<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Concours - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/category/artsculture/concours/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/category/artsculture/concours/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 05 Apr 2023 19:11:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Concours de poésie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/concours-de-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51636</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit présente les lauréats du concours d’écriture du Collectif de Poésie francophone sur le thème du « Refuge ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/concours-de-poesie/" data-wpel-link="internal">Concours de poésie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>1er Prix attribué à Juliette Lapointe-Roy </p>



<p><strong>Dormir en moi</strong></p>



<p>Terrée sous les draps je me protège du monde dans une barrière du son. C’est seulement dans ce lit que je sais redevenir enfant, ne pas grandir. L’oreiller me chuchote que la nuit absorbe ce qui m’est inconcevable. Je veux parler à la nuit l’enfant parle se dit-elle distraite et je serre contre moi ma vieille peluche du haut de la vingtaine rien n’a changé.</p>



<p>Je me demande pourquoi j’ai dérangé, trop fait savoir que j’étais là. J’ai fini par m’inculquer le renfermement, l’isolement, la sobriété, avant que tout cela ne soit à la mode. Je me demande comment faire pour recommencer à crier. Je cherche toujours par où m’y prendre pour exister.</p>



<p>Je m’invente formellement. Je me catégorise, me dresse en listes une identité fixée. Je décide que le rouge est ma couleur préférée. Je cherche une fin immobile dans laquelle m’encarcaner. Sinon je ne sais pas comment faire. Je peux être qui je veux. Sinon la nuance est mon fardeau, et plus rien n’est noir ni blanc. Sinon il faut penser à l’existence flexible au changement constant. À l’identité mutable. L’évolution donne le vertige, où va tout ce que je perds de moi à chaque instant? Je m’égare dans un labyrinthe de repères qui ne tiennent pas la route. Inventée dans le ciment, je n’ai réussi qu’à me faire mentir. J’ai oublié qui j’étais.</p>



<p>On oublie trop souvent qu’on a un jour été enfant. Car on se croit heureux de l’abandonner, cet enfant, exactement au moment où on le perd. On le délaisse quelque part sous la douillette, avec l’ourson rabougri qui a déjà eu un visage, qui a déjà parlé lui aussi. Et un jour à vingt ans on se demande pourquoi on est déjà en retailles et pourquoi ce deuil en nous d’une personne que l’on a été alors que l’on n’est encore personne. Et quelque chose ici, une pièce détachée, murmure ; ne m’oublie pas. Grandir c’est consentir au mutisme. Je retourne aux draps pour guérir.</p>



<p>Quand je me repose ici le drap est trop léger sur mon corps maintenant grand et je me rappelle l’enfant fragile la tête enfouie. Même quand la cachette est mon seul lieu et que mon petit cœur fait l’équilibriste entre les couvertures, je n’ai plus besoin d’être l’autre chose de moi. Le drap est assez lourd pour me protéger, assez lourd pour que je m’endorme.  </p>



<p class="has-blanc-color has-text-color">.</p>



<p></p>



<p>2ème Prix attribué à Alexandre Gontier</p>



<p><strong>bic.</strong></p>



<p>Les enfants n’ont pas de maison&nbsp;</p>



<p>ils doivent toujours marcher&nbsp;</p>



<p>comme des cerveaux qui se vident&nbsp;</p>



<p>en procession ils coulent dans des jouets mâchouillés<br>et tout le reste.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Pour ne pas se perdre</p>



<p>ils ont les mains attachées aux voisines</p>



<p>attachées deux par deux et ils marchent.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Régulièrement on les accusent&nbsp;</p>



<p>aléatoirement<br>toi tu as les mains sales<br>toi tu vas te laver les mains.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Ils sont<br>sales malgré eux&nbsp;</p>



<p>habillés malgrés eux&nbsp;</p>



<p>parlés<br>et ils sont décidés.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Il faut marcher<br>il faut dire ce qu’on fait<br>il faut retrouver le bouchon avant que ça ne sèche&nbsp;</p>



<p>et ne pas gaspiller ses larmes.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Avec quatre pattes&nbsp;</p>



<p>cherche un bouchon.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>En défilant ils brandissent des mains pleines de poux.&nbsp;</p>



<p>On les photographie et on leur ment.<br>Jamais ils ne verront les photographies.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Qui m’a raturé mes doigts? Personne c’est moi.<br>Je les mords jusqu’à me rappeler que ma bave<br>est la plus sale. Maintenant mes mains sont recouvertes&nbsp;</p>



