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	<title>Archives des 2023-03-29 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2023-03-29/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Sep 2023 05:57:08 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>De la tentation à l’addiction</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/de-la-tentation-a-laddiction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Addiction]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec une personne accro aux vidéos pornographiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/de-la-tentation-a-laddiction/" data-wpel-link="internal">De la tentation à l’addiction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les services de santé mentale canadiens, dont <em>Better help</em>, ont développé des programmes et formé des professionnels pour aider ceux qui souffrent d’une addiction à la pornographie. Cette dernière est qualifiée par l’OMS d’<a href="https://gaeconseil.fr/addictions-2/tout-savoir-sur-laddiction-au-porno/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">addiction comportementale</a>, tout comme les troubles du comportement alimentaire (TCA : boulimie, anorexie, hyperphagie). Cette addiction se caractérise par une consommation excessive et chronophage de contenu pornographique au point qu’elle impacte les relations avec son corps et avec les autres. <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec un étudiant de l’Université McGill pour qu’il nous parle de son parcours entre l’addiction aux vidéos pornographiques et l’auto-régulation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Délit (LD)</strong> : <em>Quand as-tu su que tu avais un problème avec la consommation de contenu pornographique?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emmanuel</strong>* : Tout a débuté pendant l’été 2022, alors que j’étais en pleine interaction sexuelle avec une femme, et je voyais que mon excitation mentale ne se traduisait pas physiquement. Je me suis rendu compte que la vraie vie m’excitait moins que le virtuel. Le semestre qui a suivi, j’ai essayé de diminuer ma consommation de pornographie et j’ai voulu analyser mon rapport avec cette activité. En fait, j’ai noté que souvent je me masturbais par habitude et non par plaisir. Je me masturbais tous les jours à la même heure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD </strong>: <em>Comment as-tu arrêté? Comment t’es-tu senti pendant le sevrage?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emmanuel</strong> : Je ne pense pas être complètement accro au sens médical. Je pense que j’ai eu une relation abusive avec la pornographie pendant plusieurs années, mais je ne sais pas si le terme « sevrage » est vraiment approprié. Je parle plutôt de diminution drastique de consommation ou de vigilance par rapport à mon usage des sites pornographiques. J’avais réfléchi à un plan : l’idée n’était pas d’arrêter la masturbation, mais simplement de ne pas dépendre de contenu pornographique. Donc, pendant une semaine, j’ai continué de me faire plaisir quotidiennement, en utilisant seulement mon imagination. C’était extrêmement difficile. J’avais besoin de 30 minutes au lieu de cinq pour arriver jusqu’au bout. Parfois même, j’abandonnais en cours. Avant, il me suffisait de quelques minutes, puis c’était fini et je pouvais tranquillement continuer ma soirée, regarder un épisode d’une série ou finir mon devoir de maths. Au bout d’une semaine, je me suis vite ennuyé : me forcer à me masturber tous les jours me prenait trop de temps et m’épuisait mentalement. On peut dire que la semaine durant laquelle je me suis forcé à la masturbation quotidiennement sans support audio-visuel, ça, c’était ma semaine de « sevrage ». Après, je me suis dit que j’allais me faire plaisir uniquement quand j’en avais envie. Par conséquent, en arrêtant la consommation de pornographie, j’ai également diminué la fréquence de mes masturbations à environ deux fois par semaine. En janvier, je m’étais dit que c’était bon, j’avais fait le travail nécessaire et je pouvais me remettre à regarder ce genre de contenu. Sincèrement, ça me manquait. Alors, pendant les vacances, j’ai repris et très vite j’ai vu que c’était nocif pour moi. J’étais stressé par peur de gâcher tous mes efforts et ce stress pesait sur ma santé mentale, j’ai alors de nouveau arrêté. Aujourd’hui, j’utilise des supports visuels à caractère très peu pornographique. Je trouve des photos d’actrices sur internet dans lesquelles elles sont très peu dénudées et après je laisse mon imagination se charger du reste. On pourrait dire que je suis retourné dans le passé, à l’époque des<em> Playboys</em>. Honnêtement, je ne ressens plus le sentiment de manque. Je profite de chaque masturbation : elles ne représentent plus aucune sorte d’obligation ou d’habitude pour moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong> : <em>D’après toi, pourquoi es-tu devenu accoutumé à la consommation de vidéos pornographiques? Pourrais-tu formuler une hypothèse sur les raisons de cette addiction comportementale?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emmanuel</strong> : Moi, j’ai commencé à regarder de la pornographie en classe de sixième, dès que mon corps a été en état et en âge de comprendre le plaisir sexuel. J’ai tout de suite associé la masturbation à la pornographie : l’un n’existait pas sans l’autre. En plus, les premières vidéos que j’ai regardées ont été dans le genre du sado-masochisme. Au début je les trouvais très dérangeantes, puis je m’y suis vite habitué. J’ai continué à ne regarder presque que des vidéos de ce style, de plus en plus extrêmes. Je ne peux parler pour les autres, mais dans mon cas, je pense que c’est l’exposition très précoce aux contenus extrêmes qui a déclenché la dépendance à la pornographie. J’avais besoin de voir des positions extrêmes et d’entendre des bruits qui traduisent ce plaisir extrême. Évidemment, dans la vraie vie, ce n’est pas pareil, donc je bande moins. Je ne pense pas qu’il faille réguler la production de pornographie : tout comme la drogue, la rendre illégale empirait le problème. Je suis pour le libre accès et la libre production du contenu. Peut-être qu’il faudrait seulement prévenir les enfants des dangers potentiels de la surconsommation des vidéos pornographiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« C’est l’exposition très précoce aux contenus extrêmes qui a déclenché la dépendance à la pornographie. »</p>
<cite>Emmanuel</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong> : <em>Comment appréhendes-tu l’avenir de ta relation avec les vidéos pornographiques?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emmanuel</strong> : Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas envie de me limiter complètement. Je veux simplement suivre mes instincts, je ne veux pas faire les choses par habitude, je ne veux pas de rituel de masturbation. Si un jour, je veux regarder une vidéo pornographique, je le ferai. Pour l’instant, je n’ai pas envie. J’ai également envie de recommencer à voir des partenaires sexuels. Je veux rencontrer des femmes et pouvoir coucher avec elles sans la peur d’avoir une panne. Une partie du problème de la consommation des vidéos pornographiques, c’est qu’elles te mentent sur les relations sexuelles réelles. Et donc, pour « guérir » il faut vivre dans la vraie vie, il faut faire l’amour à l’écoute de son partenaire, il faut normaliser la copulation basique (sans aspect extrême). J’espère que tout mon travail m’aidera dans mes prochaines relations sexuelles et amoureuses.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quand la pêche tourne mal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/quand-la-peche-tourne-mal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jeanne Marengère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[catfish]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le chat sort toujours du sac quand il est question de catfishing.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Faire des rencontres à l’ère virtuelle comporte son lot de défis. Parmi ceux-ci se trouve la possibilité que la personne rencontrée par le biais de sites de rencontre ou autres réseaux sociaux ne soit en réalité pas celui·celle qu’il·elle prétend être. <em>Le Délit </em>a rencontré trois victimes de <em>catfishing </em>afin d’en apprendre un peu plus sur les implications de s’être fait leurrer par un·e voleur·euse d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début des années 2000, le monde du net a été révolutionné par l’apparition d’une variété impressionnante de plateformes permettant de mettre en contact différent·e·s utilisateur·rice·s. De Myspace à Instagram ou Tinder en passant par Grindr, le nouveau siècle offre à sa jeunesse une multitude de façon de faire des rencontres, de former des amitiés virtuelles, et même d’aller plus loin. Les options en termes de relations romantiques se sont multipliées avec l’envol de sites de rencontres comme Hinge ou Bumble. Certaines plateformes, comme Tumblr ou Reddit, qui ne sont pas réservées exclusivement aux utilisateur·rice·s cherchant l’amour – ou quelque chose de plus charnel – ont aussi prouvé leur capacité à favoriser les rencontres plus qu’amicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, Internet a tendance à inciter au mensonge, principalement en raison de l’anonymat que certain·e·s trouvent derrière leur écran d’ordinateur. Une <a href="https://collablab.northwestern.edu/CollabolabDistro/nucmc/p449-hancock.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude datant de 2007</a> a estimé qu’environ 80% de ses participant·e·s se trouvaient plus enclin·e·s à mentir sur des attributs tels que la taille, l’âge et le poids lors de leurs interactions en ligne. À l’extrême se trouvent ceux·celles que l’on nomme les <em><a href="https://blogs.scientificamerican.com/anthropology-in-practice/catfishing-the-truth-about-deception-online/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">catfishs</a></em>, qui choisissent pour leur part de mentir sur l’entièreté de leur personne. Ce sont des individus qui dupent intentionnellement d’autres personnes en créant des profils mensongers sur les réseaux sociaux, souvent dans le but de former des connections romantiques. Ceux·celles-ci utilisent généralement des photos qui ne sont pas les leurs ou des photos extrêmement modifiées au point de les rendre méconnaissables afin de duper ceux·celles avec qui ils·elles échangent. Ils·elles favorisent également des relations exclusivement en ligne, afin d’éviter d’avoir à dévoiler leur supercherie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Une étude datant de 2007 a estimé qu’environ 80% de ses participant·e·s se trouvaient plus enclin·e·s à mentir sur des attributs tels que la taille, l’âge et le poids lors de leurs interactions en ligne »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tomber dans le piège</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit </em>a rencontré trois étudiant·e·s qui nous ont partagé leur histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Le Délit (LD)</strong> : Pourrais-tu nous mettre en contexte et nous expliquer ton expérience avec un·e </em>catfish<em>?