Je ne suis pas un robot
28 février 2012
Transparence totale: je suis membre du Parti libéral du Québec. J’espère, chers lecteurs, que vous ne vous sentez pas trahis.

Je le suis depuis que j’ai commencé à écrire pour Le Délit, il y a de ça plus d’un an maintenant. Je l’étais d’ailleurs déjà auparavant.

Les lecteurs assidus de ma chronique auront constaté que j’ai souvent des opinions radicalement différentes de celle du parti dont je suis membre depuis juin 2007. Est-ce que cela devrait vous surprendre? Pas du tout. Si vous êtes surpris, vous souffrez sûrement de cynisme avancé et je vous invite à reconsidérer votre opinion de la politique partisane. Je n’appartiens pas au PLQ pour être le lecteur de cassettes de Jean Charest. Je suis libéral parce que je considère que c’est ce parti qui me permet de mieux véhiculer mes idées. Je fais souvent rager certaines personnes qui aimeraient bien voir de jeunes membres dociles. J’en suis fier: la politique n’est pas faite pour le confort intellectuel.

Votre chroniqueur préféré a été projeté sous les feux de la rampe au début de la semaine de lecture. Puis, mercredi soir, j’ai découvert qu’être libéral était devenu une sorte de crime au Québec. Un membre libéral peut-il embrasser une cause qui lui tient à cœur sans être télécommandé par les apparatchiks du bureau du premier ministre? Pour la classe journalistique québécoise, on croirait que non. J’ai le malheur de leur annoncer que oui, c’est possible.

Les derniers jours m’ont permis de constater un des principaux vecteurs du cynisme au Québec. Les journalistes ne semblent plus croire à la bonne foi de quiconque. Pour eux, il y a une anguille sous chaque roche du Québec, un complot rampant ou une conspiration éhontée.

Il se peut que je croie fondamentalement que la hausse des frais de scolarité est un mal nécessaire pour assurer l’avenir de l’éducation universitaire québécoise. Il se peut que je croie fondamentalement que la grève étudiante n’est pas une bonne chose et que nous devrions plutôt comprendre et accepter que nous ne puissions éternellement recevoir des cadeaux des contribuables.

Il se peut que je sois un citoyen comme tout le monde qui a choisi d’embrasser une cause. J’aime la démocratie québécoise et j’apprécie la chance que nous avons de l’avoir. J’apprécierais que nous n’abusions pas d’elle et que nous parlions de grève et de frais de scolarité uniquement et non pas des cartes de parti ou des affiliations, passées ou présentes, des acteurs du débat.

Nous sommes tous concernés par ce sujet, et McGill en premier. Ici, la démocratie étudiante est malade. Nos assemblées générales peinent à obtenir le quorum et la Arts Undergraduate Society a rejoint la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) sans même une majorité des voix. En effet, seule une pluralité s’est prononcée en faveur, avec seulement 13 voix d’avance. Un étudiant sur huit a voté.

Alors dites-moi quel est le vrai problème. Qu’un porte-parole contre la grève et pour la hausse s’implique au sein du PLQ ou que la plus grosse faculté de notre université rejoigne une coalition pour la grève avec seulement 6,4% des étudiants en faveur ?

Dans les prochaines semaines, vous serez appelés à vous prononcer sur la grève générale. J’espère que vous irez voter. J’espère aussi que vous irez voter contre.

Mais ça, c’est à vous de décider. Et ce n’est pas Jean Charest qui vous le dit.

 
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