Entrevue: Léo Bureau-Blouin
18 mars 2014 - Image par Romain Hainaut
Élections provinciales 2014: Entrevue avec le candidat Léo Bureau-Blouin (PQ)

Cet entretien fait partie d’une série d’entrevues que Le Délit va réaliser avec différents candidats aux élections provinciales du printemps 2014. 

Le député péquiste et adjoint parlementaire à la jeunesse sortant, Léo Bureau-Blouin, se présente à nouveau dans sa circonscription de Laval-des-Rapides. Il revient sur ses dix-huit mois à l’Assemblée nationale et sur sa campagne actuelle.

Bilan sur l’éducation

Léo Bureau-Blouin se dit satisfait des projets qu’il a pu mener à l’Assemblée nationale. Le Sommet sur l’enseignement supérieur, le vote dans les universités, et sa politique jeunesse sont les trois éléments dont il se dit fier.

Sur les frais de scolarité, il affirme que le PQ a fait de réelles avancées. «Je suis très content de ce bilan: l’abolition de la loi 78 et de l’augmentation des droits de scolarité ont été les deux premières décisions du Conseil des ministres, tout de suite après l’élection de 2012. Puis, avec le Sommet sur l’enseignement supérieur, les droits ont été ajustés aux revenus des familles et ça n’a pas plu à tous, mais si on compare ce que les étudiants auraient payé, à terme, sous les libéraux et ce qu’ils vont payer maintenant, ce sont 1400 dollars de différence. On n’a pas la gratuité bien sûr, mais il y a une différence dans le budget des étudiants, beaucoup de bourses et de prêts ont été bonifiés, et, pour la première fois, le gouvernement va donner plus de bourses que de prêts».

«J’ai aussi déposé un Livre blanc quelques semaines avant l’élection, qui compte plusieurs projets, dont cinq projets pilotes pour des garderies en milieu universitaire qui permettraient aux étudiants de concilier famille et études. Bien sûr, pour que ces projets continuent il faut qu’il y ait réélection du PQ, mais je travaille fort dans Laval-des-Rapides et partout au Québec; je crois en ces projets et en ces avancées».

Vote des étudiants 

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«Je suis convaincu que [le projet de vote dans les universités] va faciliter les choses. Prenons l’exemple concret d’un étudiant qui vient de Rimouski et qui étudie à McGill. Il était possible pour cet étudiant de voter dans sa circonscription d’origine, mais ça impliquait qu’il se déplace, et, pour voter dans la ville où il étudie, il fallait aussi faire des démarches. Souvent, les étudiants dans cette situation ne votent pas parce qu’ils veulent voter pour la circonscription dont ils viennent. Maintenant, cet étudiant va pouvoir voter dans son université pour sa circonscription d’origine, et donc je suis convaincu qu’en rapprochant le lieu de votation pour les jeunes (les étudiants), qu’en facilitant le processus démocratique, il va y avoir un impact positif. En général aussi, ça va permettre aux associations étudiantes sur les campus de faire une campagne d’information plus ciblée, plus facile».

Pour ce qui est de la participation plus générale des jeunes dans les campagnes électorales, Léo Bureau-Blouin reconnaît qu’il y a là un défi. «C’est un défi de tous les instants d’intéresser notre génération aux enjeux de la politique; comme pour le reste de la population, il y a parfois un certain cynisme, une certaine perte de confiance. Il faut donc miser sur l’espoir et mettre de l’avant des enjeux qui préoccupent les jeunes: comme la conciliation famille-travail, les universités, les prêts et bourses, les droits de scolarité, ce sont des thèmes qui parlent aux gens, qui les préoccupent. Dans tous les cas, plus on va être à voter, plus les partis politiques vont s’intéresser aux enjeux jeunesse et plus notre génération va tirer son épingle du jeu».

Candidats vedettes

C’est une tendance «qui ne date pas d’hier», mais un phénomène qui s’est amplifié aujourd’hui avec les chaines d’informations continues et les réseaux sociaux, selon le candidat Bureau-Blouin.

«Il y a un lien de confiance à rétablir entre la politique et les citoyens. On peut penser aux artistes: beaucoup se sont lancés en politique et sont appréciés, ça aide à rebâtir ce lien. Quand l’électeur a face à lieu des gens qu’il apprécie, il perçoit la vie politique d’une façon différente».

Léo Bureau-Blouin accueille la candidature de l’ancienne présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins comme une bonne nouvelle. «C’est bien qu’il y ait davantage de jeunes, moi c’est pour ça que je travaille depuis un an et demi. Personnellement, j’ai fait le saut [en politique] parce que je ne voulais pas que le conflit étudiant de 2012 soit seulement un épisode dans l’histoire du Québec, mais plutôt un déclencheur d’une grande mobilisation des jeunes à l’égard de la politique à l’égard de la société. C’est comme ça que je considère mon chemin».

Dans tous les cas, plus on va être à voter, plus les partis politiques vont s’intéresser au enjeux jeunesse et plus notre génération va tirer son épingle du jeu.

Thèmes de campagne

«L’arrivée de PKP, notamment, a mis la question nationale au cœur de la campagne cette semaine, mais c’est une bonne chose car c’est une question importante pour l’avenir du Québec; c’est un des objectifs du Parti Québécois, et, si on veut convaincre les gens, il faut en parler».

«Dans tous les cas, je pense que, dans les prochaines semaines, d’autres thèmes vont suivre: la santé, l’emploi, l’éducation. Dans une campagne, il faut aborder tous les enjeux».

Une deuxième campagne

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C’est une deuxième campagne pour le jeune candidat Bureau-Blouin. «Cette campagne est totalement différente, la première fois je n’avais pas d’expérience du tout en politique. Maintenant, je sais comment les choses fonctionnent et, ce qui est différent, c’est qu’au départ les gens se demandaient si, à vingt ans, je pouvais faire le travail. Mais j’ai été là pendant un an et demi et la perception des gens a changé».

 
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