<p>comme dans un projet qui sent la gouache.&nbsp;</p>



<p>J’encre à l’envers, à partir de mes bouts, je joue.&nbsp;</p>



<p>J’appuie avec ma main sur la surface d’une table parfaitement lisse.</p>



<p>Chacun de mes doigts a éclaté comme une fontaine à dix jets. </p>



<p>Je me lève et comme un enfant qui passe.<br>Je demande où mes stylos peuvent trouver refuge.&nbsp;</p>



<p>On me pointe le sol, et je recommence à chercher.&nbsp;</p>



<p></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>3ème Prix attribué à Chingy </p>



<p><strong>Vers une vulnérabilité choisie</strong></p>



<p>J’ai vu des personnes se refermer subitement lorsqu’on a exposé leur grotte à la vue de tous·tes. Leurs bras se sont croisés sur leur ventre et leur visage est devenu sévère. Une personne en qui elles avaient eu confiance avait guidé des inconnu·e·s jusqu’à leur lieu de recueillement ou de solitude. Un chemin avait été tracé jusqu’à leur grotte, et elles ne pouvaient désormais plus être tranquilles : les visiteurs pourraient y revenir sans invitation. Elles n’ont ensuite participé aux conversations que lorsqu’on les a interpellées, et un tranchant est apparu dans leur voix. Elles ont perdu leur ton familier et ont transformé des mots qui habituellement ouvrent en des mots qui ferment (des mots qu’on utilise pour créer une distance). Elles ont acquiescé en disant «effectivement», mais la sécheresse dans leur voix laissait bien savoir à leur auditoire que ce marqueur de relation ne serait suivi d’aucune explication.</p>



<p>Bien que certaines personnes laissent paraître leur paysage interne comme une vaste plaine sans refuge, je sais que tout le monde a une grotte et qu’on choisit judicieusement les personnes qu’on y accueille ainsi que la durée de leur séjour. Les invitations sont toujours à renouveler et rares sont les personnes qui y possèdent un accès privilégié.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/concours-de-poesie/" data-wpel-link="internal">Concours de poésie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 3)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:29:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45618</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésieBaleine.jpg" alt class="wp-image-45488"><figcaption><span class="media-credit">alexandre gontier</span></figcaption></figure>



<p><strong>Anaël Bisson</strong></p>



<p><strong><em>Les baleines à brosses</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les algues dans ta trachée</p>



<p>te rappellent les arômes de ton enfance</p>



<p>te rappellent ton père</p>



<p>viscosité des souvenirs passés date</p>



<p>qui te collent à la peau comme le sable te colle aux pieds</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Petite, il te disait de regarder par la fenêtre du wagon de métro</p>



<p>entre les traces laissées par tes doigts</p>



<p>pour mieux voir les tortues de mer&nbsp;</p>



<p>qui peuplaient les souterrains imaginaires</p>



<p>de cette ville engloutie par vos eaux&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas qu’il noierait ton innocence</p>



<p>sous les rues de Montréal</p>



<p>que l’intérieur de tes poumons serait habillé de mousse verte &nbsp;&nbsp;&nbsp; et de ménés grisâtres</p>



<p>que le fleuve s’infiltrerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ton corps à toi</p>



<p>par les crevasses qu’il tailladerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ses bras à lui</p>



<p>avec les mille et un fragments d’un seul corail&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas que les espèces marines de la ligne verte s’éteindraient</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; aux fous qui errent sur les quais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;plus de place &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tes vomis de lendemain de veille</p>



<p>après avoir léché trop de sel sur tes poignets&nbsp;</p>



<p>pour mieux te rappeler l’océan et oublier tout le reste</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à ses pulsions occasionnelles</p>



<p>d’apprendre à nager le crawl sous les rails</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tous ses plongeons manqués&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; ses frousses soudaines du tremplin jaune</p>



<p>devant le regard blasé des opérateurs</p>



<p>qui savent qu’il n’aime pas la sensation de l’eau dans ses narines</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;qu’il a peur de la décharge électrique</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;que les gens comme lui ne sautent jamais</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Depuis tes douze ans et trois quarts</p>



<p>tu te vantes d’avoir vu toutes les stations</p>



<p>comme si ça voulait dire autre chose</p>



<p>qu’aidez-moi-je-ne-vais-nulle-part</p>



<p>comme si tu ne connaissais pas comme seule étreinte</p>



<p>que celle du métal des tourniquets sur ton corps-calcaire</p>



<p>comme si la STM n’avait pas arraché le soleil à ta peau</p>



<p>comme si tu ne trouvais pas refuge dans la voix féminine&nbsp;</p>



<p>qui bégaie code 904 sur la ligne orange</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; on attend l’autorisation pour peut-être repartir mais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; ne t’impatiente pas</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; de toute façon personne ne t’attends nulle part&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; code 904 sur la ligne orange</p>



