Le Délit survit
5 février 2013

Nous sommes de retour sur les stands cette semaine après une importante victoire référendaire qui permet au Délit et au Daily de continuer à collecter les frais afférents de six dollars par session.

Le conseil de rédaction du Délit tient à remercier tous ceux d’entre vous qui ont pris le temps de voter, et offre un remerciement spécialement chaleureux à ceux qui se sont prononcés en faveur de l’existence d’une presse étudiante critique et indépendante.

Le protocole d’entente entre l’université et la Société des Publications du Daily expire tous les cinq ans, obligeant la SPD à obtenir une majorité de soutien pour le renouveler. Ce système a été mis en place en 2006 pour tous les groupes indépendents sur le campus tel que CKUT, QPIRG et McGill legal clinic.

Se voulant une expression démocratique du soutien des étudiants, ces exercices référendaires imposés par l’administration représentent un danger pour ces groupes, dont l’indépendance permet et encourage une approche critique envers les pouvoirs autrement déséquilibrés.

La liberté de la presse est compromise par le souci de devoir tenir des élections en permanence, la transformant plus en un parti politique cherchant davantage à faire plaisir à ses lecteurs qu’à informer ou à contrebalancer les pouvoirs en place.

Une presse indépendante ne constitue pas un instrument visant à faire consensus au sein de ses lecteurs, mais sert plutôt a faire contrepoids aux institutions et individus au pouvoir – entre-autres l’administration ou les étudiants politiciens de l’AÉUM.
Au cours du référendum, la SPD a dû se présenter devant le conseil législatif de l’AÉUM afin de faire valoir son importance et recevoir le soutien de l’Association, sous forme d’une déclaration d’appui au vote «oui». La motion a passé, avec 21 des 27 conseillers présents qui ont voté pour — et on leur en remercie.

Ceci dit, il n’est pas sain qu’une presse indépendante ait besoin de se présenter, tous les cinq ans, devant les mêmes personnes dont elle a la charge de scrutiner le travail, afin de demander leur soutien. En tant que source d’information, il est important d’avoir la possibilité de critiquer le travail de nos représentants sans avoir peur des conséquences.

De plus, il existe déjà des processus en place pour faire en sorte que la presse étudiante soit responsable. Que ce soit par la possibilité des membres de la SPD de proposer une question référendaire, l’option d’agir en tant qu’un des six directeurs représentant du corps étudiant dans le conseil d’administration ou par l’option de participer et de voter lors des Assemblées Générales Annuelles ouvertes à tous les membres. De plus, la SPD possède un système judiciaire indépendant et impartial et un code de déontologie régissant les pratiques de ses journalistes.

Des référendums à dates fixes constituent un gaspillage de ressources et de personnels qui pourraient être mieux utilisés en vue du service que nous offrons aux étudiants et pour lequel nous avons reçu un appui incontestable lors des deux derniers référendums (80,6% et 76,17%). Éditeurs, collaborateurs et étudiants en général, en tout, ce sont plus de cent personnes qui se sont impliquées bénévolement dans le comité du «oui» de la SPD, quand ils auraient pu dépenser cette énergie à produire le service pour lequel les étudiants paient.

S’il est vrai qu’on définit souvent la démocratie par le droit de vote, une presse indépendante est un véhicule indispensable à la libre expression, et un élément indissociable de ladite démocratie.

 
Sur le même sujet: