciter de petits électrochocs. Cela peut cependant nous aider à réaliser plus rapidement que c’est fini, que l’autre n’était finalement peut-être pas «le bon», et donc nous aider à nous détacher sentimentalement. Après tout, la vie continue, n’est-ce pas? Ça ferait un bon tweet

 
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