Pachyderme cinéphile
1 décembre 2015
Du 19 au 22 novembre, le film francophone était en fête avec Éléphant Classiq.

Quatre jours de cinéma, trois salles de projection, deux expositions, mais surtout dix-neuf longs-métrages francophones remasterisés pour le grand écran.

C’est ce que le festival Éléphant Classiq avait à proposer, ayant pour mission de diffuser les films francophones qui ont joué un rôle important dans l’histoire du cinéma. Les trois salles de projection situées au cœur de la ville – l’Impérial, la Cinémathèque Québécoise et à la salle Pierre-Bourgault du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM – ont pu vibrer sous les répliques de Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin et Anna Karina. La première édition du festival Élephant Classiq offrait une gamme d’activités variées pour les cinéphiles de la métropole.

Restauration et diffusion cinématographique

La compagnie de conservation de contenu cinématographique Éléphant a pris en charge le financement de cet événement. Sa mission: restaurer et diffuser les films québécois qui ont forgé l’Histoire et la culture des Canadiens français. Institué en 2008 par Pierre-Karl Péladeau, ancien PDG de Québecor Media, maintenant chef de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale, le catalogue Éléphant disponible en ligne et sur le petit écran compte désormais plus de 800 films.Pour la soirée d’ouverture de la première édition d’Éléphant Classiq, le festival présentait au Théâtre L’Impérial en première mondiale la version complètement restaurée de «La Folie des Grandeurs», film français culte de Gérard Oury mettant en vedette Louis de Funès et Yves Montand, deux icônes du cinéma français. Des invités de marque étaient présents lors de la projection: Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, Danièle Thompson, fille de Gérard Oury et co-scénariste du film et, enfin, Nicolas Seydoux, propriétaire de Gaumont – la plus ancienne compagnie de production cinématographique, qui fête cette année ses 120 ans d’existence!

Le festival Éléphant Classiq a su faire revivre une série d’œuvres francophones tantôt fortes, touchantes, drôles, captivantes et toutes belles.

De belles découvertes

Parmi les dix-neuf longs-métrages projetés, certains sortaient du lot et l’envie saugrenue de découvrir l’un de ces bijoux audio-visuels vous saisira sans doute.

La Folie des Grandeurs, de 1971, raconte avec beaucoup d’humour l’histoire d’un avare ministre à la cour d’Espagne à la fin du Moyen-Âge, qui se voit déchu de ses fonctions et essaie à tout prix de se venger du roi à l’aide de son ancien valet. Ce dernier ira jusqu’à usurper l’identité d’un noble revenu d’Amérique, afin d’infiltrer le palais royal. Un film qui fera rire grands et petits avec une trame sonore digne de mention, composée par Michel Polnareff.

Entre la Mer et l’Eau Douce, présenté le samedi soir, est une perle rare du cinéma québécois. Michel Brault, réalisateur de la nouvelle vague propose un film authentique à l’interprétation déconcertante par son naturel qui vous entraînera dans l’univers du Montréal enneigé de 1965 avec ses cabarets, ses «diner halls» à l’américaine et les rêves que poursuivent les personnages interprétés par Geneviève Bujold et Claude Gauthier. Le film en noir et blanc fera penser à l’œuvre de Jean-Luc Godard, À Bout de Souffle, par son style et la personnalité de ses protagonistes.

Le Roi et l’Oiseau, projeté dimanche matin, un des deux films d’animation proposé par Éléphant Classiq, est une véritable incursion dans l’imaginaire du grand poète qu’est Jacques Prévert, qui s’inspire des contes du fameux Hans Christian Andersen. Réalisé par Paul Grimault en 1980, ce long-métrage est d’une beauté particulière. Le Roi et l’Oiseau tricote l’histoire rocambolesque d’un roi mégalomane entremêlant divers personnages issus des contes d’Andersen, qui ont bercé l’enfance de beaucoup de personnes à travers le monde. L’œuvre est fine, délicate, empreinte d’un message critique, et elle fait vivre aux spectateurs une aventure poétique unique.

Ne sont pas mentionnés ci-dessus L’homme de Rio avec Jean-Paul Belmondo, ou encore Marius (version de 1931) d’après les écrits de Marcel Pagnol, qui clôturait le festival; il y avait aussi le drame policier Deux Hommes dans la ville mettant en vedette Jean Gabin et Alain Delon, et j’en passe.

Le festival Éléphant Classiq a su faire revivre une série d’œuvres francophones tantôt fortes, touchantes, drôles, captivantes et toutes belles. Pour une première édition, l’organisation d’Éléphant Classiq place la barre assez haute pour l’année prochaine!

 
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