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luce</strong> : C’était en juillet 2021. Cet été-là, j’avais installé Tinder pour la première fois et du haut de mes 19 ans, je découvrais ce que c’était de <em>dater </em>après une longue relation de deux ans. À date, j’avais déjà rencontré quelques personnes et tout s’était très bien déroulé. Cette fois-là, j’étais au travail quand j’ai eu le <em>match</em>, c’était un gars qui correspondait parfaitement aux standards de beauté, et je me rappelle avoir <em>swipe </em>en me disant qu’il était hors d’atteinte, mais pourquoi pas. Ses photos étaient très posées, du genre Instagram. Il disait habiter à Londres, mais qu’il devait déménager à Montréal le mois suivant pour entrer à McGill. On a jasé un peu sur Whatsapp, application qu’il m’avait demandé de télécharger pour discuter. Au bout d’une heure, il m’a demandé des photos, à quoi je lui ai répondu d’aller voir mon compte <em>Instagram</em>. Il insistait pour avoir des photos prises en « live » (pas des <em>nudes</em>) et je lui ai répondu que j’étais au travail. Je me rappelle avoir commencé à douter en raison d’incohérences dans ses messages, notamment le fait qu’il évitait constamment mes demandes de voir ses réseaux sociaux. Bref, c’était bizarre, mais je me divertissais. Il m’a envoyé un <em>selfie </em>où il ne portait que des <em>boxers</em>, sans qu’on ne voie sa tête. La photo était radicalement différente de celles sur son profil : teint beaucoup plus pâle, qualité de photo très ordinaire et morphologie significativement différente. Je lui ai fait part de ma confusion et lui ai demandé une vidéo, ce à quoi il a trouvé une excuse. Je me souviens d’avoir blagué, en lui demandant s’il était un <em>catfish</em>. Il m’a immédiatement bloquée et a supprimé toutes nos conversations. J’ai pris ça pour un oui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luis</strong> : J’ai été victime de <em>catfishing </em>plusieurs fois par le passé. Je dirais que j’ai le plus souvent été <em>catfish </em>lors de mes brefs passages sur l’application Grindr, célèbre pour les <em>hook-ups </em>dans la communauté LGBTQ+. Les chances élevées de rencontrer un <em>catfish </em>sur Grindr sont inquiétantes. J’aimerais entamer mon anecdote en précisant que je ne suis pas idiot, mais il arrive qu’on soit vraiment inconscient qu’on est en train de se faire avoir. C’était le début de l’été 2022, j’étais chez moi et je cherchais quelque chose à faire, quelque chose<br>de <em>fun</em>. Je commence une discussion avec un gars de Grindr qui m’avait l’air intéressant, et il ne passe pas par quatre chemins. Ayant de l’expérience avec les <em>catfish</em>, je prends toujours mes précautions en demandant leurs réseaux, des photos prises avec certains objets, etc. Honnêtement, c’était bizarre dès le début, mais j’étais tellement <em>in the mood </em>que je ne me suis pas cassé la tête. Il m’a dit être plus vieux et ne pas avoir Instagram ou Snapchat, mais qu’il était à l’aise avec Whatsapp. Sur Whatsapp, on discute et il m’envoie quelques photos qui avaient l’air absolument réelles, sans quoi j’aurais mis fin à la discussion. On a fait nos plans, et il était censé venir à mon appartement. Quand je suis descendu pour lui ouvrir, je vous promets que j’ai figé. Genre, 15 crises cardiaques en l’espace d’un instant. Ce n’était pas le même homme que celui avec qui j’avais échangé toute la soirée. J’étais bouche-bée, et je savais qu’il savait où j’habitais. J’ai immédiatement contacté une amie pour lui signaler ce qui se passait, lui demander de garder un œil sur ma localisation, et d’appeler la police si jamais je ne répondais plus. J’ai envoyé les infos du gars à mon amie. J’ai demandé au gars de Grindr de rester dans l’entrée de mon bloc et je lui ai demandé de s’expliquer. Il est devenu hyper défensif quand il a vu que j’étais direct et que je lui verbalisais mon inconfort. Je l’ai mis en garde que ce genre d’action était illégale et que s’il revenait, je contacterais la police. Heureusement pour moi, rien de plus n’est arrivé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Je me souviens d’avoir blagué, en lui demandant s’il était un <em>catfish</em>. Il m’a immédiatement bloquée et a supprimé toutes nos conversations. J’ai pris ça pour un oui »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jennifer</strong> : Il y a quelques années, j’aimais beaucoup me faire des amis virtuels sur des plateformes comme <em>Reddit </em>ou <em>Discord</em>. Un de mes amis était un gars qui m’avait dit venir d’Irlande. On se parlait par messages très fréquemment, et on s’échangeait souvent des <em>selfies</em>. Au bout d’un moment, la conversation est devenue sexuelle : je lui ai envoyé une photo de mes seins et lui de son pénis. On a continué à s’échanger des photos pendant quelques semaines, et on se rapprochait émotionnellement en parallèle. J’ai commencé à avoir des doutes après quelque temps. J’ai recherché quelques-unes de ses photos à l’aide de la recherche inversée par image de Google. C’est alors que j’ai réalisé qu’au moins une de ses photos provenait d’un <em>subreddit </em>de pornographie. Je l’ai confronté, et il a répondu rapidement qu’il devait s’être fait <em>hacker </em>et qu’il devrait donc supprimer son compte immédiatement. C’est ce qu’il a fait, et je ne lui ai jamais reparlé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="692" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-1000x692.jpg" alt class="wp-image-51528" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-1000x692.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-330x228.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-768x531.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-1536x1063.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/03/Catfish@Alexandre-2048x1417.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>LD </strong>: Comment dirais-tu que tu t’es senti·e dans la situation?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luce</strong> : Ne prenant pas vraiment ces applications au sérieux, j’ai pris ça avec humour et comme une anecdote à raconter, mais je ressens toujours encore un inconfort quand un inconnu insiste pour obtenir des détails sur moi ou des photos. J’aurais très bien pu en révéler plus (trop) avant de me rendre compte de sa malhonnêteté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luis</strong> : Je me suis senti inconfortable, trahi, effrayé et un peu niais. Comme je l’ai dit, je suis généralement habile dans ce genre de situation. Je suis allé sur des <em>dates </em>où un cinquantenaire se présentait alors qu’il devait être dans la trentaine. J’ai senti que mon jugement avait failli, et que j’aurais pu faire mieux. J’aurais pu me faire kidnapper, me faire agresser, etc. Dans ma communauté spécifiquement, il y a des histoires d’horreur où des hommes gais se font assassiner. J’étais aussi gêné, étant donné que je lui avais envoyé des photos avec lesquelles il peut faire ce qu’il veut. Ce genre de situation est hautement problématique parce que tu te trouves dans une position où c’est relativement gênant d’en parler, mais où tu crains aussi pour ta sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jennifer</strong> : J’étais sous le choc. Étant donné mon manque d’expérience auprès des gars, je m’étais attachée à lui très rapidement. Je me demandais si tout ce qu’il m’avait raconté n’était que des mensonges. J’avais la preuve que ses <em>nudes </em>étaient faux, mais je n’avais aucune idée si les <em>selfies </em>venaient réellement de lui. Maintenant que j’ai plus d’expérience, j’ai beaucoup de regrets par rapport à cette situation, et je pense que j’aurais pu l’éviter facilement. Je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu faire avec mes <em>nudes</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>LD</strong> : Que conseillerais-tu à quelqu’un qui voudrait éviter de se voir piégé par un catfish?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luce</strong> : Je pense qu’il est crucial de vérifier que la personne possède un compte <em>Instagram </em>ou un <em>Facebook </em>qui a l’air réel. Il est important de demander des vidéos, de discuter longuement avec la personne et de porter attention aux détails puisqu’ils peuvent en dire long sur la légitimité de la personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luis</strong> : Demande une photo. Je sais que ça peut être gênant de demander : « Peux-tu m’envoyer une photo de toi qui fait un <em>peace sign</em>? » En toute honnêteté, c’est la meilleure façon de vérifier que la personne dit vrai sur son identité. Aussi, toujours, je répète, toujours, faire confiance à son instinct. Si on sent que quelque chose cloche, c’est probablement parce que c’est réellement le cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jennifer</strong> : Mon conseil serait simplement d’éviter de s’investir dans des relations romantiques ou sexuelles avec des personnes qui évitent de parler au téléphone, par <em>FaceTime</em>, ou simplement de se voir en vrai. Avec les technologies qui existent aujourd’hui, je pense qu’il est assez simple d’éviter le <em>catfishing </em>si on se tient aux précautions mentionnées précédemment. Aussi, c’est super important de ne pas se laisser emporter par ses sentiments, surtout pas au point d’ignorer tous les <em>red flags </em>qui se présentent.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Il est important de demander des vidéos, de discuter longuement avec la personne et de porter attention aux détails puisqu’ils peuvent en dire long sur la légitimité de la personne »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>LD </strong>: D’où crois-tu que viennent les motivations de ces individus qui piègent d’autres personnes comme tu as pu l’être?