Le fléau invisible
24 novembre 2009
Le Délit a assisté à la semaine mondiale du VIH/sida qui se déroulait du 16 au 20 novembre, un événement organisé par la McGill Global AIDS Coalition (MGAC).

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 33 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH. Le problème est toujours actuel, les débats éthiques brûlants et les opinions divergentes. Pour cette raison, la McGill Global AIDS Coalition (MGAC) à organisé la World Aids Week, qui s’est déroulée du 16 au 20 novembre dernier à McGill. Le Délit vous propose un compte-rendu du déroulement de la semaine.

Une lutte loin d’être terminée

«I’m HIV positive» –voilà le slogan des t-shirts vendus par la MGAC pour l’occasion. La phrase à la fois dérangeante et provocante a été choisie non sans raison: le sida porte plusieurs visages, le virus frappe sans distinction, et nous sommes tous concernés par le problème.

L’Université McGill, qui se présente fièrement comme étant la meilleure université au Canada dans le domaine médical, «peut jouer un rôle important dans la lutte contre le sida», selon Stephanie Law, coordonatrice au site web de MGAC. Mais pour ce faire, il faut rendre possible et équitable l’accès aux résultats des recherches scientifiques et aux médicaments, comme ceux pour le VIH/sida, aux pays en développement. Pour cette raison, la défense du droit à l’accès équitable aux technologies qui sauvent des vies est le cheval de bataille du regroupement MGAC et ce, depuis près de 2 ans.

Outre la question des droits équitables, la World Aids Week à McGill avait comme principal sujet le problème du sida à l’échelle locale, et avec raison: avec l’arrivée des antirétroviraux et l’espérance de vie rallongée, le sujet du VIH attire moins l’attention et a même tendance à être oublié. Mais comme l’affirme Joane Nakamura, coordonatrice médias à MGAC: «il faut toujours travailler à éliminer les tabous et préjugés et en parler, puisque c’est toujours présent dans la communauté et il y a encore beaucoup de travail à faire.»

Une semaine qui pousse à réfléchir

La World AIDS Week s’est révélée chargée d’événements intéressants, controversés et informatifs. À la conférence de mardi sur le sida dans la communauté montréalaise, Jean-François Mary, de l’organisme CACTUS, discutait des enjeux reliés à l’établissement de sites d’injection supervisés, ainsi que des tendances dans les modes de transmission du VIH dans la communauté. Pour les lecteurs moins familiers avec l’organisme, CACTUS intervient depuis vingt ans auprès des jeunes de la rue, des toxicomanes et des travailleurs et travailleuses du sexe pour aider à prévenir la transmission des infections causées par le partage de seringues.

L’action de CACTUS se base sur plusieurs constats. D’un côté, les cas d’infection au VIH pourraient probablement être éliminés en faisant des tests de dépistage précoces, les cas de personnes nouvellement infectées étant les plus virulents, selon le Dr. Bluma Brenner, panéliste et chercheuse au Centre de recherche sur le sida de l’Hôpital Général Juif. Quant à la poursuite des recherches visant la fabrication d’un vaccin potentiel contre le sida, cela apparait aux yeux du Dr. Bluma comme étant clairement impossible, et l’argent qui y est dépensé pourrait être utilisé à de meilleures fins, selon elle.

Autre débat important durant la World AIDS Week: celui sur la criminalisation du VIH. Les trois panélistes présents semblaient s’entendre sur le fait que la criminalisation serait une mauvaise chose, et que ça n’est aucunement une incitation à un comportement plus sensé et sécuritaire. Toutefois, plusieurs questions éthiques et notions restent indéterminées, comme les conditions qui en font un crime.

Afin d’égayer la fin de cette semaine à la programmation chargée, une soirée de danse et de musique a eu lieu jeudi, de même qu’une conférence donnée par Donna Barry de «Partners in Health» qui a parlé vendredi de la nécessité de traiter la maladie avec humanité.

Pour signer la pétition du MGAC pour l’accès équitable aux médicaments et avancées scientifiques : http://treatthepeople.com

 
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