De la force des médias
11 novembre 2008

«Les médias sont les institutions les plus puissantes de la planète. Plus fortes qu’une bombe ou qu’un missile du Pentagone. Il faut se les réapproprier, car c’est là que se déroule le débat et il faut que cela se passe sous une forme qui ne vise pas à promouvoir les agendas corporatifs.»

Quelques jours avant la Semaine étudiante du journalisme, organisée actuellement par Le Délit et le Daily, ces mots d’Amy Goodman venaient à point nommé. Invitée à McGill par la radio communautaire CKUT, Goodman s’est exprimée vendredi dernier devant un amphithéâtre plein à craquer. La journaliste américaine, présentatrice et fondatrice de l’émission télévisée et radiodiffusée Democracy Now, a défini pour nous le rôle que doivent jouer aujourd’hui  les médias dans la couverture des élections et de la guerre. Son puissant appel vise à la réappropriation de la sphère publique.

Ce n’est pas un hasard si Goodman a entamé son discours par le rappel qu’Obama était, à l’origine, un organisateur communautaire, qui maîtrise par conséquent la clé de tout: la communication. Tout en saluant sa capacité à rassembler, Goodman a souligné la sophistication de l’effort de mobilisation mené par l’entourage du candidat, qui l’a porté au pouvoir. Elle a cependant souligné le tournant que prend aujourd’hui la situation: «Il y a ces gens qui se sont organisés contre l’État pour élire Barack Obama; et aujourd’hui, l’État, c’est lui.»

Forte de ce constat, elle a lancé que «les mouvements grassroots sont plus importants que jamais» pour faire pression et décider de l’orientation que prendra ce mandat. Venant de cette figure de proue des médias alternatifs, le message était clair: celui de faire pression sur les dirigeants et d’entretenir le débat dans un espace médiatique libre, dont le discours sort des voies de communication traditionnelles, détenues par les grandes corporations. Il s’agit pour elle d’entretenir un «contre-pouvoir, sans lequel les choses ne pourront pas réellement changer.»

Ce message rappelle que les publications-sœurs que sont Le Délit et le McGill Daily sont des plumes indépendantes de l’université. Elles ont par conséquent le mandat de permettre à ce discours d’avoir lieu. Cela nécessite certes vos voix, mais requiert aussi que nous mettions à la disposition de ceux qui voient leur avenir dans le journalisme les outils qui leur permettront de se faire entendre.

C’est pourquoi nous profitons de ces pages pour vous inviter à assister aux événements organisés dans le cadre de la Semaine du journalisme.  Les panels sont l’occasion de rencontrer des professionnels et de profiter des éclaircissements qu’ils peuvent vous apporter. Les ateliers du jeudi offrent également la possibilité de se familiariser avec les techniques de la presse, tant en ce qui a trait à l’écriture qu’à la photographie ou à la mise en page. Des représentants de la radio CKUT et de TVMcGill se joignent également à nous pour offrir des ateliers dans leurs domaines.

Le Délit recevra quant à lui un panel francophone avec Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir, et Pierre Shanks, chef de pupitre à Radio-Canada. Sous la forme d’une discussion, ces deux professionnels partageront leur parcours journalistique et vous offriront une occasion privilégiée de poser des questions.  Profitez-en!

 
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