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Luce</strong> : Je crois que ça peut autant venir d’un manque d’estime de soi que d’idées malintentionnées, mais dans mon cas, j’estime que c’était principalement de l’insécurité. Cependant, je crois qu’il y a toujours un fond malsain quand on cherche à obtenir quelque chose d’une façon malhonnête. Il y aura toujours des cas plus extrêmes, qui terminent en drame, mais je crois que souvent ce sont les <em>catfish</em> qui souffrent le plus de leur manque de confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>Luis</strong> : Je crois qu’il y a forcément deux perspectives à considérer. Comme je l’ai dit, mon expérience avec ce genre de situation m’a montré que les gens qui volent l’identité des autres le font pour cacher des complexes, et pour se sentir mieux à propos d’eux-mêmes. Toutefois, ça n’enlève pas au fait qu’une autre part des <em>catfish </em>le font pour de mauvaises raisons, dans le but de blesser. Si je m’en tiens à mes expériences, je crois réellement qu’ils ne sont pas tous malintentionnés, et que ça part souvent d’un manque de confiance et d’une peur du rejet. C’est pour ça que j’ai l’impression que le <em>catfishing </em>est tellement dépassé, puisqu’en 2023, on est<br>de plus en plus ouverts sur les différences. On a des comités, des forums pour absolument tous les fétiches possibles. Si quelqu’un n’arrive pas à trouver la personne qui lui convient ici, il n’a qu’à chercher ailleurs. On devrait arrêter de se limiter aux horizons connus. Même si ça peut sembler difficile à croire, il y aura toujours quelqu’un qui saura nous aimer pour nous, sans besoin de se faire passer pour un autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jennifer </strong>: Je pense que ça dépend de la personne. Dans ma situation, j’ai plutôt envie de dire que c’était quelqu’un avec d’énormes problèmes d’estime de soi, et qui souhaitait se faire passer pour un autre afin d’assouvir ses désirs d’attention. Pour eux, le <em>catfishing </em>est une façon de recevoir l’attention dont ils rêvent, sans risquer de se faire rejeter réellement. Cependant, ça ne rend pas pour autant ce genre d’agissements pardonnable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ce genre de situation est hautement problématique parce que tu te trouves dans une position où c’est relativement gênant d’en parler, mais où tu crains aussi pour ta sécurité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Poissons-chats: une espèce en voie de disparition?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>catfish</em>, comme nous l’ont confirmé Luce, Luis et Jennifer, auront su être hautement astucieux afin de garder leurs réelles identités protégées par le passé. Ceci étant dit, comme Luis a su nous le rappeler, il n’y aurait plus de raison de se cacher derrière son écran en 2023, puisqu’il y en a vraiment pour tous les goûts de nos jours. Espérons donc que le futur saura corroborer cette hypothèse. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Aimer à l’âge d’Internet : une utopie?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/aimer-a-lage-dinternet-une-utopie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicholas Corneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tinder]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51533</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tinder : de belles promesses, mais à quel prix?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/aimer-a-lage-dinternet-une-utopie/" data-wpel-link="internal">Aimer à l’âge d’Internet : une utopie?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’ère de l’information, du numérique et d’Internet a profondément bouleversé toutes les sphères sociales. Que ce soit sur le plan scientifique, économique, médiatique, industriel ou social, les changements causés par l’arrivée des ordinateurs, des téléphones cellulaires au 21<em>e </em>siècle nous ont propulsés dans un monde parallèle à celui du 20<em>e </em>siècle. Ces changements ont apporté avec eux des bienfaits formidables, mais aussi utopiques car les récents développements de l’intelligence artificielle, comme ChatGPT, sont arrivés tellement brusquement qu’ils ont bouleversé nos rapports en société, notamment en matière d’amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Global Happiness Report 2023 (<em><a href="https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2023-03/Ipsos%20Global%20Happiness%202023%20Report-WEB.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Rapport</a> sur le bonheur mondial de 2023, tdlr</em>), la firme française Ipsos a sondé 22 508 adultes âgés de moins de 75 ans dans 32 pays quant à la satisfaction générale de leur vie. Dans les 30 aspects sondés, comportant notamment la situation financière, la relation familiale ou la quantité de temps libre, la vie romantique et sexuelle arrivait au 27<em>e </em>rang, pour 63% des gens exprimant être satisfaits. Aux États-Unis, ce pourcentage est réduit à 60%, et encore davantage au Canada, où la moyenne de satisfaction concernant les relations romantiques et sexuelles atteint à peine 58%. Ce rapport dresse un portrait de la situation amoureuse loin de l’idéal populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de rendre compte de la satisfaction actuelle de la vie romantique et sexuelle des gens, le rapport tente également d’évaluer leurs attentes futures. Plus particulièrement, il a été demandé aux personnes interrogées si la capacité à trouver un partenaire romantique allait devenir plus difficile au cours des dix prochaines années. Les résultats au niveau mondial montrent que 22% pensent que trouver un partenaire romantique va devenir plus facile (les optimistes), 43% pensent que ça va devenir plus difficile (les pessimistes) et 35% pensent que la situation demeurera similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une cause probable pour tous ces malheurs amoureux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il serait impossible de parler de la situation actuelle de l’amour en Amérique du Nord sans mentionner l’éléphant dans la pièce : Tinder et la montée des applications de rencontre. Tout comme les divers réseaux sociaux qui sont maintenant omniprésents dans notre vie, Tinder s’est basé sur une idée qui semblait être inoffensive et nettement positive en théorie. En pratique, il est difficile d’ignorer les conséquences dévastatrices que l’adoption massive de cette technologie a créée dans notre société, tant sur le plan de la santé émotionnelle que mentale. Commençons par énumérer les problèmes majeurs dont souffrent Tinder et les autres applications de rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier problème de Tinder est le ratio homme/femme. Pour les utilisateurs de Tinder aux États-Unis en 2021, la <a href="https://www.statista.com/statistics/975925/us-tinder-user-ratio-gender/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">proportion</a> des utilisateurs était de 76%, tandis qu’elle était de 24% pour les utilisatrices. Également, il a été démontré que les hommes <a href="https://www.researchgate.net/publication/281965128_Gender_Differences_in_Online_Dating_What_Do_We_Know_So_Far_A_Systematic_Literature_Review" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sont plus actifs</a> que les femmes sur ces applications, faisant en sorte qu’ils voient en moyenne plus de profils que les femmes. La conséquence de cette plus grande proportion d’hommes – et du fait que les hommes utilisent ces applications beaucoup plus souvent – est que seulement le <a href="https://medium.com/@worstonlinedater/tinder-experiments-ii-guys-unless-you-are-really-hot-you-are-probably-better-off-not-wasting-your-2ddf370a6e9a" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">top 10–20%</a> des profils masculins sont capables d’avoir une interaction constante avec des profils féminins. Effectivement, la façon exacte dont l’algorithme de Tinder fonctionne demeure inconnue, mais il a été spéculé qu’il fonctionne de façon similaire à un classement ELO, quoique <a href="https://www.theverge.com/2019/3/15/18267772/tinder-elo-score-desirability-algorithm-how-works" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ça ne semble plus être le cas.</a> Néanmoins, quand les femmes utilisent l’application, elles ne voient généralement que « l’élite » des profils masculins, ces profils que Tinder considère comme étant les plus désirables. Du côté masculin, les utilisateurs, qui par malheur ne réussissent pas à atteindre le top 10–20% des profils, vont n’avoir que très peu de <em>matchs</em> ou d’interactions avec des profils féminins. Ainsi, la réalité de Tinder pour la grande majorité des hommes se rapproche plus au désert du Sahara qu’à une oasis d’abondance, indépendamment du succès que ces hommes seraient capables d’obtenir avec la gente féminine en face à face.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des utilisatrices, elles semblent d’emblée être capables d’avoir beaucoup plus de succès que les hommes. Effectivement, une étude a démontré que les femmes ont un <a href="https://ieeexplore.ieee.org/abstract/document/7752275" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">taux</a> de <em>match </em>s’élevant à 10%, comparativement à 0,6% pour les hommes. Ainsi, une femme serait capable d’avoir un <em>match </em>à tous les dix profils visionnés. Le problème du côté féminin n’est donc pas la quantité de <em>matchs </em>qu’elles obtiennent, comme c’est le cas pour les hommes, mais bien la qualité des interactions qu’elles obtiennent avec ces <em>matchs</em>. En effet, il semble y avoir une divergence entre les hommes et les femmes quant à la motivation derrière l’utilisation de l’application. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32089467/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> montre que les hommes utilisent les applications de rencontre principalement à des fins sexuelles ou pour trouver des relations à court terme, tandis que les femmes les utilisent principalement pour trouver des relations romantiques ou des relations amicales. De plus, beaucoup d’utilisateurs et d’utilisatrices de Tinder v<a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17459435.2020.1744697?journalCode=rqrr20" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">erraient l’application comme un jeu</a> ou une source de divertissement, ce qui peut facilement devenir une source de frustration pour les personnes cherchant une relation romantique sérieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tinder semble donc créer une distorsion de la réalité amoureuse tant pour les hommes que pour les femmes. Alors que les hommes pensent qu’ils ont <a href="https://www.apa.org/news/press/releases/2016/08/tinder-self-esteem" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">peu de valeur</a>, puisqu’aucune femme ne semble être intéressée par eux, les femmes seraient amenées à croire que les hommes sont méprisables et seulement intéressés par le sexe. D’après moi, les grands perdants sur Tinder sont donc les utilisateurs qui recherchent une relation romantique à long terme. Tinder n’est pas fait pour trouver l’amour. Certes, il n’est pas impossible de trouver une relation amoureuse sur Tinder, mais je pense que c’est seulement un très petit pourcentage de ces relations qui perdureront.