Gallowayland
29 novembre 2010

Le 17 novembre, George Galloway venait nous entretenir à l’UQÀM de la liberté d’expression et de libération pour l’Afghanistan et la Palestine. Je ne pouvais pas manquer l’occasion.
À peine assise, j’ai eu un avant-goût de ce qui m’attendait. L’homme à ma gauche disait à un ami qu’Agnès Gruda de La Presse était au service du «lobby juif». À ma droite se trouvait un couple de femmes. Quelle délicate ironie de voir ce couple venir faire la cour à des islamistes qui voudraient assurément les voir disparaître.
L’événement a commencé avec une demi-heure de retard. Le maître de cérémonie, Stéphan Corriveau du Bateau Canadien pour Gaza, nous a servi un splendide discours. Il a vertement critiqué la droite qui défend les libertés individuelles en déclarant que la seule liberté qu’elle défendait est celle de faire la guerre. Un peu de recherche lui aurait permis de connaître des instituts tels le Cato Institute, un organisme libertarien américain, qui fait notamment la promotion du retrait des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan. Parmi tous les orateurs, c’est une belle jeune femme qui m’a le plus étonné; Marie Auer-Labonté d’Alternatives, venue parler, keffieh au cou et en jupe, devant une foule de femmes dûment voilées. Qui sait si elle aura toujours le droit d’être si légèrement vêtue dans quarante ans?
Une heure plus tard, George Galloway a pris la parole. Il a eu droit à une ovation. Puis, il a commencé à débiter ses niaiseries. Il a commencé par se présenter comme un champion de la liberté d’expression à cause de son «combat» pour entrer au Canada. Ce combat n’a en fait jamais eu lieu étant donné qu’il n’a jamais été interdit d’accès au Canada. Ne reculant devant rien, et ce après avoir dit qu’il était en faveur de la liberté d’expression, il a exprimé son souhait que les lois contre la diffamation soient utilisées contre le ministre Kenney qui l’aurait prétendument refoulé aux frontières! Ce n’est pas tout. Il a ajouté qu’il était contre la liberté d’expression sans limite!
Il a notamment témoigné son appui aux lois contre la diffamation des religions (lire l’islam). En tentant de se défendre des accusations d’antisémitisme, il a avoué son affection profonde pour les «titanesques génies» Marx et Trotsky (ce dernier disait que «toute opposition signifie mort par inanition»). Autrement dit, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, dans la mesure où lui et sa bande d’autoritaristes sont d’accord.
Il a poursuivi en parlant de l’Afghanistan. Selon lui, l’OTAN est la puissance colonisatrice. Il faut dire qu’il ne fallait pas s’attendre à mieux de quelqu’un qui disait que les Talibans ne sont pas ses ennemis! Par contre, il s’est empressé de dire qu’il était entièrement derrière les droits des gays et des femmes. L’odeur d’hypocrisie commençait sérieusement à me brûler les narines.
Finalement, il est arrivé au point le plus important de son discours; la Palestine. Il a prétendu que le Hamas avait été démocratiquement élu et que la communauté internationale se devait de respecter le choix des Palestiniens. Il a totalement négligé le fait que ce «parti» a mené un violent putsch contre le Fatah en 2007. Il a aussi eu le culot de dire que le terrorisme était causé par l’État hébreu et l’Occident. L’islam radical, dans son imaginaire, n’y est pour rien. Pourtant, une petite lecture de la charte du Hamas lui aurait permis de découvrir que ce parti, bras palestinien des Frères Musulmans, est profondément ancré dans la haine des Juifs.
Cet homme vit dans un déni total de la réalité. Pour lui, Ahmadinejad ne veut pas détruire Israël. Lorsque je lui ai demandé, sous les huées, d’expliquer pourquoi il assistait à des événements organisés par des organismes affiliés aux Frères Musulmans, une organisation pro-charia (donc anti-gay et misogyne), il a simplement esquivé la question en prétendant qu’il n’y avait aucun membre des Frères Musulmans dans la salle.
Vous doutez encore de la folie des gens présents? Les organisateurs ont réussi à récolter des milliers de dollars pour le Bateau Canadien pour Gaza. Ce bateau se veut être une deuxième flottille de la «paix». Cette flottille avait été organisée par l’IHH, un groupe turc associé au Hamas et parrainé par les Frères Musulmans.
J’oubliais, Amir Khadir a fait une apparition. Imaginez si un député conservateur était présent à un événement où on faisait l’apologie de Mussolini. Il devrait démissionner.
Je suis sorti de cet événement, en entendant encore le maître de cérémonie crier «Palestine libre!» plus amoureux de ma liberté et de la démocratie que jamais.
Vous savez pourquoi? Parce que George Galloway a perdu son siège.

 
Sur le même sujet: