Mac ou PC: le choc des Titans
20 septembre 2011
Le Délit s’est penché sur le débat du siècle et vous offre ses conclusions en vous laissant votre liberté individuelle de choisir selon votre âme et conscience

La guerre éternelle entre Mac ou PC n’a toujours pas fait de victime, si ce n’est que des consommateurs qui ne savent plus sur quel pied danser. Dans la campagne publicitaire «I’m a Mac», l’utilisateur du Mac est jeune et cool tandis que celui du PC est un business man un brin vieux jeu. La réplique de Microsoft est sa campagne «I’m a PC» dans laquelle des hommes et des femmes de tous les âges et tous les milieux affirment être PC. Et ce, même si la pub en question a été fait sur… un Mac! La question est donc: qui sont PC et Mac?

Alice Destombe

Tout d’abord, la rivalité entre Apple et Microsoft a débuté en 1984, l’année où Steve Jobs a présenté son tout premier Macintosh. Celui-ci a été créé dans le but de concurrencer le PC et plus précisément IBM qui dominait le marché à l’époque. Steve Jobs n’a pas hésité à comparer ouvertement IBM à un Big Brother de l’informatique, la première publicité orchestrée pour le Macintosh prenant place dans l’univers du roman 1984 écrit par Georges Orwell. Tout laissait présager une relation loin d’être passionnelle entre les deux concurrents.

Le Macintosh a été le signe de renouveau et d’innovation qui a précipité la naissance de Windows, en 1985. Le PC a alors intégré ce qui le distinguait du Mac jusque là; une interface graphique et une souris. Enfin, la fin des années 80 a laissé place à une domination notoire du PC, causée notamment par son prix plus concurrentiel. Celui-ci provient du fait que les PC sont manufacturés  par diverses entreprises comme Hp, Dell, Toshiba ou Sony, alors que le Mac est uniquement fabriqué par Apple.

Miroir, dis-moi qui est le plus beau?
Du côté technique, François Guimond, programmeur de jeux vidéo iPhone pour la compagnie Frima Studio explique que la différence s’arrête là. «Pour ce qui est des pièces internes, il n’y a pas de différence puisque tous les deux possèdent maintenant une architecture PC.» Par exemple, les Mac ont désormais des processeurs Intel, comme la plupart des PC. Il précise néanmoins que du côté des pièces externes, Mac l’emporte sur la plupart des PC. «Les Mac ont généralement des meilleurs design de boîtier, à la fois pour les tours et pour les portables. Certaines marques de pièces de PC peuvent rivaliser, mais seulement si on est prêt à payer pour les modèles haut de gamme.» S’il était étudiant à l’heure actuelle, monsieur Guimond opterait sans hésiter pour un MacBook puisqu’il est généralement plus léger et que sa batterie a une plus longue durée de vie que les portables de son principal concurrent. L’apparence des Mac n’est, quant à elle, plus un facteur aussi important qu’auparavant, puisque les PC ont grandement évolué dans le domaine. Certains sont même très semblables au Mac. Ce dernier demeure cependant unique, l’achat de celui-ci étant souvent plus lié au fait qu’il est un accessoire de mode et qu’il permet l’expression d’un rang social qu’à ses caractéristiques techniques.

Casser sa tirelire
Pour un ordinateur avec la même configuration interne (mémoire vive, processeur, disque dur etc.), le Mac est toujours plus cher. Même en offrant des rabais aux étudiants, les détaillants Mac n’offrent jamais les même prix que ceux qui vendent des PC. C’est d’ailleurs ce que souligne Gina Lai, une graphiste dont l’outil de travail est un Mac. «J’en suis arrivée à la conclusion que le Mac n’a rien de bien différent au niveau matériel (mis à part l’interface); non seulement cela, on peut avoir la même chose dans un Mac que dans un PC pour beaucoup moins cher! Pourquoi payer 1800 dollars pour un Mac quand on peut en payer 800 pour un PC? D’où viennent les 1000 dollars restant? De l’aluminium utilisé pour le portable? Du clavier lumineux?», demande-t-elle avec dépit. Quand aux choix offerts par Apple,  la variété d’ordinateurs est plutôt restreinte. Certains y voient un plus; cela rend le magasinage beaucoup moins long et compliqué. Certains y voient un moins; beaucoup moins de possibilités et pas de sur-mesure. Pour ce qui est d’un PC, il faut effectivement se préparer à des heures de magasinage intensives, les prix variant énormément d’un fournisseur à l’autre et les choix étant infinis.