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Au grand malheur des romantiques de ce monde, nous vivons dans une société où l’amour de l’argent est plus important que l’amour des êtres humains »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’offre et la demande</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour essayer de comprendre pourquoi un si grand nombre de personnes ont une expérience désagréable sur Tinder et sur les autres applications de rencontres, il faut peut-être revenir à leur but initial. En effet, Tinder est d’abord une compagnie qui cherche à maximiser ses profits. Ses trois principales sources de revenus sont la vente de données des utilisateurs, les publicités, ainsi que les abonnements payants comme Tinder Gold.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les trois cas, Tinder a intérêt à ce que l’utilisateur utilise l’application le plus longtemps possible. Au fur et à mesure que les profils défilent, Tinder est capable de récolter des données sur l’usager, ainsi que de montrer des publicités. De la même manière, plus il y est difficile pour l’utilisateur d’obtenir des <em>matchs</em>, plus les chances sont élevées que celui- ci va débourser de l’argent pour un abonnement payant. Le modèle d’affaire de Tinder ne serait-il pas basé sur l’exploitation de gens désespérés en quête d’amour? Plus il est difficile de trouver l’amour sur Tinder, plus la compagnie se fait d’argent, c’est aussi simple que ça. Après tout, s’il était facile de trouver l’amour sur Tinder, comme leur approche commerciale semble l’indiquer, les chances que les utilisateurs suppriment l’application seraient bien plus élevées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le modèle d’affaire de Tinder ne serait-il pas basé sur l’exploitation de gens désespérés en quête d’amour?»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Au grand malheur des romantiques de ce monde, nous vivons dans une société où l’amour de l’argent est plus important que l’amour des êtres humains. La détresse émotionnelle de millions de personnes ne semble être qu’un petit prix à payer pour des profits faramineux. Cette quête perpétuelle du profit, quelles qu’en soient les conséquences, est pourtant être normalisée dans notre société actuelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/aimer-a-lage-dinternet-une-utopie/" data-wpel-link="internal">Aimer à l’âge d’Internet : une utopie?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Apprendre à s’aimer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/apprendre-a-saimer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Potvin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51539</guid>

					<description><![CDATA[<p>Politique de la jouissance personnelle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Toute sexualité est politique. Les femmes s’en rendent particulièrement compte en grandissant : tout ce qui touche au corps est un tabou, surtout lorsqu’il est question d’un corps qui diffère de la normalité d’un pénis érigé comme virilité. Je pense que nous, les femmes et autres minorités sexuelles, devons avoir notre mot à dire sur ce qui a trait à nos corps et apprendre à le connaître à notre rythme, dépourvu du regard extérieur. Dès qu’on regarde les nouvelles, on est confronté à un rappel constant de la fragilité de ce que nous avons pris pour acquis, par exemple l’avortement. Nous n’avons qu’à regarder le cas de la Floride, où le gouverneur Ron de Santis interdit déjà la mention de l’éducation LGBTQ+ dans les écoles. L’État du Tennesse, qui a décidé de bannir la culture <em>drag </em>dans l’espace public, met en danger les individus transgenres. Pourtant, il y a plus de 55 ans, le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau a dit, lors de la présentation de sa loi omnibus qui allait décriminaliser l’avortement et l’homosexualité, que l’État n’avait rien à faire dans la chambre à coucher des citoyen·ne·s. Malheureusement, le temps passe, les menaces sont cycliques et reviennent continuellement pour nous dire que nous ne serons jamais en paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’utilité et l’intersectionnalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ce qui sera énoncé comme un problème par une femme hétérosexuelle est seulement la pointe de l’iceberg que l’intersectionnalité peut révéler davantage. Un individu <em>queer </em>va rechercher la représentation dont il a besoin pour se sentir validé dans sa vie sentimentale et sexuelle. Tout signe d’individualité qui ne se réfugie pas dans l’hétéronormativité est jugé comme dérangeant. Il faut toujours se battre contre ce même regard qui sait uniquement juger. De plus, une personne transgenre se confronte à la cisnormativité, selon laquelle on s’attend à ce que celle-ci doive uniquement aller vers la féminité ou la masculinité, sans aucune zone grise. Sur les applications de rencontre, on leur répète qu’elles ne seront jamais assez valides et sont constamment ramenées à leurs parties génitales. La sexualité devient un traumatisme, une blessure constante, alors qu’elles ne cherchent qu’à être elles-mêmes. Voir des personnes <em>queer </em>heureuses est un affront, alors que ce n’est que ce qu’elles méritent, comme n’importe quel autre être humain cisgenre et hétérosexuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La subjectivité non-objective</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui advient au niveau politique reflète la vie de tous les jours. Combien de fois pouvons-nous supporter de réentendre les mêmes commentaires sur les photos dévêtues d’une femme sur les réseaux sociaux tandis qu’une adolescente refusant de se faire sexualiser est couverte de honte par ses camarades de classes et les adultes? C’est sans mentionner la popularité grandissante des <em>alpha males, </em>qui considèrent les femmes comme des créatures uniquement utiles pour des fonctionnalités de femme au foyer sans aucune touche de modernité. Ils nous crient : «&nbsp;Comment osez-vous vous intéresser autant au sexe alors qu’on vous demande seulement d’être des vierges effarées prises par derrière ? Comment osez-vous refuser les va-et-vient d’un immense bâton qui se fout de ce que vous voulez ? » Même s’il est question d’une minorité d’hommes, cela nous rappelle un regard suffocant qui refuse de voir des êtres humains confortables dans leur peau. Notre corps ne devrait pas être contrôlé par quiconque d’autre que nous-mêmes, sous un regard qui n’est pas uniquement concentré sur le plaisir masculin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Notre corps ne devrait pas être contrôlé par quiconque d’autre que nous-mêmes, sous un regard qui n’est pas uniquement orienté vers le plaisir »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se satisfaire soi-même</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La solution à tout cela peut se trouver dans ce que nous choisissons de faire pour reprendre le contrôle sur notre corps, sur le regard qui est porté sur lui, sur les sensations que nous voulons vivre pour et grâce à celui-ci. L’intime est politique et expérimenter sa sexualité seul·e, sans un regard qui juge les minorités sexuelles, peut être une solution. Il y a désormais plusieurs expert·e·s, sexologues, éducateur·rice·s sur le bout de nos doigts qui peuvent nous inspirer et nous conseiller sur le sujet. En effet, la solution peut même se trouver dans notre fil de réseaux sociaux quotidien. Depuis quelques années, des comptes Instagram se concentrent sur la sexualité des femmes et des autres minorités sexuelles. Il y est question, et ce, sans tabous, d’orgasmes, de clitoris, d’éjaculation féminine, du plaisir procuré par la masturbation ou encore de l’importance de la communication avec un·e partenaire. Ce n’est que depuis très récemment que des études plus sérieuses sont menées sur la sexualité féminine, et chacune de ces nouvelles informations sont capitale dans la réduction des complexes par rapport au corps et pour éviter le miroir stéréotypé qui nous est renvoyé constamment. Cela permet à des comptes Instagram comme omgyesdotcom, thevaginablog, maman_ sexo, club_sexu, jouissance.club, de rendre plus accessible le contenu de ceux-ci. Ces comptes cherchent à démocratiser les enjeux féminins en lien avec la sexualité, notamment en publiant des statistiques pour normaliser ce qui est considéré comme « problématique », comme la douleur lors des règles ou le faible taux d’orgasmes. Ces pages Instagram sont une porte d’entrée à la découverte d’applications comme Dipsea, Oh Cleo et Emjoy, qui proposent gratuitement (puis par le moyen d’une rémunération modeste) des conseils sur l’expérience de la sexualité peu importe ce qui a été vécu par l’utilisatrice précédemment, de la déstigmatisation de conditions comme l’endométriose, la douleur pendant les relations sexuelles, jusqu’à l’expérience d’un premier orgasme. On y retrouve aussi un contexte efficace pour effacer la peur d’explorer et prendre confiance en ses fétiches et ses attirances, ce qui peut amener à la découverte des histoires audios érotiques qui plaisent davantage à un certain auditoire s’intéressant plus à l’écoute qu’à l’image, et qui laisse une place plus importante à l’imagination et à l’intimité. Selon Gina Gutierrez, cofondatrice de Dipsea, la recherche montre que les hommes préfèrent les images graphiques, tandis que les femmes préfèrent les histoires érotiques. Elles peuvent être elles-mêmes et s’échapper de la réalité plus facilement qu’avec la pornographie visuelle, reflétant souvent des stéréotypes sexuels qui enferment les femmes dans des cases dont elles veulent se défaire. Puisque ces applications sont souvent fondées par des femmes, on remarque rapidement l’absence du regard masculin, encourageant les visions erronées et empoisonnantes. On va au-delà de l’idée de la pénétration absolue, ajoutant davantage de douceur et de contrôle pour la personne auditrice avec une attention particulière accordée au respect. Cela redonne une agentivité féminine qui s’est perdue avec le temps et offre aux femmes davantage d’options pour apprendre à se connaître sans nécessairement avoir besoin d’un partenaire masculin à tout prix pour effectuer leur propre exploration sexuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le plaisir de s’éduquer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir cette documentation à portée de main a changé ma vision de la sexualité et m’a enlevé des peurs sur mon propre corps. Je me suis rendue compte que parler de sexualité féminine ouvertement n’est pas aussi pervers et démoniaque qu’on pourrait le croire. Je dirais même qu’il faut en parler parce qu’en bâillonnant tout ce qui est en lien avec ce sujet, les problèmes de notre corps demeurent inconnus, amenant de la honte à<br>se sentir bien dans ce que nous sommes. Il s’agit de s’éduquer à notre propre rythme et de ne pas se condamner à se réfugier dans ces mauvais plis de retrait, de chuchotements à la place de conversations ouvertes sur le sujet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En apprendre sur notre sexualité permet d’apprendre à aimer, à s’aimer et à se dire que notre ressenti est valide. Apprendre à définir ses propres limites et comprendre ses propres désirs devrait être un droit, et non un choix, ce qui est difficile à atteindre en tant que femme, et c’est sans mentionner les personnes non-binaires, transgenres ou tout simplement <em>queer</em>. Il faut alors se rappeler que cela nous a été refusé pendant plusieurs années. Grâce aux nombreuses éducateur·trices sur les réseaux sociaux et les applications qui ont été créées, la sexualité des femmes serait enfin peut-être au bout de nos doigts. Enfin!</p>
