Francofête et identité politique
8 février 2011
La Francofête termine ses activités par un symposium sur la langue française au Québec et au Canada.

Pour clore la Francofête, un symposium sur la langue et la politique au Canada a été organisé par la Commission des Affaires francophones (CAF) et le Political Science Students’ Association (PSSA). Cette rencontre débutait par une projection des Enfants de la loi 101, suivie d’une discussion sur l’identité canadienne. L’identité canadienne serait définie par des politiques linguistiques.

Mario Polése, professeur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), croit que la loi 101 a été un grand succès pour les Québécois. Il met l’accent sur la hausse de l’immigration des allophones et, avec elle, la tendance à apprendre d’abord l’anglais pour des raisons professionnelles. Le pourcentage de la population francophone diminue sans cesse et les politiciens doivent combattre cette tendance. C’est en 1977 qu’apparaît la loi 101 qui limite l’accès aux écoles anglophones.

Blair Elliott, Le Délit

Anita Aloisio, réalisatrice de documentaires, évoque une véritable crise de l’identité québécoise et dénonce que la «génération sacrifiée», les non-anglophones, n’est pas valorisée comme elle le mérite.

Les enfants de la loi 101 présente le point de vue d’allophones. Offrant les témoignages d’enfants en âge de commencer l’école lorsque la loi 101 est entrée en vigueur, le documentaire vise à explorer en quoi cette loi a profondément changé la dynamique culturelle québécoise, son paysage linguistique et la notion de l’identité québécoise.

Marcus Tabachnick est directeur d’une école primaire anglophone à Montréal. Pour lui, les lois ne peuvent conserver une langue qu’à court terme, le reste «est question d’émotion». Il dénonce cette politique à laquelle la minorité anglophone du Québec n’a fait que survivre en s’exclamant: «Nous ne sommes pas que des chiffres, nous sommes aussi des Québécois». Il déplore que cette minorité soit persécutée à cause de sa langue.

Blair Elliott, Le Délit

Martin Normand occupe une chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université de Montréal. Selon lui, il ne faut pas limiter les débats linguistiques à un conflit entre le Québec et le reste du Canada, car c’est bien un conflit national. Il désigne d’autres communautés francophones à travers le pays, comme les Acadiens ou les Franco-ontariens.

Blair Elliott, Le Délit
Les étudiants avaient également leur mot à dire sur cette question d’identité.

Jack Victor Perl explique qu’il est venu assister au débat, conscient du danger si la langue anglaise prenait le dessus. Il regrette «que ceux qui naissent anglophones, ne soient pas poussés à apprendre d’autres langues, leur langue étant celle d’usage mondial», et il mentionne que «trois de [ses] cinq cours ne sont pas en anglais», car il cherche à aller à contre-courant.

Questionné sur son point de vue concernant l’expansion de la loi 101 aux Cégeps, Aaron Bell affirme que celle-ci «serait très négative et irait à l’encontre de la liberté de jugement». Il ajoute «qu’un élève entrant au Cégep devrait pouvoir décider de sa langue d’instruction».

Si cette discussion venait clore les événements de la Francofête, le débat, lui, reste ouvert.

 
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