Alice Destombe
Mac ou PC : le meilleur ou le pire?
Outre les fabriquants, il y a bien des facteurs qui peuvent expliquer la différence de prix entre Mac et PC. En effet, lorsqu’un consommateur achète un Mac, il obtient une machine qui est prête à être utilisée. Pas de frais supplémentaires pour l’achat de logiciels essentiels ou pour des mises à jour. Pour les néophytes, le Mac permet à l’utilisateur d’effectuer diverses tâches qui auraient été beaucoup plus compliquées sur un PC. «Les logiciels sur le Mac sont d’une simplicité surprenante. Par exemple, n’importe qui peut faire du montage audio, vidéo ou photo sans avoir de connaissances dans le domaine. En plus, les logiciels sont déjà installés et prêts à être utilisés!» explique Gabriel Dupuis, technicien en informatique et formateur pour Belron Canada.

La navigation est, quant à elle, une expérience hors pair. «J’ai dû travailler sur Mac à cause de mes études et j’étais très sceptique au début, mais j’ai découvert des choses que je n’ai pas pu vivre avec un PC. Par exemple, j’adore la façon d’organiser les choses sur Mac (Exposé, Spaces, le Dock, la fonction des piles de fichiers)», souligne madame Lai. Ces derniers étant des applications permettant de gérer ses fenêtres pour que la navigation se fasse plus rapidement et plus agréablement. Pour un étudiant qui jongle souvent entre le navigateur Internet, le traitement de texte et de multiples PDF, l’organisation du Mac est donc un grand plus. De son côté, le PC reste l’option la plus simple pour la plupart des gens, ceux-ci ayant appris à se servir d’un ordinateur à l’aide d’un PC. Cela explique d’ailleurs pourquoi les entreprises favorisent l’utilisation du PC. Windows permet également une plus grande personnalisation de l’interface, ce qui est un point important à considérer pour les utilisateurs plus expérimentés.

Un autre facteur à considérer est que, puisque le PC domine le marché, il est le grand gagnant de la compatibilité des logiciels. Malgré tout, Gina Lai soutient qu’il y a toujours moyen de parer ces inconvénients avec un peu de persévérance. «J’ai réussi à trouver des logiciels gratuits qui font l’équivalent de ce dont j’avais besoin» précise-t-elle. Le fait qu’il soit désormais possible d’installer Windows sur un Mac et que le contraire ne soit pas possible sur Windows change aussi grandement la donne. «Les nouveaux Mac sont capables d’opérer Windows côte-à-côte avec Mac OS X, ce qui veut dire que les Mac peuvent ainsi utiliser les meilleurs logiciels des deux mondes», nuance monsieur Guimond.

C’est lorsque vient le temps de parler de stabilité de système que Mac excelle, surpassant ainsi  Windows. Gina Lai confirme d’ailleurs que cela constitue une faille du PC. «Ce que je n’aime pas, c’est toutes ces fois où les applications gèlent sans raison et où l’on doit forcer la fermeture de l’appareil» déplore-t-elle. Le Mac, quant à lui, a rarement besoin de redémarrage. Cette différence entre Mac et PC est expliquée par la composition interne de ceux-ci, indique monsieur Guimond. «Les Mac sont faits avec un moins grand choix de pièces, donc généralement ont été assemblés avec des pièces qui interagissent beaucoup mieux ensemble. Le danger avec les PC ordinaires est qu’ils sont souvent faits d’un mélange pêle-mêle de pièces qui peuvent produire des problèmes obscurs de compatibilité.» La compagnie Apple assure une meilleure synthèse des éléments de ses ordinateurs puisqu’elle crée à la fois la machine elle-même et les logiciels qui y sont utilisés.

Pour ce qui est de la sécurité, l’écart n’est plus aussi grand de nos jours qu’à une certaine époque, témoigne le programmeur de Frima Studio. «De nos jours, Windows XP et Windows 7 peuvent rivaliser avec la sécurité et la stabilité de Mac OS X pour un usage courant». Il nuance cependant ses propos en précisant que Windows ne peut être aussi bien entretenu par un utilisateur inexpérimenté. «Windows est un bon choix si les applications sont installées et maintenues par un professionnel ou une personne techniquement compétente. MacOS X est beaucoup plus sécuritaire et stable pour le commun des mortels qui se protège mal contre les virus, installe à peu près n’importe quoi sans réfléchir et répond « oui » à toutes les questions qu’un logiciel lui demande sans savoir ce que cela fait.» Il doit également être concédé à Windows que le grand nombre de PC sur le marché fait de ceux-ci des proies faciles pour les pirates. Les problèmes de sécurité sont donc en partie créés par le fait que la plupart des virus sont destinés au PC.

