Entrevue: Manon Massé
20 mars 2014 - Image par Camille Gris Roy
Élections provinciales 2014: Entrevue avec la candidate Manon Massé (QS)

Cet entretien fait partie d’une série d’entrevues que Le Délit va réaliser avec différents candidats aux élections provinciales du printemps 2014.

(L’entrevue intégrale se trouve au bas de l’article)

Manon Massé est candidate pour Québec Solidaire (QS) dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques (la circonscription dans laquelle se situe l’Université McGill, ndlr). C’est sa cinquième élection. Le Délit l’a rencontrée pour parler de politiques jeunesse, «candidats-vedettes», et de thèmes de campagne en général.

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Éducation et politiques jeunesse

Pour Manon Massé, le débat sur l’éducation doit être relancé. «On n’a pas vraiment entendu le mot éducation depuis le début de la campagne; moi je vais continuer d’en parler, QS essaie de faire en sorte que le sujet revienne sur la table car depuis le sommet sur l’enseignement supérieur, les dirigeants du Québec ont comme pris pour acquis que la question était réglée – on parle donc maintenant d’indexation simplement, et il y a aussi tous les chantiers lancés au sommet, par exemple sur la gouvernance, dont on ne parle plus».

À propos du Livre blanc de la jeunesse, présenté par le Parti Québécois (PQ) quelques semaines avant le déclenchement des élections, Manon Massé dit: «il y a quelques éléments que j’ai trouvé intéressants; par exemple qu’on reconnaisse que l’hypersexualisation est un défi de la jeunesse actuelle: le Parti Québécois a voulu annoncer son intérêt d’agir à ce niveau-là. Pour ce qui est des moyens on verra par la suite, ce n’est qu’un énoncé de principes mais comme féministe je trouvais ça intéressant de voir à l’intérieur d’une politique de la jeunesse la reconnaissance de la pression que les jeunes vivent au quotidien et les stéréotypes».

En général, QS salue l’initiative du Livre blanc, mais attend les résultats concrets. «Il y a une volonté d’orienter notre réflexion, de définir comment on prend soin de notre jeunesse; mais des fois il peut s’écouler un an ou bien une éternité, le PQ jusqu’à présent ne nous a pas beaucoup habitués à voir la suite des choses arriver».

Une des priorités de QS est la question du décrochage scolaire. «Il faut réinvestir dans le système d’éducation; je rappelle que nous, on prône une éducation gratuite de la maternelle à l’université, il s’agit simplement d’aller chercher l’argent». «Pour lutter contre le décrochage, il faut plus de professeurs, plus de ressources non enseignantes, plus d’investissement dans le parascolaire».

Vote des jeunes

QS salue l’initiative d’installer des bureaux de votes directement sur les campus des universités et dans les cégeps. «Il va falloir quand même faire de la sensibilisation, mais c’est le travail du directeur général des élections du Québec (DGEQ)».

Le parti reconnaît toutefois que les jeunes puissent être désillusionnés face au système politique. «Le mode de scrutin qu’on a au Québec n’est pas démocratique, beaucoup ont l’impression que leur vote ne compte pas toujours. Ce n’est pas acceptable que le système ne soit pas réformé. Ça fait partie de la motivation: quand tu sais que ton vote compte vraiment et va avoir un poids réel».

Candidats vedettes 

Depuis le début de la campagne, on voit apparaître de «gros noms» sur les listes de candidats, des artistes ou personnalités du monde des affaires par exemple, des candidats qu’on appelle «candidats vedettes».  «Qui définit-on comme vedette?» demande Manon Massé. «Ce n’est pas compliqué, ce ne sont pas ceux qui sont ancrés dans leur communauté et qui font du travail de terrain tous les jours dans leur circonscription, mais ceux qu’on voit à la télévision».

«C’est du gros spectacle et c’est dommage. Ces annonces-là ont quelque-chose de dénigrant car ils relèguent au second plan les gens qui, depuis des années, font un travail extraordinaire; du côté de QS, on s’est beaucoup diversifié mais on n’entend jamais de la part des médias qu’on a des candidats vedettes, même si on a des gens qui ont fait avancer des causes… mais qui ne passent pas à la télévision».

QS, c’est le parti du XXIe siècle.

Thèmes de campagne et souveraineté

La campagne s’est recentrée récemment sur la question nationale et la souveraineté, notamment depuis l’annonce de la candidature de Pierre-Karl Péladeau (PKP) pour le PQ. À ce sujet Manon Massé dit «en un an et demi au gouvernement, on n’a pas entendu le mot indépendance une seule fois; là, avec les élections, la Première ministre a sorti un Livre blanc qui dans les faits en dit peu, mais annonce simplement des consultations». «Pour dissimuler le reste, on parle de Charte des valeurs ou on parle d’indépendance».

Campagne de QS

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Manon Massé voit une différence avec les campagnes précédentes, notamment depuis l’arrivée de deux députés solidaires à l’Assemblée nationale (AN). «À l’AN, on a doublé notre temps de parole et effectivement ça change la donne, pour les journalistes on devient de plus en plus crédibles. Dans les médias on est un des quatre principaux partis – c’est un langage qui a commencé a changer tout récemment, mais ça envoie un signal clair: QS a sa place». Cette année, QS a davantage de fonds de campagne et a donc investi dans un autobus par exemple: «on a pris l’autobus parce qu’on a compris qu’on était accusés systématiquement d’être un parti montréalais mais c’est faux, dans nos congrès il y a du monde de toutes les régions du Québec».

Pour l’entrevue intégrale, visionnez ce vidéo

 
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