Phénomène Jain
25 octobre 2016 - Image par Capucine Laurier
Jain a su créer un son, une image, et une ambiance qui lui sont propres.

Jain, c’est la découverte de l’année en France. Son album Zanaka, certifié double platine la semaine dernière, arrivé en 6e position sur les chartes d’écoute, est un mélange magnifique de sons divers. Un peu d’électro, un peu de ska, un peu de reggae, un peu d’afrobeats, le tout chanté en anglais par une française… c’est un assortiment improbable d’influences variées. Le 14 octobre, elle était à Montréal dans le cadre de sa tournée nord-américaine. Son concert au National affichait complet.

Jain, un son qui n’appartient qu’à elle

Enregistrant sa voix plusieurs fois à l’aide de loops, elle crée un environnement sonore complexe et profond. Les pistes se chevauchent et s’harmonisent les unes avec les autres pour créer un fond à plusieurs tonalités. Ajoutez à cela des percussions rapides, des instrumentales, le son de sa guitare, et vous avez des morceaux groovy et entrainants.

Son tube «Come» témoigne de son univers stylistique particulier. Il commence sobrement au son de quelques accords grattés sur sa guitare. Mais dès qu’arrive le refrain, la voix de la chanteuse est décuplée et entonne un chant rythmé. Au fur et à mesure qu’avance la chanson, des pistes de cuivres s’ajoutent pour finir avec un son plein, mélangeant éléments modernes et occidentaux avec des résonances classiques et africaines.

Jain, un style décalé

En plus de sa musique, Jain est un personnage. Invariablement vêtue d’un col Claudine lors de ses apparences publiques, elle s’affiche en jeune fille sage du début du 20e siècle. Lorsqu’elle arrive sur scène, largement applaudie par le public, elle se montre touchée avec une sincérité flagrante. Sans exception, lorsqu’elle demande aux spectateurs de chanter et de danser, elle finit ses phrases par «s’il-vous-plaît» et les remercie de leur enthousiasme. Mais, l’habit ne faisant pas le moine, ce personnage s’évapore lorsque commence la musique.

Jain, une ambiance

Ne vous laissez pas prendre au piège! Malgré ses apparences de bonne fille sage, lorsque Jain est sur scène, elle sait créer l’ambiance qu’elle souhaite. Elle saute, danse, lève les bras, et le public la suit. Chaque fois qu’elle commence une nouvelle chanson, la salle, conquise, bouge au son de la musique. Elle sait jouer avec le public, en lui demandant de battre le rythme en tapant dans ses mains, de s’accroupir pour ensuite sauter à l’unisson lorsque commence le refrain, ou en enregistrant les voix du premier rang pour son loop.

Quand elle le souhaite, elle peut aussi faire sortir des émotions plus profondes. Lorsqu’elle chante «Paris» par exemple, chanson non-enregistrée qui rend hommage à la ville qui a été le théâtre d’attaques terroristes le 13 novembre 2015, le public commémore avec elle ces événements dont chacun de nous se souvient. Un briquet levé ou faisant le signe de paix avec l’index et le majeur, tous sont émus en écoutant le bruit du micro qu’elle frappe contre sa poitrine pour imiter un battement de cœur.

Son premier album est disponible partout et on ne peut trop vous conseiller de vous le procurer. Vous y trouverez tous ses tubes qui passent en boucle sur les ondes françaises depuis des mois. On attend avec impatience le prochain, pour continuer à découvrir cette chanteuse qui a sans doute une longue carrière devant elle.

 
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