Six au Gesù
5 octobre 2010
Claire Pelletier a récemment présenté son nouvel album, le sixième en trente ans de carrière, dans la salle du Gesù.

Lorsque Claire Pelletier joue «Le jour n’en finit plus», la première chanson de son nouvel album Six, la scène baigne dans une lumière dorée qui vire au bleu métallique accentuant la couleur de sa guitare électrique. La compositrice-interprète a fait son apparition vêtue d’un haut scintillant et de bottes noires, le sourire aux lèvres.

Cela fait trente ans que Claire Pelletier se produit sur scène avec son complice de tous les jours, Pierre Duchesne. Mais pour la première fois, trois choristes les accompagnent, ce qui permet au groupe de chanter certaines chansons a cappella, notamment «Le vaisseau fantôme», dans lequel la chanteuse dévoile ses souvenirs d’enfance. La pratique du guzheng, un instrument chinois, met en valeur l’admiration et l’émerveillement pour cette période de la vie, tout en apportant une touche asiatique surprenante qui provoque une harmonie musicale exceptionnelle. Claire Pelletier a le pouvoir de faire voyager le public au son de sa voix chaude et au rythme de ses mélodies tantôt enivrantes, tantôt planantes et toujours entraînantes. Elle existe sur scène à travers sa musique, laissant paraître dans ses yeux une sincérité déconcertante.

L’album Six évoque le thème du désenchantement et raconte des tragédies humaines et écologiques. Malgré ces sujets pour le moins tragiques, ses paroles sont porteuses d’espoir, espoir qu’elle reconnaît principalement dans le regard lumineux des enfants: «le soleil et l’amour ayant été crées pour ces yeux là». La mélancolie nous entraîne dans notre propre mémoire. Les thèmes de l’enfance et de l’émerveillement sont repris lorsque la chanteuse évoque Kamouraska, sa ville natale.

Le contact avec le public est naturel, la chanteuse est à l’aise, présente ses musiciens avec affection et taquinerie et suscite des rires lorsqu’elle partage quelques anecdotes. Le public se montre à son tour très enthousiaste, lui offrant une ovation après son interprétation de «Trop loin d’Irlande», une chanson devenue un classique de son répertoire, qu’elle prend le soin de dédier à sa fille Lysandre, sur le point de la faire grand-mère.

À la sortie de ce concert donné dans une des plus belles salles de Montréal, on éprouve une réelle paix intérieure. Claire Pelletier a su trouver un équilibre entre misère et espoir, mélancolie et admiration du monde. Le tout sur des mélodies touchantes se mariant à sa voix puissante, pénétrante et d’une douceur éternelle. Au bout de trente ans de carrière, Claire Pelletier se montre sereine et épanouie. Son caractère doux, taquin et sincère apporte à sa musique une dimension très personnelle capable de toucher les spectateurs au plus profond d’eux-mêmes.

 
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