Blanc ou Noir
3 avril 2012
La chaleur de l’été à Montréal associée à ma frustration de ne pas avoir d’emploi me font me sentir vaincue

Loyer à payer tout de suite. Vous êtes déjà en retard de trois semaines!
C’est votre dernier rappel, sinon vous serez expulsée.

J’ai déchiré l’affichette colée à ma porte et l’ai lancée furieusement par la fenêtre, celle qui n’ouvre presque pas, qui laisse souffler seulement un minimum d’air frais dans la chambre. Je me sens vaincue par Montréal, par ces gens, par mon incompétence avec la belle langue française et donc mon incapacité à gagner de l’argent.

« Montréal est chic! »… « C’est le centre cosmopolite du Canada!»… « Tellement de culture et de diversité » disaient mes amis il y a trois mois maintenant. Mais tout ce que je vois, ce sont des gens bornés, pleins de préjugés. Je suis anglophone et je suis fière de ma langue et de ma culture et ça me rend perplexe que personne ne voie cette qualité et ne veuille m’engager, même pour les taches les plus simples au monde. Qu’est ce qui est arrivé à cette ville « bilingue » quand une étudiante motivée, intelligente et ouverte ne peut pas trouver de travail?! Montréal a une responsabilité envers moi comme citoyenne, cette grande ville doit s’adapter à moi – bien que je sois anglophone. À mon avis, les mots “bonjour” “ça va” et “est-ce que je peux vous aider” sont les seules phrases qu’on doive connaitre pour obtenir un travail, les expressions de politesse. Au lieu de ça, Montréal me rejette quand il s’est rendu compte que ce sont les seules phrases que je connaissais en français. Le temps est venu de montrer à Montréal qu’une anglophone peut survivre et étendre ses racines dans le dur sol français.

Il faut commencer cette révolution avec un petit geste…

Tell me to pay my rent on time when your city decides to accept ANGLOPHONES for who we are!
Respectfully, your Anglo-Canadian tenant.

Jisoo Oh, Stephanie Clement, Hannah Rivkin et Nicolee Spiller

 
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