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		<title>La vie sexuelle des trentenaires</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-vie-sexuelle-des-trentenaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Ponchon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[les olympiades]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51544</guid>

					<description><![CDATA[<p>Plongée dans le désenchantement des Olympiades de Jacques Audiard.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il n’y a pas de destin ni de fidélité, mais des corps qui s’attirent. Sans nul attachement et surtout sans pitié, on joue et on déchire ». Ce vers de Houellebecq, extrait d’un poème ironiquement intitulé&nbsp;<em>Amour, Amour</em>, serait le sous-titre parfait du film&nbsp;<em>Les Olympiades&nbsp;</em>de Jacques Audiard (2021) et pourrait offrir, à travers lui, la ligne de conduite sexuelle de toute une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce film sorti en 2021, et passé relativement inaperçu en raison de la pandémie, le réalisateur français dépeint les égarements de quatre trentenaires qui se croisent, s’évitent et se rencontrent dans le 13<em>ème</em> arrondissement de Paris, à la faveur d’une attirance tantôt professionnelle, amicale ou purement sexuelle. C’est un jeu de marivaudage moderne, très amusant, qui lie une diplômée de Sciences Po (Emilie, jouée par Lucie Zhang) à un professeur de français désabusé (Camille, soit Makita Samba), et une agente immobilière en reprise d’étude (Nora, Noémie Merlant) à une&nbsp;<em>cam-girl&nbsp;</em>renommée (Amber, Jehnny Beth).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les tours de béton et les esplanades vides du 13<em>ème</em>, tous les personnages semblent mener une existence maussade dont la trajectoire se dessine malgré eux. Les horizons sont bouchés alors il n’y a pas d’autre espoir pour eux, d’autre plaisir, que celui de s’éclater au lit. Camille affirme fièrement vouloir «compenser sa frustration professionnelle par une activité sexuelle intense».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce qui marque avant tout dans ce long-métrage, c’est l’image. Elle est sublime, sculptée dans un noir et blanc brillant, qui capte le regard et atténue le sentiment de désespoir ; elle est tellement belle que l’on se remémore mieux le film par la perfection photographique de certains moments que par la progression de son intrigue. Pour ne citer que quelques-unes des plus fortes images (qui justifient à elles seules que vous vous jetiez sur le lien de visionnement situé à la fin de cet article), il y a : l’ouverture tendrement mélancolique (et infiniment comique) sur le quartier des&nbsp;<em>Olympiades</em>. La nuit, alors qu’Émilie chante en chinois, nue dans son cana- pé ; l’ébranlement de Nora, trentenaire, lors d’une soirée d’étudiants en deuxième année de droit où elle est confondue avec la&nbsp;<em>cam-girl&nbsp;</em>Amber Sweet ; les dialogues lunaires qui fondent l’amitié de Nora et Amber<br>Sweet sur internet ; Émilie et Camille allongés en surplomb du XIII<em>ème&nbsp;</em>; les innombrables scènes d’amour ; et finalement cette course, cet envol prosaïque d’Émilie à travers le restaurant où elle travaille comme serveuse, juste après avoir fait l’amour avec un parfait inconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le portrait de cette génération au bord du désenchantement est merveilleusement rythmé par la musique de Rone, compositeur électro, et participe de la déconstruction narrative du long-métrage. Ses rythmes en crescendo, puis en decrescendo, ses tonalités languissantes ou stellaires, étirent, tranchent et digèrent le temps, comme s’il devait se plier à la subjectivité du ressenti, celui du spectateur autant que celui des personnages. Sa musique embrasse et embrase le film ; elle lui donne une profondeur dont il pourrait manquer autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, à quoi sert ce film ? Que peut nous apprendre la génération qui nous précède sur la façon de conduire une vie amoureuse et sexuelle épanouie? Audiard dépeint une population désenchantée, mais pas malheureuse, qui ne se résigne pas au seul plaisir physique. L’image de fin, Émilie qui affecte de ne pas entendre la déclaration d’amour que lui fait Camille à l’interphone, propose de dépasser le récit houellebecquien, la réalité misérable des désirs sexuels, sans pour autant revenir à une conception naïve et exclusivement romantique des relations amoureuses ; comme si l’acte sexuel n’était qu’un pont, un contentement éphémère, mais désormais nécessaire pour atteindre le bonheur à deux (ou plus).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Visionnage : Le film&nbsp;</em>Les Olympiades&nbsp;<em>de Jacques Audiard est accessible gratuitement pour tous les étudiants de McGill sur le site Kanopy (via le site de McGill Library)</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-vie-sexuelle-des-trentenaires/" data-wpel-link="internal">La vie sexuelle des trentenaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rape&#160;and&#160;Revenge</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/rape-and-revenge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophesse]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[male gaze]]></category>
		<category><![CDATA[rape revenge]]></category>
		<category><![CDATA[thelma et louise]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51480</guid>

					<description><![CDATA[<p>Opinion : se réapproprier le cinéma.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/rape-and-revenge/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;Rape&nbsp;&lt;/em&gt;and&nbsp;&lt;em&gt;Revenge&lt;/em&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Avertissement : Cet article traite des sujets du viol et des violences sexuelles.</em></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Longues jambes dénudées, pistolets dans les porte-jarretelles, costumes de super-héroïnes moulants à en transpercer la peau, déhanchement sur la piste, le bouton de la chemise légèrement défait au bureau… Et puis, les gros plans, ceux qui nous font oublier que nous n’aimons pas tous·tes admirer les collines féminines, ceux qui nous font nous délecter – quelle que soit notre orientation sexuelle – de l’esthétique divine du corps féminin. La caméra nous permet de vivre des milliers de vie, à travers les yeux et les oreilles d’étranger·ère·s venu·e·s d’autres temps, d’autres univers. Seulement, il semble que la plupart du temps, dans les sièges en velours des salles de cinéma, nous devenons tous·tes des hommes hétérosexuels, et les femmes deviennent l’objet ultime, celui qui n’existe que pour le plaisir des yeux. Le cinéma n’a long- temps offert de représentation qu’à ce regard masculin, pour qui, le sang des blessures des plus grandes guerrières n’existait que pour faire pointer leurs tétons sous leur robe blanche incommodante et ridicule. Ce regard a joué un rôle important dans la construction de la culture du viol et a contribué à l’instrumentalisation des corps féminins. Nous avons tous·te·s appris à regarder ces femmes, Catwoman, Loana, la fée clochette ou Lara Croft, avec désir et envie, oubliant qu’elles étaient supposées être plus que de vulgaires corps. Pendant des années, le sous-genre cinématographique du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, souvent associé au cinéma d’horreur, allait au-delà, en érotisant l’une des plus grandes violences faites au corps : le viol. Ce sera le cas jusqu’à ce que l’histoire nous prouve que nous devons nous réapproprier nos représentations. Le regard féminin a su s’emparer de ce sous-genre pour le transformer en un fantasme jouissif de vengeance et de réparation sanglante. Pour les siècles de violences sexistes, mais surtout de sexualisation répugnante des personnages féminins au cinéma, le regard féminin aura réaligné la trajectoire de ce genre en se l’appropriant. La caméra, synonyme de pouvoir dans ce cas, permet de redessiner la femme, autrefois hypersexualisée dans l’oeil du public.