La vitesse de la charité
3 avril 2012
Le son de la pluie qui tombait et les piécettes qui étaient dans sa poche ne pouvaient pas assourdir le bruit des voitures qui passaient dans la rue devant lui.

La vitesse de chaque véhicule et les personnes qui se dépêchaient dans toutes les directions lui rappelaient que personne ne l’attendait. Il s’est assis à côté de la rue, espérant qu’une personne gentille s’arrêterait juste pour lui dire «Bonjour.»

Tout seul, il commence à compter sa monnaie: vingt-trois sous, cinq pièces de vingt-cinq,  quatre dollars et un billet de cinq dollars. Pendant les jours pluvieux, c’était plus difficile de ramasser les piécettes. À ce moment-là, une grande voiture noire est passée trop proche du trottoir. La vitesse de la voiture et la taille de la flaque causaient un mur d’eau qui l’a frappé. Il n’a pas réagi.

***

Manu avait oublié son anniversaire de mariage donc il se pressait à rentrer chez lui avec des fleurs. À cause de sa frustration, il conduisait trop vite et de manière plus désespérée que d’habitude. Bien qu’il était en retard, il savait que sa femme l’attendait, comme toujours. Elle l’adorait.

Il n’a pas vu l’homme sur le côté de la rue jusqu’à ce qu’il ne l’éclabousse. Même si Manu était pressé, il compatissait avec le sans-abri. Manu est retourné à la rue où l’homme restait assis et il est sorti de sa BMW. Avec son parapluie et les fleurs, il a couru en direction de l’homme.

«Je suis vraiment désolé. Prenez mon argent et ces fleurs, c’est tout que je peux vous offrir.» Sans hésitation, l’homme s’est tourné puis il a ouvert son parapluie, tout en marchant en direction de sa voiture noire. Le sans-abri a pris les fleurs et l’argent, en regardant l’étranger qui partait à toute vitesse; il ne pouvait rien faire sauf sourire.

***

Comme toujours, j’attendais pour fermer le dépanneur.  Soudain, un sans-abri est arrivé. Quand il est arrivé, il était trempé, ses vêtements étaient déchirés et couverts de boue.

Il n’était pas en forme, mais il avait un sourire comme un enfant la veille de Noël. Il y avait un scintillement dans ses yeux et il tenait des fleurs dans ses mains.

Il m’a demandé,  «Puis-je avoir une bouteille de vin rouge?» Je l’ai dirigé au rayon. Il est parti et est revenu avec du vin cher.

L’homme m’a donné un billet de cinquante dollars et ses fleurs.  «Gardez les fleurs vivantes, s’il vous plait.» Je lui ai donné sa monnaie et j’ai pris les fleurs.

«J’y vais.»

L’homme est parti et j’ai fermé le dépanneur. Je me rappelle cette nuit chaque fois que j’achète des fleurs et chaque fois que je remplace les fleurs qu’il avait déposées sur le comptoir de mon dépanneur.

Kelsey Pericak, Mary Guay, Johnny Mater et Brandon McCool

 
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