Amiante et santé
8 octobre 2013
Défis et leçons pour le futur.

L’amiante serait responsable d’au moins 2 000 nouveaux cas de cancer par an au Canada, la plupart menant à la mort. C’est ce qu’affirme le docteur Paul Demers, directeur du Centre de recherche sur le cancer professionnel à Toronto, lors de la conférence «Amiante: dialogue sur l’avenir», qui s’est tenue le 1er octobre à McGill. Plusieurs conférenciers ont exposé la réalité de l’amiante sous des angles variés lors de cette journée organisée par l’Université.

 

 Héritage mcgillois

L’amiante continue de hanter McGill. Avec des édifices datant de plus de cent ans, l’utilisation de l’amiante dans les infrastructures a été fréquente, comme l’explique Jim Nicell, doyen et professeur de la Faculté d’ingénierie à McGill. Par exemple, suite à un incendie, l’édifice MacDonald d’ingénierie fut reconstruit en 1908 avec des matériaux contenant de l’amiante, choisie pour ses propriétés non-inflammables. Vu d’un œil positif par le passé, il n’en est plus de même aujourd’hui. En effet, Jim Nicell dit qu’au Québec, tout matériel contenant plus de 0,1% d’amiante et exposé aux voies respiratoires est considéré comme un risque pour la santé publique.

 

Un coût élevé pour tous 

Avec des millions de dollars dépensés pour éradiquer l’amiante du campus, des ressources normalement dédiées aux objectifs de l’Université en tant que centre de recherche sont détournées, selon Jim Nicell. Par exemple, lors de rénovations au Pavillon Strathcona, la facture pour enlever l’amiante s’est élevée à 8 millions de dollars, soit 1 500% de plus que le budget annuel pour l’ensemble du campus. De plus, jusqu’à présent, deux employés sur le campus ont été diagnostiqués comme souffrant de maladies liées à l’amiante.

Au niveau national, le docteur Paul Demers a discuté des répercussions de l’amiante sur la santé de milliers de miniers. Il a en plus dénoncé des méthodes de compensation inadéquates aux victimes de l’industrie de l’amiante. Les répercussions à long terme de l’amiante sont autant économiques que sociales et environnementales.

 

Changer de cap pour le futur

Ce que le passé démontre à notre société est l’importance de trouver l’équilibre entre avantages économiques, sociaux et environnementaux, selon Jim Nicell. «Il y a souvent un effet méconnu à long terme car nous prenons des décisions à court terme» dit-il. La solution? Informer le public et, en tant qu’institution universitaire, guider les gens vers des considérations à long terme. De plus, Jim Nicell souligne que le gouvernement est «le mieux placé pour s’assurer que nous sommes alignés dans une direction positive en règlementant et en prenant la responsabilité [de l’action]».

 

Amiante 101

L’exposition à l’amiante cause une multitude de maladies: cancer du poumon, mésothéliome -un cancer des tissus des poumons-, l’amiantose et la maladie de la plèvre, organe situé entre les poumons et la cage thoracique.

Il existe deux types d’amiantose, les chrysotiles et les amphiboles, chacun étant éliminé par le corps humain dans un laps de temps différent, selon le docteur Anthony Williams-Jones, professeur d’économie géologique et géochimie à McGill. La structure de l’un étant plus stable et solide que l’autre, il est selon lui important de regarder la relation entre le type d’amiante et ses répercussions sur la santé.

Bien que les mines d’amiante aient été fermées au Québec depuis quelques années, leurs répercussions se font sentir aujourd’hui. En effet, les premiers symptômes de la mésothéliome apparaissent 15 à 40 ans après la première exposition à l’amiante, selon le docteur Neil Colman, professeur associé de médecine et médecin chef au Centre universitaire de santé Mcgill (CUSM).

 

 
Sur le même sujet:
8 octobre 2013
15 janvier 2013