<p>dans le creux de ton oreille</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quand tu remontes à la surface</p>



<p>tu prends les escaliers roulants&nbsp;</p>



<p>tu laisses la voix des passants&nbsp;</p>



<p>remplacer les bourrasques dans ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu respires enfin&nbsp;</p>



<p>et dans les rues bondées&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te regarde comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>d’un ricochet manqué&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; galet difforme</p>



<p>d’un french sans écume dans le parking du cinéma Imax</p>



<p>après un documentaire trop bleu sur les créatures abyssales</p>



<p>d’un interlude silencieux entre deux apnées de poudre</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te touche comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>sous huit couches des sédiments&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; de moitiés d’hommes&nbsp;</p>



<p>sous la pression de leurs jointures&nbsp;&nbsp;&nbsp; sur les côtes de leurs femmes&nbsp;</p>



<p>Stromatolithe&nbsp;</p>



<p>conservée sous les couches de bouchons de lièges</p>



<p>de je-vous-salue-Marie chuchotés dans le placard&nbsp;&nbsp;&nbsp; et d’éclats de verres old-fashioned&nbsp;</p>



<p>moulée par les vibrations&nbsp;</p>



<p>des cris et des tirs d’un fusil de chasse</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te parle comme si tu n’étais pas&nbsp;</p>



<p>un grain de sable dans une palourde vide</p>



<p>une presque perle &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; qui ne brille pas&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu oublies que c’est avec des morceaux de ton corps</p>



<p>qu’ils ont fait l’île Sainte-Hélène</p>



<p>que c’est toi qui es crucifiée sur le Mont-royal</p>



<p>que les bateaux du Vieux-Port</p>



<p>baignent dans les larmes de ta mère</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le soir, dans ta chambre</p>



<p>tu tournes sans fin</p>



<p>en espérant que la force centrifuge</p>



<p>enlève l’eau dans tes poumons&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>et la mette à tes pieds</p>



<p>comme la mer qui les lavait</p>



<p>du sang sur lesquels ils ont marchés</p>



<p>avant même qu’il ne coule</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Ton corps est troué</em></p>



<p>tu le remplis de mauvais poèmes et de lait&nbsp;</p>



<p><em>le vent siffle au travers</em></p>



<p>tu hurles par dessus</p>



<p><em>chuchote ce qu’il manque &nbsp;&nbsp;&nbsp; au pli</em></p>



<p><em>de ton coude</em></p>



<p>le verre est toujours vide &nbsp;&nbsp;&nbsp; tu le cales et tu coules</p>



<p><em>les îles qui s’y glissent</em></p>



<p>Dérivent entre tes seins</p>



<p><em>les absences qui élargissent tes hanches</em></p>



<p>Dorment en cuillère avec toi la nuit</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>tu ne sais plus habiter la ville</em></p>



<p>tu l’embrasses les yeux fermés</p>



<p><em>lui invente des passants recousus</em></p>



<p>pour qui tu n’as pas de visage</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>ça résonne au-dedans de toi</em></p>



<p>comme tous leurs silences d’ailleurs</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>et le sel&nbsp;</em></p>



<p><em>remonte dans ta gorge.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 2)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:25:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45616</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-text-align-right">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésie-524x1000.jpg" alt class="wp-image-45489"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Catherine Légaré</strong></p>



<p><strong><em>Le corps au calme</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu penses&nbsp;</p>



<p>comme tu respires</p>



<p>les grands airs salins</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu confonds un littoral avec ta mémoire</p>



<p>tu inventes des souvenirs</p>



<p>pour les hommes&nbsp;</p>



<p>qui s’échouent près de tes cuisses</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tes narines sont</p>



<p>des cavernes de cristal</p>



<p>où des noms résonnent en écho</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>un cri un SOS un appel à hier&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’infini traverse ta poitrine</p>



<p>une route galeuse</p>



<p>qui mène aux versants marins&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>c’est tout le fleuve qui coule entre tes jambes</p>



<p>tous les tremblements qui partent de ton corps</p>



<p>tout le monde qui s’abreuve à toi</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la gorge au large tu hurles</p>



<p>et les albatros se reposent sur ta langue&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on fait des trésors de tes seins</p>



<p>des nénuphars de tes yeux</p>



<p>des pétales de tes lèvres</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu es observée au loin</p>



<p>une presqu’île aux mille légendes</p>



<p>ta bouche est un secret sur lequel je me repose</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et j’ai un océan entier pour te bercer.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Pierre-Olivier Bergeron-Noël</strong></p>



