«Sans patron ni souci»
11 mars 2014 - Image par Romain Hainaut
La gestion en dehors du cadre.

*Cahier Spécial « Hors Norme »

Autogestion: «Gestion (d’une entreprise, d’une collectivité) par ceux qui y travaillent.Autogestion d’un hôpital, d’une usine », Petit Robert de la langue française, 2008.

Cette phrase que l’on retrouve sur le site Internet de la coopérative Touski, située sur la rue Ontario dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, résume bien le fonctionnement de ce café de quartier: on y retrouve un système horizontal, où le pouvoir décisionnel repose sur l’Assemblée générale.

Roxanne, cuisinière et serveuse au Touski, explique que ce système horizontal fait en sorte que tous les employés se partagent entre eux les différentes tâches à effectuer quotidiennement. Que ce soit pour l’entretien, la confection des plats ou l’emploi de nouveau personnel, les employés du Touski se divisent le travail en participant à plusieurs comités, en dehors de toute hiérarchie.

«On s’implique aussi dans la vie de quartier. Le Touski, c’est un café de quartier: on essaie d’animer la culture  du quartier avec des spectacles (le Touski offre gratuitement son espace aux musiciens qui viennent y jouer, ndlr), il y a des expositions de peintures et de dessins à chaque mois, nos locaux sont disponibles pour les réunions d’autres associations du quartier et nous offrons une salle de jeux pour les enfants. À l’entrée on trouve des journaux politisés et des pamphlets concernant différentes activités politiques», explique-t-elle au Délit.

Toujours dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, cette fois sur la rue Valois, se trouve La Déferle, un «espace qui se veut un lieu ouvert où toutes et tous pourront se sentir à l’aise», comme on peut le lire sur leur site Internet. La Déferle est un espace social anarchiste qui tente d’être le plus autonome possible pour offrir un lieu de discussion, de réflexion et de transmission de connaissances. On y retrouve des brochures que l’on achète au prix que l’on désire ainsi qu’une bibliothèque à la disposition de tous. Plusieurs événements (soupers potluck, visionnement de documentaires, spectacles, etc.) sont proposés à chaque mois et sont financés par les contributions volontaires des participants. La Déferle est un lieu pour se réunir, partager et tisser des liens.

Comme l’a fait remarquer Roxane lors d’une entrevue avec Le Délit, «ce qui fait la force de l’autogestion, c’est que tout le monde s’implique, tous mettent la main à la pâte».

À McGill, le nouveau café Le Nid, pour les étudiants et géré par les étudiants, peut être considéré comme un exemple d’autogestion. La distribution des pouvoirs n’est toutefois pas horizontale, mais il n’en demeure pas moins que l’idée est de mettre la gestion entre les mains des étudiants.

Lire aussi: Le Nid pour étudiants

 
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