«Un référendum volé»
5 novembre 2013
Marche pour l’indépendance du Québec.

Le mercredi 30 octobre dernier marquait le dix-huitième anniversaire du référendum de 1995 sur l’indépendance du Québec. Le Rassemblement des Mouvements Indépendantistes Collégiaux (RMIC) a convié les citoyens à venir manifester à 19h, place Émilie-Gamelin, dans le but de dénoncer «un référendum volé» tout en rappelant que le combat pour l’indépendance du Québec continue. Un nombre important de manifestants était présent, mais moins élevé que les organisateurs ne l’espéraient. La manifestation s’est déroulée sans encombre, et l’ambiance était plutôt bon enfant. Plus que pour témoigner un rejet du Canada anglais, beaucoup étaient là avant tout pour revendiquer leur identité et dénoncer les abus politiques qui ont eu lieu il y a dix-huit ans.

Les manifestants présents, en majorité des étudiants, n’étaient pas nés ou pas en âge de voter lors du référendum. Cependant, beaucoup se disent extrêmement touchés par les événements politiques de 1995, qui auraient pu changer radicalement l’avenir de la province. Éric, 23 ans, explique avoir grandi dans une famille fortement fédéraliste, et dit avoir pris conscience bien plus tard de ce que cela représentait réellement pour l’avenir de ce qu’il considère son pays.

La manifestation témoigne de la présence, encore très forte dans l’inconscient collectif, de l’échec du «oui»  au référendum indépendantiste de 1995. Rappellons que le «non» l’avait emporté sur le «oui» avec environ 1 point de pourcentage. Étienne, présent à l’événement, dénonce un trucage des votes et une forte manipulation du gouvernement fédéral dans le but de faire pencher les avis en faveur du «non». Il explique par exemple que le gouvernement fédéral aurait fait en sorte d’ouvrir les frontières à l’immigration quelques mois seulement avant le vote dans le but de faire pencher la balance en faveur du «non». Les sondages témoignent en effet du fait que les populations issues de l’immigration de première génération ont voté en très grande majorité contre l’indépendance de la province.

Mécontentement politique

La manifestation était l’occasion pour beaucoup d’exprimer leur mécontentement face au système politique de l’époque mais aussi actuel. Deux jeunes filles présentes à la manifestation se disent extrêmement déçues par le gouvernement provincial actuel. L’élection du Parti Québécois en 2012 symbolisait pour elles un nouvel espoir d’indépendance, mais elles disent s’apercevoir aujourd’hui d’un décalage entre les valeurs et priorités du peuple québécois, et les choix du gouvernement.

Au sujet de Pauline Marois, l’une d’elle explique: «Elle nous a menti, on se rend compte qu’elle s’est fait passer pour ce qu’elle n’est pas juste pour se faire élire, mais dans le fond elle n’a pas les mêmes valeurs que nous.» Sur le même sujet, Étienne défend lui un point de vue plus accusateur du système: «Ce n’est pas tellement que Pauline Marois ne fait pas un bon travail, c’est juste que tant que le Parti Québécois est un gouvernement minoritaire, nous n’avons pas d’espoir de changement».

De manière plus générale, la manifestation était une façon de rappeler que le mouvement indépendantiste ne baisse pas les bras. En entrevue avec Le Délit, deux jeunes manifestantes expliquent: «Ce qu’on veut avant tout, c’est être indépendant, parce nous n’avons pas la même culture, les mêmes valeurs et façons de vivre que les Canadiens anglais». Richard, un autre manifestant, insiste pour sa part sur la viabilité économique d’un tel projet: «Ici, en Amérique du Nord, toutes les importations passent par le Saint-Laurent, le fleuve est indispensable et c’est une vraie richesse que nous avons. Si le Québec était un pays indépendant nous n’aurions pas de problèmes à nous en sortir, économiquement parlant; nous n’avons pas besoin du reste du Canada pour ça». 

 
Sur le même sujet: