AGSEM à table
4 octobre 2011
L’AGSEM pense pouvoir bénéficier de l’élan humaniste des autres syndicats ainsi que du mouvement étudiant.

L’AÉÉDEM (Association des étudiantes et étudiants diplômé(e)s employé(e)s de McGill, plus connue sous le sigle anglais AGSEM) est à l’heure actuelle le plus grand syndicat de l’Université McGill. Compte tenu de l’accréditation des chargés de cours et des instructeurs obtenue il y a deux semaines, les syndiqués sont aujourd’hui plus de 3000.

La première unité de l’AÉÉDEM, à l’origine de la création du syndicat en 1993, englobe tous les auxiliaires à l’enseignement (les AE, ou les TA en anglais). Ils sont depuis mai 2011 à la table des négociations pour renouveler leur convention collective qui a expiré en juin dernier. Étant données les négociations en cours avec les cinq autres groupes syndicaux, la réponse se fait longue. Sur leur site, l’AÉÉDEM écrit que l’Administration a assuré vendredi être «incapable de répondre à leurs demandes [alors qu’on leur avait promis le contraire] sans l’accord du vice principal exécutif, [Anthony] Masi, mais qu’une rencontre entre l’Administration et ce dernier est assurée pour la semaine prochaine.» Renaud Roussel, président du comité des négociations, croit pourtant que la pression sur l’université venue de toutes parts en même temps ne peut qu’être favorable à leur quête.

AGSEM

Molly Alexander, conseillère syndicale de la FNEEQ-CSN pour le syndicat, pense que la présence de plusieurs syndicats à la table des négociations «joue à [leur] avantage et à [leur] désavantage». Depuis que les répercussions de la grève de MUNACA se font sentir sur le campus «l’attitude à la table des négociations a changé un peu, on sent une volonté un peu plus sérieuse de la part de l’université». Madame Alexander ne croit pas pourtant que les concessions salariales potentiellement accordées à l’un des syndicats empièteraient sur celles des autres.

Leur trois priorités dans les négociations sont l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des heures globales allouées au travail des AE et l’augmentation des salaires, et finalement, l’amélioration de l’éducation à McGill traduite par une formation payée de la part de leur département pour tous les AE. «Quand on n’a jamais noté une copie de sa vie il est impossible de savoir comment être juste dans son évaluation» note Renaud Roussel.

Dans les demandes concrètes on note entre autres un nombre limité d’étudiants par conférence et dans les laboratoires, pour des raisons de sécurité mais aussi pour encourager la participation. Ils souhaitent aussi obtenir un cours de français gratuit pour être en mesure de corriger les copies des étudiants francophones. Renaud Roussel dit avoir eu des échos de professeurs mettant en garde leurs élèves qu’ils pouvaient rendre leurs travaux en français mais que le standard ne serait pas le même. Il pense que «si McGill se définit comme une université bilingue il faut qu’elle s’en donne les moyens et, puisque les étudiants ont le droit d’écrire en français, il ne devrait pas y avoir de double standard».

Côté salaire, «le conseil des patronats du Québec pour 2011, a recommandé une augmentation de 2,8%» affirme Renaud Roussel. «Si on prend en compte l’inflation, McGill ne nous propose pas d’augmentation. Par rapport à ce qu’on gagne aujourd’hui on a une perte de salaire cumulée de 2000 dollars.» L’augmentation offerte par l’université est de 1,2% annuellement. C’est la même que celle maintenue jusqu’à maintenant pour les employés de soutien, soit la partie du budget financé par le gouvernement du Québec.
Le syndicat estime avoir établi des demandes faisables et surtout raisonnables, comparées à celles proposées par le comité de négociation en 2008. L’unité des AE avait en effet déclenché une grève en mars 2008 suite à l’échec des négociations sur l’augmentation salariale et l’amélioration des conditions de travail.

Les demandes de l’AÉÉDEM sont soutenues par l’AÉUM. «Ils ont bien vu que nos demandes étaient en lien direct avec la situation de leurs membres à eux» souligne Monsieur Roussel.

Huit réunions sont planifiées avec McGill jusqu’à fin novembre. Pour l’instant, l’AÉÉDEM n’envisage pas les grands moyens.

Comme le laisse entendre Renaud Roussel, «plus les réponses se font attendre, plus la possibilité d’une grève est grande, mais nous n’en sommes pas du tout là pour le moment!» L’éventualité d’une grève des AE est cependant à surveiller car non seulement on peut s’attendre à une solidarité de la part de tous les membres de l’AÉÉDEM, mais surtout certains AE ont tendance à occuper des emplois couverts par les autres unités syndicales et seraient donc empêchés de remplir plusieurs de leurs fonctions.

 
Sur le même sujet: