Ce que l’Asie doit faire pour être le plus important continent du monde…
19 janvier 2012

Pendant l’Antiquité, les Grecs et les Romains ont conquis une bonne partie du monde connu de l’époque et ont aussi su mettre en avant et promouvoir leur culture et leur façon de vivre. La France, au XVIIIe siècle et jusqu’au milieu du XIXe siècle a été le symbole de la culture européenne et du savoir, titre qui a été, par la suite, repris par la Grande-Bretagne à partir de la Révolution industrielle. Le XXe siècle a vu les États-Unis devenir le porte-étendard de la culture de masse et des révolutions technologiques. Pour que la Chine, maintenant devenue 2e puissance économique du monde, le Japon ou la Corée puissent espérer rejoindre les États-Unis non seulement économiquement, mais aussi culturellement, ces pays doivent développer leur culture du «soft power» (puissance douce).

Ce terme, développé par l’américain Joseph Nye, définit la capacité que ce soit d’un état, d’une ONG ou d’un groupe de personnes d’influencer des acteurs hors de ses frontières grâce à des moyens non-coercitifs, des moyens non-violents. Dans ce domaine, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France possèdent déjà une longueur d’avance sur les autres pays et il est ici, à Hong Kong, facile de le voir que ce soit dans les magasins, dans la rue ou dans les journaux. L’attrait de l’Ouest, de ses marques, de son mode de vie et de sa culture de masse se développe encore plus grâce aux nouvelles technologies et à la mondialisation.

Transportons-nous à Montréal ou au Québec maintenant. À part en restauration, en nouvelles technologies (Samsung ou Sony par exemple) ou dans le monde automobile, l’Asie n’a pratiquement aucune influence ni culturelle, ni idéologique sur nos vies comme c’est le cas des Occidentaux pour les Asiatiques. Aucun groupe de la Korean Wave (musique pop venant de Corée du Sud extrêmement populaire partout en Extrême-Orient) n’est sur nos TOP 20 à la radio. Peu de films asiatiques se retrouvent sur nos écrans de cinéma à part les succès mondiaux et les marques asiatiques ne remplissent pas les étalages du Centre Eaton. Il est évidemment faux de dire que l’influence d’un pays est directement liée à son cinéma, sa musique ou encore ses marques, mais lorsque je suis dans un cinéma ici à Hong Kong et que le ¾ des films sont des blockbusters américains ou que la grande majorité des magasins des centres commerciaux pourraient se retrouver au Carrefour Laval, sur la Cinquième Avenue à New York ou sur les Champs-Élysées à Paris, on peut légitimement se poser des questions sur l’état de notre monde et de la culture globalisée. La mondialisation de notre époque ne semble pas être clairement en soit une globalisation, mais bien une occidentalisation culturelle de tous les autres continents et ce, au détriment des identités régionales culturelles et de la diversité des peuples et de leur mode de vie.

Les Nord-Américains et les Européens ont souvent peur des Asiatiques en raison de leur puissance économique, mais tant que les Asiatiques n’auront pas la même influence tant culturelle et sociale que les Occidentaux et notamment les Américains, les Instituts Confucius chinois et les produits coréens Samsung ne parviendront pas à donner l’élan nécessaire à l’Asie afin de devenir aussi puissante et surtout influente que le monde occidental l’est sur tous les continents. Ceci n’est pas vraiment un réquisitoire antimondialisation, mais une constatation d’une réalité qui va au-delà de la seule ville de Hong Kong et bien que je n’offre pas de solutions concrètes, je ne crois pas avoir à en offrir puisque jusqu’à maintenant les Asiatiques ont su trouver réponse à pratiquement tous ceux qui se sont présentés devant eux.

 

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