La traite humaine
10 novembre 2010
Amnesty McGill, un chapitre universitaire de l’organisation internationale des droits de l’homme, a organisé une discussion et une séance sur le sujet de la traite des être humains.

Mercredi soir dernier (3 novembre) – Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), est venue à McGill pour discuter de la problématique internationale de la traite des êtres humains. Les victimes sont involontairement incorporées dans ce système par toutes sortes de méthodes, parmi lesquelles la tromperie et l’enlèvement. Dans la plupart des cas, les auteurs détiennent les informations personnelles de la victime –son adresse, son identité, l’identité de ses proches– pour l’empêcher de fuir ou de dénoncer le système aux autorités policières. C’est de l’esclavage moderne.

Pour contrer cette menace envers les personnes les plus vulnérables, 117 pays ont adopté un protocole en 2003 pour prévenir, supprimer et punir des actes de traite, reconnaissant ainsi la problématique mondiale. «Which tells you right away that they’re approaching not from a human rights perspective but from a perspective of crime», avertit Janet Dench. D’après elle, ce protocole met l’accent sur la poursuite des criminels plutôt que sur la protection des victimes.

Madame Dench a aussi illustré les situations difficiles dans lesquelles les victimes se trouvent lors de la dénonciation du système à l’autorité publique. Elle donne l’exemple d’une femme philippine exploitée au Canada et forcée de fournir des services domestiques pour une famille. Son passeport lui a été confisqué, elle n’est pas payée et elle ne connaît ni la langue du pays ni d’autres personnes qui pourraient l’aider. Elle est complètement vulnérable. Par chance, elle parvient à se mettre en contact avec une avocate et avec le bureau d’immigration. «Well you’re not here legally in this country. We’re going to have to deport you», dit Janet Dench, en imitant le bureau d’immigration. Elle explique que l’avocate devait se battre pour que la femme puisse obtenir au moins deux semaines pour pouvoir réclamer l’argent qu’elle aurait dû gagner durant sa période de traite. «So that gives you an example of the way in which law is in fact favouring the traffickers.»

De plus, les réglementations du bureau d’immigration spécifient que, pourvu qu’il y ait suspicion de traite, il y a raison de détenir la victime. En effet, la loi cherche à détenir et à expulser les victimes à la fois.

Mais de quelle manière une victime peut-elle être aidée? C’est bien la question que le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) se pose. «What do we do if the law doesn’t protect the person. How can you help them?» Il s’agit d’aider et de protéger la victime par la loi. Le CCR a fait une proposition pour une modification législative. Elle prévoit qu’un statut temporaire soit fourni immédiatement aux victimes d’esclavage. Ce temps devrait permettre à la victime de considérer ses options: si elle veut rentrer dans son pays d’origine dignement sans avoir été expulsée, ou bien s’elle veut rester au Canada et avoir donc la possibilité de demander un visa. Une telle modification législative, selon Madame Dench, assura la protection des personnes victimes d’esclavage.

«I didn’t know anything about human trafficking», explique Jiles Ayers, vice-président finance du club Amnesty McGill, «When I was listening to Mrs. Dench speak, it was very informative for me.» Amnesty McGill est une branche universitaire d’Amnesty International, une des plus grandes organisations de défense des droits de l’Homme. Les jeunes universitaires d’Amnesty McGill ont organisé cet événement. «We wanted to do an event focused on global human traficking since it’s an enormous problem» explique Ayers. «We hoped to raise awareness for a bunch of the issues that we wanted to talk about and I think we definitely did.»

 
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