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ce regard a joué un rôle important dans la construction de la culture du viol »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Viol et vengeance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sous-genre cinématographique du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, souvent associé au cinéma d’exploitation, d’horreur ou encore au&nbsp;<em>thriller</em>, a longtemps reposé sur des codes profondément misogynes. Le scénario est fondé sur un ou plusieurs viols, suivi de la vengeance de la victime ou d’un·e de ses proches. Ce sous-genre parle de colère, une colère pour laquelle les femmes sont souvent stigmatisées. Il cherche à abattre les codes du genre pour offrir aux femmes des chemins d’expressions. Mais même sur ce terrain, les hommes sont parvenus à s’approprier ce genre pour le modeler à leur image, en lui donnant la forme de leurs fantasmes les plus fous. Dans&nbsp;<em>L’Ange de la vengeance&nbsp;</em>d’Abel Ferrara, sorti en 1981, l’héroïne nommée Thana devient tueuse à la chaîne après avoir subi plusieurs viols. Elle porte ses pistolets dans ses porte-jarretelles. Le cliché est si grotesque et misogyne, qu’on se demande comment Ferrara a pu filmer sérieusement cette représentation ridicule, presque caricaturée, d’une femme assoiffée de vengeance. Dans&nbsp;<em>Irréversible&nbsp;</em>de Gaspar Noé, la scène de viol est tout simplement insupportable, et la vengance, portée par Vincent Cassel, a les couleurs de la violence masculine et du duel chevaleresque vieux-jeu d’homme-à-homme. Les réalisateurs ne font pas vraiment le travail pointilleux de transcendance qui permet normalement à l’artiste de représenter avec justesse des expériences qu’il·elle n’a pas vécues. Ils abordent le viol d’un point de vue voyeur, la victime étant ainsi aliénée, doublement victime de nos regards. Lorsqu’un·e réalisateur·rice représente des violences sexuelles, il·elle a le devoir de se questionner. Tout le monde sait qu’un coup de poing fait mal; ainsi, il est impossible de rendre cette action attrayante, d’effacer la douleur qu’elle implique. Nous savons tous·tes que la violence n’a rien d’enviable. Pour ce qui est la violence sexuelle, c’est d’autant plus cruel car le sexe est censé être une source de plaisir. La douleur transperçante qui peut en découler n’est pas évidente pour tout le monde. Pour comprendre la gravité de cet acte, et en désérotisant cette violence, le cinéma peut contribuer à remanier les perceptions. Tandis que la justice reste stagnante à l’égard des viols au quotidien, le cinéma devient un outil pour crier cette rage légitime, née après des siècles passés sous la loi du silence. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Tandis que la justice stagne à l’égard des viols au quotidien, le cinéma devient un outil pour crier cette rage légitime née après des siècles passés sous la loi du silence »</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Merci Thelma, merci Louise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Thelma et Louise</em>, réalisé par Ridley Scott et sorti en 1991, raconte la cavale de deux femmes, Thelma et Louise, fuyant la police, mais surtout, le patriarcat. L’intrigue commence tandis que Louise tue, d’un coup de revolver,<br>un homme dans le stationnement d’une boîte de nuit, afin de sauver Thelma d’un viol. Le film est jouissif, et leur vengeance n’existe nullement pour le plaisir des hommes. Elle est sincère et libératrice : elles s’émancipent du patriarcat, pour personne d’autre qu’elles-même. Quand elles s’embrassent à la fin, on se doute que leur baiser est le symbole de leur détachement complet du regard masculin; elles existent pour elles, à deux. Quel que soit le regard de désir que les spectateurs auraient pu poser sur elles jusqu’à ce moment, elles signent pour de bon son illégitimité. En 1991, le premier film de&nbsp;<em>Rape and Revenge&nbsp;</em>libérateur a vu le jour. Puisque la justice n’apporte jamais réparation aux victimes dans la plupart des cas, Thelma et Louise se sauvent elles-mêmes, et leur cavale leur offre la puissance dont le viol et la police tentent de les priver. Après le mouvement&nbsp;<em>#MeToo&nbsp;</em>né en 2007, d’autres films de&nbsp;<em>rape and revenge&nbsp;</em>arborant un regard féminin puissant voient le jour.&nbsp;<em>Elle&nbsp;</em>de Paul Verhoeven ou encore&nbsp;<em>Revenge&nbsp;</em>de Françoise Coralie Fargeat, plus gore, plus violent, plus en colère. Les personnages féminins y sont entiers, dans tout ce que vous pouvez aimer ou détester. Elles jouent des personnages à la construction complexe, qui peuvent nous fasciner autant que nous effrayer. La caméra leur offre un champ d’expression ultime, où les rêves de vengeance les plus intimes qui hantent nos cœurs voient le jour. Elles violentent, tuent, humilient, frappent et regardent. Tandis que la réalité ne peut justifier ces actions, c’est là que le cinéma comme arme culturelle prend tout son sens.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Les personnages féminins y sont entiers, dans tout ce que vous pouvez aimer ou détester »</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les films de&nbsp;<em>Rape and revenge&nbsp;</em>sont une vengeance sanglante et radicale contre les représentations niaises et humiliantes qui ont enfermé les femmes dans des personnages soumis et superficiels. Ces films ne justifient pas la vengeance : ils expriment une colère viscérale, incomprise, et trop souvent remise en question. Ils provoquent avec insolence la justice, qui croit trop peu souvent les victimes, qui les diminue et les abandonne. La violence masculine fut toujours honorée à travers l’histoire du cinéma. Avec le genre du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, un regard féminin s’affirme et prépare le terrain pour de prochains films, plus libérateurs encore. De nouvelles histoires s’écrivent, une page se tourne, et la caméra change de camp.&nbsp;</p>
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		<title>Les petits rats se rebellent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/les-petits-rats-se-rebellent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[danse classique]]></category>
		<category><![CDATA[désirs]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une balade dans la représentation de la sexualité dans la danse classique.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’Opéra Garnier est l’un des plus célèbres théâtres d’opéra au monde, situé dans le neuvième arrondissement de Paris. Construit à la fin du 19<em>e&nbsp;</em>siècle, il est un symbole de la culture et de l’élégance de l’époque. Cependant, derrière la façade majestueuse de ce monument se cachait un monde de désirs et de passions qui étaient souvent considérés comme tabous à l’époque : la sexualité. Les danseuses étaient considérées comme des femmes à la morale douteuse, souvent l’objet de désirs et d’attentions de la part de riches protecteurs. Les chanteuses étaient également soumises à des avances sexuelles de la part de leur public. Plus franchement, l’opéra Garnier était un bordel de luxe. Au cours d’une soirée, certains passaient de spectateurs à clients et d’autres de danseuses à prostituées. Avec le temps, le métier de danseuse classique s’est professionnalisé et la prostitution s’est vue davantage stigmatisée. Les chorégraphes ont essayé d’opérer une certaine révolution sexuelle dans ce corps de métier tout en respectant les règles de bien-séance. Cet article compare trois époques afin de retracer l’évolution du rapport entre la sexualité et la danse classique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;L’opéra Garnier était un bordel de luxe : au cours d’une soirée, certains passaient de spectateurs à clients et d’autres de danseuses à prostituées&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les premières danseuses de l’Opéra</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du 19<em>e&nbsp;</em>siècle, le peintre français Edgar Degas provoque un scandale à la suite de l’exposition d’une série<br>de tableaux et de sculptures représentant des danseuses de l’Opéra. Il les montre dans l’intimité de leur travail :<br>les vestiaires, les coulisses, l’étirement. Degas peint leurs dos dénudés et leurs jambes écartées, de quoi choquer la haute bourgeoisie parisienne. En réalité, ce qui choquait le plus, ce n’était pas tant les positions des danseuses, mais plutôt la représentation de ces dernières. Cette même classe critiquant l’exposition de Degas s’avère être la plus féroce consommatrice des faveurs sexuelles proposées à l’Opéra. La&nbsp;<em>Petite Danseuse de Quatorze Ans&nbsp;</em>est une sculpture en bronze créée par Edgar Degas en 1881 qui représente une jeune danseuse de l’Opéra de Paris vêtue d’un tutu en tulle, d’un corset et de chaussons de danse. La sculpture a suscité la controverse en raison de son réalisme brutal, de sa représentation crue de la danse et de la sexualisation supposée de la jeune fille. Exposée pour la première fois à Paris en 1881, à l’occasion de la sixième exposition impressionniste, elle est vivement critiquée par Paul Mantz qui se questionne : « Pourquoi son front est-il, comme ses lèvres, marqué d’un caractère si profondément vicieux? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2021, l’école d’art parisienne Les Gobelins produit un court-métrage animé avec Constance Bertoux, Camille Bozec, et Pauline Guillon intitulé&nbsp;<em>Louise</em>, dans lequel le spectateur suit la soirée d’une danseuse de l’Opéra à la fin du 19<em>e&nbsp;</em>siècle. Après sa performance sur scène dans le ballet&nbsp;<em>Gisèle</em>, la collègue de Louise lui réclame la somme qu’elle lui doit depuis quelques semaines. À court, Louise décide de se fondre dans la masse de prostituées et de rejoindre ses mécènes et clients habituels pour rembourser sa dette. À cette époque, le salaire d’une danseuse classique n’est pas suffisant pour en vivre, les artistes dépendent donc du pourboire de leurs spectateurs, qui deviennent leurs clients.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chorégraphie et modernité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du 20<em>e&nbsp;</em>siècle, la danse classique se veut à l’avant-garde de la représentation d’une sexualité féminine libérée. Alors qu’au 19<em>e&nbsp;</em>siècle la mode est aux ballets romantiques narrant des histoires d’amour tragiques dansées par des femmes dont le tutu couvre l’intégralité des jambes, le 20<em>e&nbsp;</em>voit l’essor de pièces allègres et provocatrices. Composé en 1869 par Marius Petipa, le ballet&nbsp;<em>Don Quichotte&nbsp;</em>est joué pour la première fois en France en 1905 au théâtre du Châtelet. Ce ballet met en scène le personnage de Kitri, une jeune espagnole sensuelle qui fait rêver l’ensemble des personnages masculins. Quand elle tourne puis saute, la robe de Kitri vole pour dévoiler, en l’espace de quelques secondes, ses jambes nues écartées par des positions souples. