Plate, la bouffe canadienne?
2 décembre 2008

Loin de moi l’idée de critiquer la gastronomie canadienne. Mais il me semble que «fine cuisine indienne» ou «grande gastronomie méditerranéenne», c’est un tantinet plus crédible que «les plaisirs du palais canadien», non? Il n’en reste pas moins, sans se lancer dans quelque débat politique que ce soit, que les Québécois, et leurs palais de surcroît, n’ont jamais fait comme le reste du pays. C’est un peu pour ça, j’ose penser, que nous avons la poutine et que la majorité bibitive se situe à dix-huit plutôt qu’à dix-neuf ans. Ainsi, Montréal est semble-t-il à l’image de la Belle Province et fait honteusement mentir tous les spécialistes de la papille gustative qui oseraient placer le Canada au plus bas du classement gastronomique mondial.

D’ailleurs, Alana, Australienne de Sydney et apprentie gastronome à ses heures, pourrait convaincre en moins de temps qu’il ne faut pour dire fourchette le plus convaincu des dénigreurs de la cuisine canadienne. Ou tout au moins, grâce à son «Top 5» des meilleurs plans bouffe de Montréal, elle réussirait à faire de notre belle métropole l’exception qui confirme la règle.

Premier arrêt. Du neuf avec du vieux, un classique avec un grand C, Alana recommande une bonne poutine bien lourde de chez Patati-Patata, sur le Plateau. «C’est un endroit sympa, j’y ai été quand je suis arrivée au tout début.» Alana loooves la poutine, mais essaie apparemment de couper – un peu – les quantités, forme athlétique oblige.

Pour la suite du programme, même si elle admet ne pas avoir de très bonnes habitudes alimentaires dans sa ville d’échange, Alana conseille le «Chuch», un super resto «végé» de la rue Saint-Denis. Et pour les carnivores purs et durs, le menu offre du faux poulet servi dans une mer de légumes. Parfait pour la panse et la bonne conscience.

Troisième arrêt. Encore une fois situé sur le Plateau, il y a moyen de casser la croûte dans un étrange endroit médiéval, dont elle ne peut se rappeler le nom. Tout le monde est habillé comme au Moyen Âge et on y sert de la viande à n’en plus finir. «Le menu nous est proposé en pointant des animaux empaillés, on nous hurle dessus si l’on répond à son cellulaire, c’est incroyable!». La bouffe n’est pas mauvaise, mais le cadre peu orthodoxe est l’élément clé.

Dans un tout autre registre, le chic Laloux, sur l’avenue des Pins, offre un délicieux lunch un peu plus abordable que le reste de sa carte (40$!). Un repas cinq services, une cuisine raffinée avec «des trucs qu’on ne fait jamais à la maison, des desserts multi-étages». Excellent.

Dernière étape. Son coup de cœur, c’est O Noir sur Sainte-Catherine. Mangeant dans un endroit plongé dans un noir abyssal, et servie par un aveugle, Alana a adoré l’expérience. Elle est allée avec un groupe d’étudiants et était assise à côté de personnes qu’elle rencontrait pour la première fois dans le noir le plus complet. «C’était formidable de rencontrer des gens sans pouvoir les juger sur leur apparence, mais seulement sur leur voix, sur la teneur de la conversation.»  La nourriture est pas mal, mais il faut plutôt y aller pour le trip de «prendre sa bouffe avec ses mains et lécher ses plats pour essayer de deviner ce qu’il y avait dedans!»

Et voilà comment faire de Montréal, en deux ou trois bouchées, un délicieux buffet gastronomique! Comme quoi il semble que la scène des plaisirs de la chair montréalaise est loin d’être fade. Les stéréotypes de «platitude culinaire», laissons-les donc à nos concitoyens hors des frontières de notre succulente métropole!

 
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