Les «voies ensoleillées» à l’ONU
16 février 2016
Les Libéraux rétablissent le Canada dans la communauté internationale.

La semaine dernière, le Secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-moon, était de passage au Canada. Avant de se rendre à Montréal, M. Ban s’est entretenu avec Justin Trudeau à Ottawa. Lors de sa visite dans la métropole québécoise, il a livré un discours devant des étudiants à McGill, a salué les employés de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI, seule agence spécialisée des Nations Unies ayant son siège social au Canada, ndlr), et a rencontré Denis Coderre et Philippe Couillard. Le diplomate en chef des Nations Unies a déclaré être «de retour [au Canada] parce que le Canada est de retour». En terme de politique dans la communauté internationale, Trudeau s’est placé sous le signe de son prédécesseur Sir Wilfrid Laurier, qui avait le premier parlé de «voies ensoleillées» pour désigner une politique positive et porteuse de grands changements. Même si M. Ban s’est dit impressionné par l’attitude canadienne, surtout sur la question des réfugiés; il semblerait que le Canada a tout de même encore du travail à faire avant de restaurer sa réputation internationale.

En quête de reconnaissance

Malgré une claire démarcation avec le gouvernement précédent, le Canada a encore beaucoup de travail à faire avant de redorer suffisamment son blason et reprendre sa réputation de pays diplomate. En 2010, le Canada a subi une lourde défaite lorsqu’il a été éclipsé par l’Allemagne et le Portugal dans sa tentative d’obtenir un siège non-permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies. À l’époque, l’attitude négligente du gouvernement Harper en matière de relations internationales avait nui au Canada dans sa tentative. Suite à sa rencontre avec M. Ban, Justin Trudeau a confirmé que le Canada prendrait les démarches nécessaires pour obtenir un siège dès qu’une occasion se présenterait.  La tâche ne sera pas facile: un siège au Conseil de sécurité est un honneur très convoité et le Canada n’est pas le seul pays à vouloir une place plus importante au sein de la communauté internationale.

Engagements humanitaires

Outre la question du Conseil de sécurité, il y a aussi celle de la contribution monétaire au développement. En 1970, l’Assemblée générale avait adopté une cible pour les pays plus développés: contribuer 0,7% de leur produit national brut (PNB) à l’aide humanitaire. Malgré son engagement il y a 46 ans, le Canada n’a toujours pas atteint la cible. Lors de son passage, M. Ban a exprimé son désir de voir le Canada atteindre cet objectif, affirmant que le pays a les ressources et la capacité de le faire. Il a dit à M. Trudeau qu’il comptait sur son leadership. Lorsque qu’on l’a questionnée sur la possibilité d’atteindre cet objectif, la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau a déclaré que présentement, le Canada contribuait 0,24% de son PNB, et que même si une augmentation était prévue, le 0,7% ne serait pas atteint. M. Trudeau a dit vouloir augmenter l’aide humanitaire du Canada aux missions de paix de L’ONU, en plus de promettre 1,1 milliard de dollars pour la Syrie et l’Irak. Cependant, le premier ministre n’a pas précisé de pourcentage.  Seuls cinq pays ont constamment réussi à atteindre la cible: la Suède, la Norvège, le Luxembourg, le Danemark et les Pays-Bas. De plus, des pays du G7, dont fait partie le Canada, seul le Royaume-Uni s’est engagé à l’atteinte de cette cible, et ce seulement en 2014. Donc, le simple fait d’augmenter le pourcentage est une belle avancée du Canada, et ne pas atteindre l’objectif de 0,7% ne fait pas du Canada un mouton noir pour autant.

La volonté du gouvernment Trudeau de renouer avec la communauté internationale ne laisse aucun doute. Le passage du Secrétaire général onusien a somme toute été positif, et il semblerait que, considérant les nombreuses fleurs lancées au gouvernement, le Canada soit sur la bonne voie. Certes, les défis sont nombreux, mais alors que le monde est secoué par des crises en Crimée et au Moyen-Orient, pour ne nommer que celles-là, et que les tensions avec certains pays (comme la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord) sont élevées, le Canada montre son leadership et réclame sa place. 

 
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