Le phénomène du chiffre 23…
18 janvier 2011
... ou comment remédier à une couverture médiatique médiocre.

Mass Animal Deaths: voilà le nom d’une nouvelle carte publiée tout récemment sur Google. Celle-ci situe précisément tous les endroits sur le globe où on a pu assister à des morts massives d’animaux. Cette carte est visiblement le résultat d’une tendance que je surnomme «le phénomène du chiffre 23». Cette expression provient de l’ouvrage cinématographique du même nom dans lequel le protagoniste principal associe soudainement tout ce qui croise son chemin au chiffre 23. Très loin de vouloir dénigrer cette initiative, bien qu’elle soit un tantinet cocasse, je tenterai plutôt d’expliquer sa raison d’être.

Lorsque des oiseaux tombaient par milliers dans le ciel de Beepee, un petit village des États-Unis situé en Arkansas, les médias se sont précipités pour nous communiquer la nouvelle. «Communiquer» puisque les médias n’en ont fait rien de plus. Tous alimentés par la même source, ils ont suivi la danse en offrant tout d’abord une hypothèse complètement ridicule: les feux d’artifices du nouvel an à Beepee auraient causé l’hécatombe. La seule stratégie en mesure de convaincre des milliers de personnes de cette hypothèse était que tous les médias la clament en choeur.

Cette mascarade prouve que la diversité des sources est primordiale. Ceci, en plus de la vitesse incroyable à laquelle les informations se propagent, démontre que le journalisme d’investigation n’est plus. Comment peut-on se dire journaliste et tenir pour responsables des événements pyrotechniques de la mort de ces milliers d’animaux? La seule réponse plausible est celle-ci: les médias se contentent de répéter!
Une investigation plus développée ne s’est faite qu’à la suite du renouvellement du phénomène en question, comme si la mort de milliers doiseaux ne valait pas la peine de se creuser les méninges en premier lieu. En regardant simplement les reportages d’un oeil critique, sans faire de recherches, plusieurs faits sont d’évidentes incohérences. Ainsi, si les feux d’artifices tuaient les oiseaux, nous aurions beaucoup plus de carnages à notre actif! De plus, il faut noter cette fameuse photo d’un homme, digne d’un remake d’E.T, vêtu d’un vêtement de protection blanc et d’un masque à gaz, cueillant des oiseaux morts. Du véritable sensationnalisme. Trop de précautions pour des oiseaux tués par des feux d’artifices.

Faute d’informations, des gens d’un peu partout dans le monde ont décidé de creuser le phénomène, d’où la fameuse carte de Google. Il est plutôt difficile de blâmer ces individus qui soutiennent des thèses comme celles de complots du gouvernement américain, de l’approche de la fin du monde, d’un lien étroit entre toutes les morts massives d’espèce animales à travers le monde. Ces thèses ont, au moins, le mérite d’être plus développées que celles qui sont présentées dans les médias, aussi inusitées puissent-t-elles être.

Offrez-nous de l’information juste et réaliste, ou admettez votre ignorance!

Je pense que la mort massive d’animaux n’est pas forcément un phénomène anormal. De tels événements ont déjà eu lieu à maintes reprises dans des régions au Nord peu habitées, mais puisque c’est arrivé à Beepee, les médias se sont sentis pressés de trouver des explications. L’hécatombe doit cependant susciter une interrogation sur la viabilité de l’environnement dans lequel les espèces évoluent.

 
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