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chorégraphe russe Rudolf Noureev opère la révolution sexuelle dans le monde de la danse classique. Après avoir demandé l’asile en 1961, Noureev reprend des ballets classiques pour les réinventer dans l’érotisme. Par exemple, dans sa version de&nbsp;<em>Roméo et Juliette</em>, représentée pour la première fois le 9 octobre 1977, le couple se touche, s’embrasse, s’émeut dans une passion sexuelle et tangible. En 2019, le réalisateur Ralph Fiennes compose le film&nbsp;<em>Le Corbeau Blanc&nbsp;</em>qui retrace la vie de Rudolf Noureev lors de son arrivée à Paris. Le prodige Noureev, interprété par Oleg Ivenko, est en tournée à Paris avec la compagnie du Kirov et devient fou de la liberté sexuelle qui habite les Parisiennes. Après être tombé dans la passion pour Clara Saint, interprétée par Adèle Exarchopoulos, Noureev prend la décision de quitter l’URSS pour demeurer à Paris, ville d’où il tirera son inspiration pour toutes ces œuvres révolutionnaires. Le film de Fiennes montre l’importance des fréquentations sexuelles et amoureuses dans le processus de création : pour représenter et danser la passion, il faut la vivre à nu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pour représenter et danser la passion, il faut la vivre à nu »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concilier sexualité et danse classique aujourd’hui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit&nbsp;</em>s’est entretenu avec Hortense pour en savoir plus sur comment une danseuse concilie sexualité et danse classique. Hortense Pelletan est une danseuse de 19 ans, qui en parallèle de ses études en sciences politiques, suit le cycle à orientation professionnelle au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Reims. Elle danse près de 15 heures par semaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD)&nbsp;:&nbsp;<em>Comment la danse classique a‑t-elle impacté ton rapport au corps dans l’activité sexuelle, que ce soit la masturbation, la séduction ou la copulation? As-tu l’impression que le fait d’être une danseuse est en soi un atout dans le jeu de la séduction?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Hortense Pelletan (HP)&nbsp;: Honnêtement, je pense que la danse a considérablement changé le rapport que j’ai vis-à-vis de mon corps. Depuis que je danse de manière intensive, soit depuis mes 13 ans environ, j’ai une très bonne connaissance de mon corps. Je connais les mouvements qui me procurent du plaisir et ceux qui, au contraire, sont plus inconfortables et moins naturels pour moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne le rapport entre la danse et l’activité sexuelle, je pense que la danse classique m’a aidée à m’affirmer davantage dans des situations de drague. Je pense que mon corps arrive à retranscrire les sensations, les jeux et les aventures qui se produisent sur scène dans la séduction. Réciproquement, les expériences que j’ai connues dans la vie m’ont aidée dans ma danse car elles m’ont permis d’interpréter les rôles de manière plus juste et sincère. Je pense que la danse me donne confiance en moi de manière générale, ce qui me permet de me sentir plus belle au quotidien. De fait, je pense qu’elle influence de manière indirecte mon jeu de séduction car j’arrive mieux à m’affirmer depuis que je danse et je connais très bien mes forces et faiblesses corporelles, et donc je sais lesquelles mettre en avant dans une situation de drague. Quand je dis que je suis danseuse classique, la personne en face trouve cela en général original et respectable, étant donné que peu de gens poursuivent la danse de manière aussi intensive en parallèle de leurs études traditionnelles. Je pense que les gens associent plus le classique à l’élégance et la grâce, soit des qualités associées au féminin et à la douceur, plutôt qu’au&nbsp;<em>sexy</em> et au sensuel. Je pense pas que l’on associe encore aujourd’hui la danse à l’activité sexuelle, mais plutôt à la grâce et au raffinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LD&nbsp;:&nbsp;<em>As-tu déjà eu l’impression d’interpréter des rôles sensuels ou des chorégraphies à caractère sexuel?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">HP&nbsp;: Oui, j’ai déjà dû interpréter des rôles sensuels, notamment celui de Douniazad dans le ballet&nbsp;<em>Schéhérazade&nbsp;</em>de Michel Fokine ou encore dans le&nbsp;<em>Casse-Noisette&nbsp;</em>de Lev Ivanov avec la Danse Arabe. Je pense que ces rôles se font plus rares dans la danse classique par rapport à d’autres types de rôles issus de ballets du répertoire, qui mettent souvent en scène des jeunes filles innocentes, qui doivent faire face à un destin tragique et lugubre, comme celui de Gisèle. Le classicisme se base sur des normes telles que la bienséance et la vraisemblance. Dans le répertoire, on évite des rôles trop explicites, on reprend des histoires peu choquantes qui mettent davantage l’accent sur le romantisme que sur la passion sexuelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ce qui prime, ce n’est pas tant la sensualité, mais la beauté&nbsp;»&nbsp;</p>
<cite>Hortense Pelletan</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">LD&nbsp;:&nbsp;<em>Te sens-tu sensuelle quand tu danses en cours comme sur scène? Est-ce que tu trouves les costumes sexy? Si cette sensualité existe, comment l’exprimes-tu?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">HP&nbsp;: Quand je danse, je me sens belle. Je pense que c’est vraiment le seul moment où je me sens entièrement bien dans ma peau car j’arrive à m’exprimer de manière sincère et passionnée, cela a un effet libérateur et transcendant sur moi. Je ne sais pas si c’est toujours de la sensualité car cela dépend des rôles à interpréter, mais en tout cas, je pense que ma perception d’être belle se multiplie et se renforce sur scène. Pour les costumes, cela dépend encore une fois des rôles et du type de ballet mis en scène ainsi que de la chorégraphie imposée. De manière générale, je pense que les costumes sont destinés à créer un tableau harmonieux et plaisant pour le spectateur. Cet ensemble, musique, danse et décors, crée le beau et se destine à toucher le spectateur autant que le danseur-interprète. Ce qui prime, ce n’est pas tant la sensualité, mais la beauté. J’espère continuer à grandir et à me transformer avec mon corps, que ce soit au CRR ou dans un autre cursus de danse à l’étranger.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La pilule abortive illégale aux États-Unis?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-pilule-abortive-illegale-aux-etats-unis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugo Vitrac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[pilule abortive]]></category>
		<category><![CDATA[wyoming]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51491</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Wyoming est devenu le premier État américain à interdire l’accès à la pilule abortive.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 17 mars dernier, le Wyoming est devenu le premier État américain à interdire la pilule abortive. Cette interdiction s’insère plus largement dans le contexte de la révocation l’an dernier de l’arrêt <em>Roe vs Wade</em>, inscrivant le droit à l’avortement dans la législation fédérale. La révocation de l’arrêt donne libre cours aux États de restreindre ou d’interdire l’accès à l’avortement sur leurs sols.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une nouvelle bataille pour le droit à l’avortement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/15/avortement-aux-etats-unis-quels-etats-americains-ont-interdit-ou-protege-l-interruption-volontaire-de-grossesse_6132776_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">18 États</a> américains ont déjà ou sont en voie d’interdire l’avortement, neuf mois après le revirement de la Cour suprême sur <em>Roe vs Wade</em>, une nouvelle bataille s’engage. Cette fois-ci, sur la pilule abortive, qui représente plus de <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2023/03/02/us/abortion-pill-lawsuit-mifepristone.html?name=styln-abortion-us&amp;region=TOP_BANNER&amp;block=storyline_menu_recirc&amp;action=click&amp;pgtype=Article&amp;variant=undefined" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">53% des avortements</a> aux États-Unis. La mifépristone, l’un des deux médicaments employés pour avorter, peut être utilisée pour interrompre le processus de gestation dans les dix premières semaines de grossesse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau combat a été déclenché au Wyoming, un État rouge (républicain) du Nord-Est des États-Unis, devenu la semaine dernière <a href="https://www.nytimes.com/2023/03/17/us/wyoming-abortion-pills-ban.html?action=click&amp;pgtype=Article&amp;state=default&amp;module=styln-abortion-us&amp;variant=show&amp;region=MAIN_CONTENT_1&amp;block=storyline_top_links_recirc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le premier État américain</a> à inscrire l’interdiction de la pilule abortive dans sa législation. Cette loi, l’<em>Interdiction des avortements chimiques </em>(<em>tdlr</em>) (<a href="https://wyoleg.gov/Legislation/2023/SF0109" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">SEA 0093</a>), promulguée le 17 mars dernier, devant prendre effet le 1<em>er </em>juillet prochain, fait déjà l’objet d’une poursuite devant un tribunal. L’action en justice intentée par six plaignants vise à révoquer deux lois nouvellement passées : la loi interdisant l’usage de la pilule abortive, ainsi que la loi sur <em>La vie est un droit de l’Homme </em>(<a href="https://wyoleg.gov/Legislation/2023/HB0152" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">HEA 0088</a>), passée elle aussi le 17 mars dernier, criminalisant l’avortement sauf en cas d’inceste, de viol ou de danger pour la vie de la mère. L’une des plaignantes dans l’action en justice contre la nouvelle loi sur la pilule abortive au Wyoming est la gynécologue obstétricienne Giovannina Anthony, qui détient la seule clinique abortive au Wyoming. Elle <a href="https://www.nytimes.com/2023/03/17/us/wyoming-abortion-pills-ban.html?action=click&amp;pgtype=Article&amp;state=default&amp;module=styln-abortion-us&amp;variant=show&amp;region=MAIN_CONTENT_1&amp;block=storyline_top_links_recirc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">explique </a>que la criminalisation d’un médicament vérifié par la science «&nbsp;<em>pourrait mener à des</em> <em>décès maternels et à des situations horribles pour les mères et les bébés </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 mars dernier, la juge Melissa Owens du tribunal de district du comté de Tetona dans l’État du Wyoming <a href="https://www.cbsnews.com/news/wyoming-abortion-ban-temporary-block/?fbclid=IwAR3dE-ahkZLFgSURYfpYGkUb81ekrdN9euIx4nAtPjBK1LG1BwYoG4mw_nc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a temporairement bloqué</a> l’interdiction d’avorter, mais elle ne s’est cependant pas encore prononcée au sujet de la loi sur la pilule abortive, aussi contestée devant son tribunal. La juge avait déjà stoppé une loi similaire sur l’avortement en juillet dernier après le revirement de la Cour suprême sur <em>Roe vs Wade</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inventeur de la pilule abortive – le scientifique français Étienne-Émile Baulieu – a <a href="https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2023-03-22/interdire-la-pilule-abortive-est-scandaleux-selon-son-inventeur.