Les spots du centre-ville expliqués
25 octobre 2011
Le Musée d’art contemporain présente la Triennale québécoise 2011, une exposition vivante et dynamique.

Sans aucun doute, quatre millions de Montréalais auront remarqué le méli-mélo de faisceaux lumineux provenant de la place des Festivals qui donne du charme à la grisaille d’Octobre. Intersection articulée est l’œuvre de Rafael Lozano-Hemmer et fait partie de La Triennale québécoise, évènement grandiose organisé par le Musée d’art contemporain. Moins visible, mais tout aussi intéressante, la Triennale présente l’exposition «Le travail qui nous attend» jusqu’au 3 janvier.

Crédit photo: Richard-Max Tremblay

Cette exposition est le fruit du travail de cinq conservateurs de musée: Marie Fraser, Mark Lanctôt, Lesley Johnstone, François LeTourneux et Louise Simard. Leur expertise a permis de mettre en place une exposition qui rime avec vitalité, nouveauté et curiosité. L’étrange bar, par exemple, formé à partir d’un bateau construit en 1952 et placé à l’entrée du musée intrigue et aspire à une certaine convivialité. Dean Baldwin cherche en effet à jouer le rôle de l’hôte grâce à Ship in the Bottle, notamment à travers la vente d’une certaine quantité de vin, gin, whisky et autres alcools en tous genres.

Le deuxième étage est un véritable labyrinthe d’œuvres incongrues et ingénieuses qui laissent pantois ses observateurs. On y trouve des courts-métrages qui explorent le thème du travail mais aussi des sculptures, collages, peintures et bien d’autres encore. Le jeune artiste québécois Mathieu Latulippe propose, quant à lui, diverses maquettes qui ont la particularité de cacher des façades et des passages secrets. L’artiste joue sur le fait qu’il y a au moins deux façons de voir toute chose dans la vie et qu’il y a toujours plusieurs niveaux d’interprétation. Plus concrètement, ce qui paraît être une belle tombe blanche à l’entrée de la salle dédiée à Mathieu Latulippe révèle en fait la maquette d’un monument pharaonique. Mais c’est surtout le travail d’environ cinquante artistes venant d’horizons très différents qui a permis de rendre cet étage éblouissant. On pourrait supposer que la plupart des productions sont issues de mouvements tels que le modernisme ou le constructivisme, mais la véritable identité de chacune d’entre elles réside dans leur originalité, leur fraicheur, et dans les questions que celles-ci soulèvent.

Le sous-sol du musée abrite une pratique artistique pour le moins dynamique et entraînante: «Le live». Les performances diverses et variées qui y prennent place créent un lien direct avec le public et souligne la relation qui existe entre la musique et les arts visuels. À ne pas rater: la prestation de Tim Hecker (le 9 novembre à 19h30), un artiste et compositeur qui a développé un style qualifié de «cathedral electronic music». Pour ajouter à l’originalité, l’artiste joue généralement dans le noir le plus complet, ce qui permet aux spectateurs de découvrir une musique omniprésente et envoûtante.

La Triennale québécoise n’a donc pas chômé depuis l’édition de 2008. Elle laisse une question en suspens qui ne doit pas faire peur mais plutôt encourager à innover, créer, construire et embellir. Sachant que chaque décision prise aujourd’hui est décisive pour le futur, quel est le travail qui nous attend?

 
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