<p><em><strong>Le fracas de tes ravages</strong></em></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Me cacher&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; vivre sous les ronces&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>quand ta langue déverse sa rouille&nbsp;</p>



<p>dans mes affres à vifs&nbsp;</p>



<p>feu garroché</p>



<p>tempête de sable dans la gorge</p>



<p>tout tangue</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu aboies&nbsp;</p>



<p>la sauvage calcification&nbsp;</p>



<p>de tes douleurs aux ombres d’écueils&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’asphyxie banalisée&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton épieu&nbsp;</p>



<p>plongé entre la glace et ton reflet&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu nous décomposes</p>



<p>et la bile renaît&nbsp;</p>



<p>sous la guillotine</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>entre les jours&nbsp;</p>



<p>mon visage ondule&nbsp;</p>



<p>près de ma carcasse étirée sur la rive</p>



<p>à l’odeur du soleil absent&nbsp;</p>



<p>je goûte le fer de mes gémissements</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la lente corrosion des scarabées</p>



<p>l’incendie attendu</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton étreinte comme des barbelés</p>



<p>tes crachats&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me trouent les viscères&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>nos corps&nbsp;</p>



<p>se brodent au mercure brûlant des heures&nbsp;</p>



<p>qui passent sans retour&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la nuit dans mes rêves&nbsp;</p>



<p>le fer de ta coque se déchire&nbsp;</p>



<p>sur ta chair&nbsp;</p>



<p>&nbsp;j’en arrache les lamelles&nbsp;</p>



<p>comme des lattes pourries&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu hurles mais j’étouffe le fracas de tes ravages&nbsp;&nbsp;</p>



<p>avec des planches&nbsp;</p>



<p>et toute une artillerie de battements de cœur</p>



<p>que tu ne croyais plus jamais entendre&nbsp;</p>



<p>de mon vivant&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center"><meta charset="utf-8">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la troisième partie »</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 1)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 16:33:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45587</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Angelina Guo</strong></p>



<p><strong><em>Tu ne sais plus habiter ton corps</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu : to burst</p>



<p>ton corps est troué</p>



<p>le vent siffle au travers</p>



<p>chuchote &nbsp; &nbsp; ce qu’il manque au pli</p>



<p>de ton coude</p>



<p>les îles qui s’y glissent</p>



<p>les absences élargissent tes hanches</p>



<p>tu ne sais plus habiter la ville</p>



<p>lui inventes des passants recousus</p>



<p>ça résonne au-dedans de toi&nbsp;</p>



<p>et le sel</p>



<p>remonte dans ta gorge</p>



<p>and bursts</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>into a hollow knot</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu ne sais plus habiter ton corps</p>



<p>sa surface qui s’épluche</p>



<p>ne sais même plus</p>



<p>de quand date ce vent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>de quel équilibre</p>



<p>est faite ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>même les hommes</p>



<p>qui parcourent tes artères</p>



<p>se plaignent de tes failles</p>



<p>ton toucher osseux</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>chuchotent&nbsp;</p>



<p>au creux de ton ventre</p>



<p> &nbsp; &nbsp; j’entends la mer</p>



<p> &nbsp; &nbsp; je n’y crois plus&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et tandis que ton coude</p>



<p>s’enroule</p>



<p>autour de leur faim</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu se dissipe</p>



<p>ton armure rétrécit</p>



<p>ne laissant sur le lit</p>



<p>qu’une pelure de pomme&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Amélie Ducharme </strong></p>



<p><strong><em>Presque là</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>sens-tu que&nbsp;</p>



<p>je fonds sous&nbsp;</p>



<p>la couette que&nbsp;</p>



<p>je baigne dans&nbsp;</p>



<p>ce chaud de&nbsp;&nbsp;</p>



<p>5 heures 57&nbsp;</p>



<p>mais il manque&nbsp;</p>



<p>ton oreiller&nbsp;</p>



<p>je sais t’habiter&nbsp;</p>



<p>me sens-tu qui&nbsp;</p>



<p>sors les doigts puis saisis ce petit toi&nbsp;</p>



<p>appels récents&nbsp;</p>



<p>favoris j’ai&nbsp;</p>



<p>le choix&nbsp;</p>



<p>de fermer&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">les yeux&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right">et fondre&nbsp;</p>



<p><em>allo?&nbsp;</em></p>



<p>à deux pas mais&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me sens-tu&nbsp;</p>



<p>presque là&nbsp;</p>



<p>lève la couette et&nbsp;</p>



<p>tends-moi&nbsp;&nbsp;</p>



<p>l’oreiller</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la deuxième partie »</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
