Femmes encore des femmes!
27 mars 2012
Helmut Newton, même si aucune image précise ne vous vient à l’esprit, le nom de ce prodige résonne à coup sûr dans vos têtes!

Ce «père du porno chic» a dédié sa vie à traquer la beauté féminine et nous a laissé des archives uniques sur l’univers de la féminité. Sous le titre de «photographe de mode», il se place avant tout en tant que reporter certes provocant et controversé, mais surtout reporter au sens où il fige à jamais sur papier glacé le mode de vie de la haute société du XXe siècle.

Helmut Newton

Pourquoi avoir choisi de vous parler d’Helmut Newton aujourd’hui? Car ce samedi 24 mars, les portes du Grand Palais s’ouvraient à Paris pour permettre au public de découvrir plus de deux cent images réalisées par ce maître de la photographie. Malgré le fait qu’il ait réalisé une grande partie de ses œuvres en France, il s’agit de la première rétrospective française en son hommage depuis sa disparition en 2004.

Du polaroïd au grand format, du noir et blanc à la couleur, on y retrouve l’éloge de la femme sous toutes ses coutures! Un éloge extrêmement controversé par l’étiquette sexiste et pornographique qui colle à la peau d’Helmut Newton depuis ses débuts. Seulement, si l’on arrive à mettre de côté ces critiques et à considérer la valeur artistique de l’ensemble de son œuvre, on y trouve des femmes libérées de toutes conventions assumant pleinement leur féminité et surtout une mise en scène d’une finesse et d’une rareté extrême.

La vie d’Helmut Newton est à l’image de son œuvre, palpitante et ambitieuwse. Né en 1920 à Berlin d’un père juif-allemand et d’une mère étatsunienne, il prend sa première photo à 12 ans.

À sa majorité, il fuit le régime hitlérien, quitte sa famille bourgeoise et s’envole pour l’Australie. Très vite il est nommé photographe pour l’armée australienne et comble ses fins de mois en photographiant des mariages. Il rencontre alors sa femme June qui est comédienne. Tous les deux, ils feront des allers-retours entre Londres, l’Australie et Paris pour finalement s’installer dans la capitale française, haut lieu de la mode, du pouvoir et de la luxure. C’est le Jardin des modes, le magazine de mode le plus prisé de l’époque, qui permet à Helmut Newton d’exploiter son talent. En 1971, dans une entrevue avec Jean-Jacques Naudet pour le magazine Photo, il ne cache pas sa passion pour le monde superficiel et même s’il n’est pas à l’aise avec ce choix, il avoue éprouver un désir incontrôlable de photographier ces femmes issues de la haute bourgeoisie qui selon lui incarnent l’archétype de la sensualité, le luxe, l’argent et l’érotisme.

Apparaissant dans Vogue, Playboy, Marie-Claire ou Elle, la femme Newtonienne est très souvent nue ou en smoking, intimidante et séductrice. D’après le photographe, «Good taste is anti-fashion, anti-photo, anti-girl, anti-eroticism! Vulgarity is life, amusement, desire, extreme reactions!» Les chambres privées d’hôtels de luxe ou les piscines sont les décors prisés du photographe, qui met en scène des femmes tantôt soumises à l’autorité masculine, tantôt maîtresses du monde.

Vous avez donc jusqu’au 17 juin pour planifier une semaine de vacances à Paname et profiter de cette grande exposition!

 
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