Dénoncer un système de l’interieur
26 juillet 2012
Les étudiants ne saluent pas tous la candidature de Léo Bureau-Blouin au parti Québécois

Nicolas Quiazua, Archives Le Délit
La candidature de Léo Bureau-Blouin au Parti québécois fait ressortir de vieilles tensions parmi les étudiants.

Sur les réseaux sociaux, des commentaires comme «ça aura été une grève payante pour lui» ou le décrivant comme le «leader qui a le plus nuit à la solidarité du mouvement étudiant» laissent sous-entendre qu’il y a de la rancœur envers celui qui dirigeait la FECQ, il y a trois mois de ça.

D’ailleurs, certains taxaient depuis longtemps le leader de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, de n’avoir que des ambitions individualistes. Maintenant que c’est officiel, la CLASSE a décidé en assemblée de ne pas commenter sur la candidature de Léo Bureau-Blouin parce que «ça reste de la politique interne et nous ne voulons pas nous embarquer là-dedans».

Du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), « on reste content que sa priorité demeure le gel et qu’il suive les engagements qu’il avait en tant que leader étudiant », commente Yanick Grégoire, vice-président exécutif.

Monsieur Grégoire mentionne toutefois qu’il est « surpris qu’il se présente aussi rapidement», alors que le conflit étudiant n’est pas encore terminé, mais précise que les décisions de Monsieur Bureau-Blouin sont maintenant prises en son nom personnel.

« Règle rien »

Quant à Québec solidaire, qui s’est bien défendu d’avoir « courtisé » Monsieur Bureau-Blouin, la surprise est là tout autant.

« Honnêtement, je n’aurais jamais pu m’imaginer qu’il serait intéressé à se présenter aussi vite», assure Françoise David, co-porte parole du parti.

« Qu’il soit candidat ne règle rien du tout », spécifie-t-elle en ajoutant qu’il reste contradictoire qu’il prône le gel des frais de scolarité, tout en s’engageant avec un parti qui parle de dégel.

Tremplin

Après avoir travaillé avec Léo Bureau-Blouin, Monsieur Grégoire confirme un engagement sans hypocrisie, mais demeure convaincu que «les associations étudiantes sont une manière importante de faire changer les choses sur le terrain», et ne se veulent pas un tremplin vers la politique.

Pour Léo Bureau-Blouin, choisir la politique québécoise, plutôt que l’activisme étudiant ne veut « pas nécessairement » dire que les associations étudiantes font moins avancer les choses que les partis politiques. Il considère toutefois que c’était la manière de «faire plus».

 
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