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénoncé</a> dans un entretien avec l’Agence France Presse (AFP) une loi qui traduit le « fanatisme et l’ignorance ». Elle représente selon lui « un recul pour la liberté des femmes, surtout pour les plus précaires qui n’auront pas les moyens d’aller dans un autre État pour se la procurer ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi sur l’interdiction de la pilule abortive au Wyoming intervient alors que le juge fédéral du district Nord du Texas, Matthew Kacsmaryk, devrait bientôt rendre <a href="https://www.nytimes.com/2023/03/17/us/wyoming-abortion-pills-ban.html?action=click&amp;pgtype=Article&amp;state=default&amp;module=styln-abortion-us&amp;variant=show&amp;region=MAIN_CONTENT_1&amp;block=storyline_top_links_recirc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une décision préliminaire </a>qui pourrait remettre en question la circulation aux États-Unis de l’un des deux médicaments utilisés pour les interruptions de grossesses volontaires, la mifépristone.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’inventeur de la pilule abortive – le scientifique français Étienne-Émile Baulieu – a dénoncé dans un entretien avec l’Agence France Presse une loi qui traduit le “fanatisme et l’ignorance” »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une audience devant le juge texan Kacsmaryk, une coalition anti-avortement <a href="https://www.cbsnews.com/news/wyoming-abortion-ban-temporary-block/?fbclid=IwAR2LPdu92j0BdqYiZA8Q8IZ7Pn7o75IV9qOwd_t_NakD1OiL79Fy3vYfXMU" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a souligné</a> que le médicament représente « <em>un danger pour les femmes </em>» et qu’il « <em>a été approuvé trop hâtivement par l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) </em>». Aux États-Unis, tout produit pharmaceutique tel que la mifépristone est d’abord approuvé par la FDA avant d’être mis sur le marché. Leur site officiel indique à ce sujet que tout médicament passe par un processus de vérification permettant d’assurer qu’il « <em>fonctionne correctement et</em> <em>que ses avantages pour la santé l’emportent sur les</em> <em>risques connus </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une ordonnance rendue au cours du procès pourrait interdire l’accès à ce médicament sur l’ensemble du territoire américain. Lors d’une audience d’une coalition anti-avortement ayant eu lieu le 15 mars dernier à Amarillo, où le juge Kacsmaryk était le seul juge fédéral, celui-ci a dit vouloir rendre sa décision « <em>le plus rapidement possible </em>». La mifépristone, l’un des deux médicaments utilisés <a href="https://www.cbsnews.com/news/wyoming-abortion-ban-temporary-block/?fbclid=IwAR3sTDbeCXPwio4lf1XXoI9ILs0XBoO5N4E4ABkHrAT5rYw7aewfdqnCc9Y" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">depuis deux décennies</a> pour interrompre le processus de grossesse, pourrait alors se voir retirer des tablettes et interdire toute circulation dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle décision pourrait, selon des défenseurs du droit à l’avortement, avoir un <a href="https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2023-03-15/le-sort-de-la-pilule-abortive-en-debat-devant-un-tribunal.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">retentissement similaire</a> à la révocation de <em>Roe vs Wade</em>. En effet, les restrictions ou les interdictions sur l’avortement imposées jusqu’alors étaient dans le cadre législatif des États. Ici, des États pro-avortement comme New York, où l’usage de la pilule abortive <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2023/03/02/us/abortion-pill-lawsuit-mifepristone.html?name=styln-abortion-us&amp;region=TOP_BANNER&amp;block=storyline_menu_recirc&amp;action=click&amp;pgtype=Article&amp;variant=undefined" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">représente plus de 40%</a> des interruptions de grossesse, verraient leur accès à ces médicaments et à l’avortement en général restreint malgré eux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Des États pro-avortement […] verraient leur accès à ces médicaments et à l’avortement en général restreint malgré eux »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les recours possibles de la FDA</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les législations différentes d’un État à l’autre sur l’avortement, il est possible de se procurer des pilules abortives dans les 50 États américains en les commandant sur Internet. En entretien avec <em>Le Délit</em>, Jennifer Fishman, professeure à l’Unité d’éthique biomédicale et au Département des sciences sociales de la médecine de McGill, a souligné : « <em>Il y a maintenant un certain nombre d’organisations aux États-Unis et à l’étranger, y compris l’Aid Access</em>, <em>qui fournissent des pilules à tous les citoyens. L’Aid Access offre également un service qui fournit des provisions avancées de pilules, ce qui signifie que vous pouvez avoir les pilules à portée de main avant d’être enceinte. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, les législateurs texans pourraient aussi <a href="https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2023-03-18/wyoming/un-premier-etat-americain-interdit-la-pilule-abortive.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">restreindre, voire interdire</a> le recours à ces organisations en bloquant l’accès aux fournisseurs en ligne, impactant ainsi la distribution de la mifépristone sur l’ensemble du territoire américain. Cependant, comme l’explique Pr Fishman, « <em>il y aura beaucoup plus de décisions à prendre de la part de la FDA et de l’administration Biden quant à la manière de protéger l’accès aux pilules abortives dans les États qui ne l’ont pas interdite </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le retrait de l’autorisation sur un médicament ne relève pas seulement d’une décision de la législation fédérale. Il suit un processus strict pouvant être prolongé par une suite de recours juridiques. Selon neuf juristes et avocats américains en droit des aliments et drogues, l’Agence détient l’autorité nécessaire pour <a href="https://www.reuters.com/legal/us-abortion-pill-case-fda-could-soften-blow-court-ordered-restrictions-2023-03-23/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">« retarder » ou «&nbsp;atténuer » </a>l’ordonnance de retirer la pilule abortive du marché. De plus, des études montrant l’inefficacité de la mifépristone pourraient être requises afin de déclencher le processus de son interdiction devant les tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La réaction de la communauté mcgilloise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En comparaison avec les États-Unis, le Canada n’a pas de loi particulière sur l’avortement. Sa décriminalisation s’est effectuée de manière complètement différente de son voisin américain. « <em>L’avortement est traité comme n’importe quelle autre procédure médicale au Canada et est par la suite inscrite dans la Loi canadienne sur la santé. Il s’agit d’une intervention médicale couverte par l’assurance fédérale, au même titre</em> <em>qu’une arthroplastie de la hanche </em>», explique la Pr Jennifer Fishman. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de légifération canadienne sur l’avortement limite grandement la possibilité d’en interdire les moyens. La professeure souligne à ce titre qu’« <em>il est possible que les défenseurs de l’avortement et des droits en matière de santé sexuelle ne veulent pas de lois sur l’avortement, parce que cela ouvre la porte à davantage de restrictions si les gouvernements conservateurs prennent le pouvoir dans les provinces ou à l’échelle nationale </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Si l’interdiction de l’avortement n’est pas envisageable dans l’avenir immédiat au Canada, <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec des étudiantes américaines de McGill pour connaître leur perception de la situation aux États-Unis.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Renverser un jugement sur la base de fausses informations, c’est ça qui est dangereux »</p>
<cite>Hannah Allen</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Hannah Allen, étudiante détentrice d’un bac en musique au Oberlin College en Ohio, s’inquiète de l’impact scientifique du projet de loi au Texas contre la pilule abortive. Elle explique que le jugement prononcé contre la pilule abortive au Texas, pourtant approuvée par la FDA, représente un danger pour l’accessibilité aux médicaments en général. « À chaque fois que la FDA donne son approbation pour un médicament ou une pilule, ça prend du temps, c’est vraiment rigoureux. L’idée de ne plus leur accorder la légitimité pour approuver certains médicaments, ça ne sert à rien. Pourquoi faire confiance à toute une entreprise ou une organisation pour assurer la santé et la sûreté de ces produits si on veut renverser par la suite le processus? », questionne-t-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Renverser un jugement sur la base de fausses informations, c’est ça qui est dangereux », selon Hannah Allen. Le fait de « mêler tout ce qui est politique avec le réel et le scientifique » présente selon elle des risques de dérapages sérieux sur la question de l’avortement, déjà très polarisante aux États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée par <em>Le Délit </em>sur la nouvelle bataille engagée contre la pilule abortive aux États-Unis, Morgane Garrick, étudiante franco-américaine à la Faculté des arts, a dénoncé une décision qui relègue l’agentivité des femmes au second plan : « La priorité n’est jamais donnée à la femme, mais toujours à la religion, à certaines valeurs. » Morgane nous a rapporté une formulation cynique entendue, représentant bien selon elle la situation : « <em>Ils donnent la priorité à un enfant à naître parce</em> <em>qu’il y a encore 50 % de chances que ce soit un homme. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux étudiantes témoignent de leurs craintes et de celles de leurs proches vis-à-vis des implications posées par les restrictions et les interdictions à l’avortement, notamment sur les plans de carrière. Hannah témoigne que plusieurs personnes pourraient avoir peur de s’installer au Texas pour poursuivre des études, ou commencer un emploi, en sachant qu’elles n’auraient pas accès à l’avortement là-bas.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-pilule-abortive-illegale-aux-etats-unis/" data-wpel-link="internal">La pilule abortive illégale aux États-Unis?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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