Par contre, quand les problèmes surviennent, les coûts sont généralement plus élevés pour les utilisateurs du Mac. Ce dernier peut être réparé uniquement par le Apple Store ou par une boutique spécialisée dans le domaine. Du côté du PC, il est souvent possible de se procurer les pièces et de le faire soi-même ou d’aller voir un informaticien. Cela est plus risqué pour un Mac, car la plupart des informaticiens sont formés pour réparer des PC.

La durée de vie ainsi que l’évolutivité d’un Mac sont supérieurs à celle du PC. Chaque version de Windows demande le double de la puissance de la version précédente, ce qui oblige le consommateur à constamment changer ou modifier son ordinateur. Ce qui n’est pas le cas pour Apple qui choisit plutôt d’optimiser ses systèmes d’exploitation, de sorte qu’ils aient une excellente réactivité et ce même sur une vieille machine. Microsoft a d’ailleurs corrigé le tir avec Windows 7, optimisant le système d’exploitation au lieu du contraire. Du côté de l’évolutivité, Apple remporte la palme. Mac OS X possédait les nouvelles caractéristiques de Vista 2 ans avant sa sortie.

Les étudiants qui aiment passer des nuits à procrastiner en jouant en ligne seront probablement déçus par le Mac. À moins dy installer Windows côte-à-côte avec Mac OS X, beaucoup de jeux ne sont pas compatibles. Mac peut concurrencer le PC en matière de jeu, mais pour un prix beaucoup plus important. La différence est d’ailleurs flagrante en comparant des portables qui ont des spécifications techniques semblables. «J’ai déjà vu la différence entre mon Mac et le PC de mon copain en jouant à un jeu multi-joueurs (chacun sur notre portable) et de ce côté, mon portable avait des lacunes comparativement au sien», consent Gina. Apple n’a également pas d’ordinateur destiné spécialement aux joueurs. Les PC offrent un plus grand choix de pièces haut de gamme, qui sont souvent «overclockés pour atteindre des performances qui sont beaucoup plus difficile à obtenir avec un Mac», soutient François. Celui-ci dénote toutefois un bémol dans le monde du jeu vidéo sur ordinateur. «De plus en plus, le monde du PC gaming est en train de mourir. Les consoles de jeux sont beaucoup plus abordables et souffrent beaucoup moins de piratage, ce qui les rend plus attirantes pour les joueurs sérieux et pour les compagnies produisant les jeux.»

Pour ce qui est des artistes, que ce soit pour le montage vidéo, le graphisme, l’audio ou le montage photo, le Mac est de mise pour la plupart des professionnels de l’industrie. Par exemple, Gina Lai s’est procuré un Mac lorsqu’elle a débuté ses études en graphisme. Le PC possède désormais des logiciels permettant d’accomplir ces tâches, mais le rendement des couleurs, la stabilité et l’ergonomie du Mac en font encore une sommité dans le domaine. Tout ceci à l’exception du 3D qui est beaucoup mieux rendu par les PC.

Mac ou PC est, en fait, une question incomplète. Celle-ci devrait plutôt être : Mac, PC ou un système d’exploitation libre de droit comme Linux? Ce dernier est un système d’exploitation gratuit dont le code est accessible à tous; les utilisateurs peuvent donc le modifier à leur guise. C’est d’ailleurs pourquoi il est idéal pour les étudiants en informatique, l’utilisateur expérimenté pouvant adapter le logiciel à son utilisation. « Avec Gentoo Linux, je peux facilement modifier le code source d’un logiciel si je veux lui ajouter un bouton pour rendre une tâche plus facile », s’enthousiasme le programmeur de Frima Studio. Selon Gabriel Dupuis, le monde des logiciels libres a grandement évolué depuis quelques années. « Il est désormais possible pour un utilisateur expérimenté, mais qui n’est pas pour autant un crack de l’informatique de pouvoir travailler avec Ubuntu, par exemple. Installé côte-à-côte avec un système d’exploitation ordinaire comme Windows, il peut être utile pour ceux qui naviguent beaucoup sur le net puisque la probabilité d’attraper un virus sur celui-ci est infime ».

 
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