Changer le monde avec un sourire?
25 novembre 2008

Justin Trudeau l’a confié comme une fleur à Nathalie Petrowski dans La Presse du 15 novembre: il croit, «même si c’est simpliste de le dire, qu’on peut changer le monde avec un sourire». Mais pas n’importe lequel. Le sourire de Justin («hérité de sa mère, Margaret») est une arme de persuasion massive  –et je n’ai même pas besoin de vous parler du reste de l’artillerie: «ses six pieds athlétiques, ses yeux bleus océan Pacifique» et «sa crinière noire»… Quel homme! Nathalie n’en a pas pour autant déposé les armes: «À voir l’état du monde en ce moment, Justin Trudeau va devoir sourire à s’en décrocher la mâchoire pendant cent ans s’il veut changer quoi que ce soit».

Un VRAI sourire, qu’on se le dise, ça vous illumine une journée. C’est comme un VRAI café: ça vous réchauffe et surtout, ça vous requinque.
L’ennui, c’est qu’au Québec en ce moment, des sourires à la Justin, y’en a partout. Ce sont des sourires de politiciens. Levez les yeux et vous tomberez forcément sur un visage souriant qui veut changer le monde. Petit Jean sourit en disant: «Le pouvoir d’abord, oui!» Super Mario sourit en disant: «Pour une économie gagnante.» Même la grande Pauline sourit en disant: «Donnez-vous le Québec»… À moins que je ne fasse erreur – oh s’cusez, j’suis complètement mêlé! Passons. De toute façon ce ne sont que des slogans. Des sourires réchauffés sur panneaux glacés. Nos partis ont beau avoir sorti la grosse quincaillerie, moi je n’y trouve rien qui requinque. Qu’est-ce qu’ils nous servent, nos chefs? D’un côté, on a l’«appassionato latte» de Pauline (même le nom sonne snob), de l’autre le «lait aromatisé» de Mario (qui se prend pour Obama), et au milieu le «café du jour» de Jean (franchement, boire du jus de chaussette pour garder mes bas de laine, c’est bof). Et en plus on nous bassine que les soldes, c’est fini: plus question d’un «deux ou trois pour le prix d’un» – merde! En fin de compte, je préfère les décorations de Noël. Le p’tit Jésus est vraisemblablement né en pleurant, mais il a quand même changé le monde. Et puis on lui a déjà cloué le bec.

Trêve de conneries: il est où le fusil !? Le 8 décembre, j’ai comme une envie de changer le monde en tirant… la gueule.

Mais c’est triste, et j’espère être le seul.

 
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