Accorder «génie» au féminin
25 janvier 2011
Les facultés de génie et les écoles spécialisées en ingénierie ont résisté à l’assaut universitaire de la gente féminine. Pour combien de temps?

Depuis que les femmes ont accès à l’éducation, le profil étudiant a largement changé dans les universités. Actuellement, la population étudiante est majoritairement composée de femmes, et presque toutes les facultés présentent une proportion plus élevée de femmes que d’hommes. Cependant, la faculté de génie semble être l’exception à cette règle.

Les statistiques publiées sur la page des admissions du site de McGill montrent que, pour l’année scolaire 2009-2010, seuls 636 étudiants sur les 2 813 inscrits au premier cycle sont des femmes. Sandrine Reny, étudiante au premier cycle en génie mécanique à la Polytechnique, affirme qu’au sein de la faculté de génie, la proportion des femmes est très inférieure à celle des hommes. Elle mentionne que certains domaines de génie, comme le génie logiciel, paraissent être complètement mis de côté par les femmes, alors que les domaines «biomédical et chimique doivent être composés entre 50 à 75% d’étudiantes».

Personnellement, Reny n’a jamais eu de difficultés à interagir avec la majorité masculine, mais elle affirme que pendant leur parcours universitaire, toutes les femmes en génie se voient obligées de développer des qualités communes, comme être capable d’«endurer des blagues contre la seule fille présente» ou «s’habituer à participer à des conversations de gars qu’ils ne lanceraient pas s’ils étaient entourés de filles». Reny pense que «les hommes de [sa] génération acceptent quand même bien le fait qu’une femme étudie en génie. Les femmes ont de plus en plus leur place en ingénierie.»

Selon Thierry Aboussouan, étudiant au premier cycle en génie mécanique à McGill, le taux peu élevé de femmes en ingénierie trouve son origine avant la rentrée à l’université. «La société nous envoie des images préconçues de ce que les filles devraient être et des domaines dans lesquels elles devraient étudier. Donc, quand vient le temps d’appliquer à l’université, les filles ont déjà été inconsciemment poussées vers tel ou tel domaine plutôt que d’avoir vraiment songé à toutes les options possibles, le génie étant l’une de ces options.»

À McGill, plusieurs initiatives ont été prises pour intégrer au mieux les femmes dans ce domaine traditionnellement masculin, notamment par le biais du comité P.O.W.E. (Promoting Opportunities for Women in Engineering). Chaque année, ce comité organise plusieurs événements à l’intention des femmes en génie: conférences, réunions «vin et fromage» entre étudiantes et conférencières, campagnes de financements [et] création de réseaux sociaux. Cependant, la plus grande activité organisée dans ce contexte est la «conférence pour les futures femmes en génie» (CFWE). Cette conférence annuelle vise à briser les stéréotypes qui se répandent dans le milieu de l’ingénierie et, ainsi, à encourager les filles, dès l’école secondaire, à poursuivre des études dans ce domaine.

 
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