Des J.O… où les minorités se font bien visibles!
2 mars 2010
Un Ghanéen au slalom géant? Vraiment!? Notre envoyée spéciale à Vancouver a assisté à l’épreuve la plus multiethnique de l’histoire des Jeux d’hiver.

À Whistler, le slalom géant hommes est une expérience bien à l’image de la diversité canadienne. Aux XXe Jeux Olympiques d’hiver, mardi dernier, les annonceurs ont fièrement présenté les concurrents de l’événement le plus multiethnique des Jeux. Inde, Azerbaïdjan, Sénégal, Iran, Bosnie-Herzégovine, Liban… et, pour la première fois dans l’histoire des Jeux d’hiver, même les Îles Caïmans et le Pérou étaient représentés! Il y avait au moins un athlète de tous ces pays prêt à affronter le parcours de slalom géant hommes. C’est maintenant de plus en plus fréquent: des skieurs binationaux représentent les plus petites nations, ou des skieurs de ces nations s’entraînent à l’étranger.

Si j’ai eu la chance d’assister à cette épreuve, et de passer ma semaine de relâche dans l’Ouest canadien, c’est parce que mon frère skie sous la bannière libanaise. J’ai donc saisi l’occasion pour partager mon expérience en tant que partisane d’une équipe minoritaire! Déjà les jours précédant l’épreuve, en ski libre, on s’échangeait des «Go Croatia!», «Wow Slovenia!», «Yeah Lebanon!», chacun identifiable par sa combinaison, un drapeau attaché comme une cape, ou tout simplement une écharpe ou un bonnet. Mais c’est vraiment chez les spectateurs, pendant la course, que l’on a ressenti l’ambiance cosmopolite de ces Jeux. Le public a fait véritablement honneur à tous les concurrents. Au passage des meilleurs skieurs suisses, norvégiens, italiens ou français, comme à la vue des skieurs pakistanais, moldaves, brésiliens, la foule sonnait les cloches, lançait des encouragements, applaudissait la performance sportive. Comme l’a remarqué ma famille, le public canadien est vraiment incroyablement fair-play. Pour supporter activement l’équipe libanaise, nous portions tee-shirts, écharpes et bonnets à l’effigie du pays. Les spectateurs qui ont reconnu le drapeau nous ont demandé, tout sourire: «Le Liban, vraiment!?». De nombreux curieux sont venus s’informer sur l’origine de nos couleurs. Cette ouverture d’esprit et cet enjouement témoignent clairement de l’ouverture culturelle canadienne.

La diversité culturelle semble s’être attirée plus d’un supporter. Entre autres, un journal australien a dédié un article au plus vieux skieur de la course, un mexicain de 51 ans, et aux deux plus jeunes, l’un péruvien, l’autre libanais. On se permettra quand même d’exprimer un petit «hic»: lors de la deuxième manche du slalom, les présentateurs ont annoncé le vainqueur à peine les premiers trente skieurs passés. Ce qui, avec l’aide de la pluie, a fait décliner l’attention du public bien avant le deuxième passage des dossards 31 à 103. Ce choix médiatique a dissout quelque peu l’atmosphère. Cependant, le défilé des nationalités se poursuit de plus belle: samedi le 27, pour le slalom géant hommes, un skieur ghanéen a rejoint le groupe.

Ce skieur, monté pour la première fois sur des skis il y a seulement 6 ans en Grande- Bretagne, se fait maintenant appeler «Snow Leopard»! Si les Jeux Olympiques ont été pendant longtemps l’affaire intime de quelques puissants pays Occidentaux, Vancouver a réussi à leur donner un véritable visage universel, qu’on espère voir s’étendre et s’épanouir aux prochains J.O. d’été à Londres!

 
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