Divest contre les gouverneurs
3 février 2015 - Image par Sam Quigley
L’association soumet une nouvelle pétition pour convaincre l’administration.

Malgré le froid et la poudrerie, les partisans de Divest McGill se sont réunis le lundi 2 février pour célébrer le 2e anniversaire de leur première soumission au Committee to Advise on Matters of Social Responsability (CAMSR) [Comité de conseil en matière de responsabilité sociale, ndlr], et du même fait, soumettre un nouveau résumé de recherche. En début d’après-midi, une dizaine d’étudiants membres de Divest McGill accompagnés de Gregory Mikkelson, professeur à l’École d’environnement de McGill, ont présenté un résumé de recherche et une pétition contre les investissements dans l’industrie fossile au président ainsi qu’au secrétaire général du Conseil des gouverneurs, l’organe directeur de l’Université, et sous l’autorité duquel se trouve CAMSR. Par la suite, au début de la réunion du Conseil des gouverneurs, environ 30 sympathisants de l’association se sont réunis à l’extérieur du bâtiment de l’administration pour célébrer autour d’un gâteau. L’objectif de l’opération était de convaincre le Conseil des gouverneurs que l’industrie fossile est la cause de multiples préjudices sociaux et qu’à la lumière de cette information, McGill devrait se désinvestir de cette industrie. Pour Ella Belfer, étudiante en économie et environnement et membre de Divest, interagir directement avec le Conseil des gouverneurs est essentiel. Selon elle, le Conseil est isolé du corps étudiant et il est important de montrer que les étudiants ont aussi leur mot à dire sur les investissements de McGill et qu’ils s’opposent aux présentes actions de McGill.

Le document déposé par Divest McGill il y a deux ans avait poussé le CAMSR à réviser sa définition du préjudice social pour y inclure les impacts négatifs graves sur l’environnement. Cependant, les membres de Divest McGill ont l’impression que le CAMSR n’a pas réellement justifié pourquoi il ne reconnaissait pas les arguments présentés par l’organisation. David Summerhays, membre du comité, affirme que cette fois-ci, Divest McGill souhaite obtenir une réponse plus détaillée de la part du CAMSR en matière de responsabilité sociale: «On veut que le CAMSR exprime clairement sa position et que les membres justifient point par point pourquoi ils réfutent nos arguments.» Selon Kristen Perry, une autre membre de Divest McGill présente lors de la remise du résumé, les représentants du Conseil des gouverneurs ont fait preuve d’ouverture face aux démarches de Divest McGill lors de la rencontre du 2 février mais sont restés plutôt évasifs quant à leurs intentions pour la suite des événements. «Les changements effectués par le CAMSR obligent les conseillers à revoir comment ils vont traiter notre démarche. Ils ne peuvent plus simplement dire que les dommages environnementaux ne sont pas des préjudices sociaux», affirme-t-elle. Le résumé de recherche présenté contient plus de 150 pages. Une équipe d’environ une dizaine de personnes mandatées par Divest McGill a travaillé sur le résumé depuis septembre 2014. Les membres du comité de recherche viennent de domaines variés allant des sciences environnementales à l’histoire en passant par l’informatique et la médecine.

Divest Mcgill ne compte pas s’arrêter là dans sa campagne. Le 13 février sera l’occasion de célébrer la journée mondiale du désinvestissement. Par ailleurs, l’organisation reçoit l’appui d’un groupe de professeurs sur le campus qui publieront sous peu leur propre document de support à la campagne de désinvestissement. L’association collabore aussi avec d’autres groupes environnementaux et de justice sociale afin de militer entre autres contre le projet d’oléoduc Énergie Est proposé par TransCanada.

 
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