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	<title>Pierrick Rouat - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 05 Feb 2013 21:44:15 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Une décision que l’on n’attendait plus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/05/une-decision-que-lon-nattendait-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierrick Rouat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 06:18:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et sion parlait d'injustice légale?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/02/05/une-decision-que-lon-nattendait-plus/" data-wpel-link="internal">Une décision que l’on n’attendait plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rideau est tombé il y a peu sur l’acte final d’une épopée juridique et humaine sans pareille: le recours collectif de milliers d’Indigènes équatoriens et amazoniens contre la pétrolière américaine Chevron-Texaco.<br>
L’histoire commence en 1993 quand un groupe d’avocats équatoriens déposent plainte à New York contre les activités de Chevron-Texaco dans leur pays: des rejets polluants délibérément non contrôlés ayant causé la destruction de centaines de milliers d’hectares de l’Amazonie équatorienne et de graves impacts sur la santé de 30 000 personnes. En 2003, le procès commence, et malgré l’avantage écrasant de Chevron-Texaco en ressources économiques et humaines, la justice équatorienne rend un jugement en janvier 2011, qu’elle a confirmé la semaine passée: coupable. L’entreprise doit payer 19,2 milliards de dollars, soit le dédommagement le plus élevé de l’histoire de l’humanité.<br>
Récapitulons: 50 ans après ses débuts, une des plus grandes catastrophes du siècle est finalement condamnée, mais au prix de dégâts environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux irréversibles. Certes oui, le jugement et l’amende sont historiques. Cependant, peuvent-ils réparer l’irréparable? Manifestement non, et c’est donc notre devoir de discuter de la façon de prévenir pareilles catastrophes.<br>
Nous nous sommes dotés, collectivement et internationalement, d’outils juridiques pour protéger les plus vulnérables: les minorités linguistiques, ethniques, religieuses, les plus défavorisés socio-économiquement, ou les victimes d’abus de pouvoir. Le Québec a sa Charte des droits et libertés de la personne; le Canada a sa Charte des droits et libertés, et à l’international, il y a une foule de documents divers, dont la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.<br>
Évoquons une autre catégorie de vulnérabilité: celle de la diversité biologique et de ses composants, la «Nature», si vous préférez. Peut-on s’entendre sur le fait que l’augmentation de notre pouvoir de production ne vient pas avec celle de notre savoir agir? Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’essayer de conquérir Dame Nature, mais bien de ne pas la détruire.<br>
Si on s’est doté d’instruments comme les droits humains, c’est parce qu’on a postulé que les êtres humains ont des droits, car ils sont des sujets de droit.<br>
Si Dame Nature avait eu des droits, et qu’il n’avait pas fallu attendre que les enfants des Indigènes de l’Équateur et de l’Amazonie meurent ou deviennent gravement malades une fois adultes, la catastrophe aurait-elle pu être arrêtée plus tôt? Aurions-nous dû attendre janvier 2013 pour une histoire qui a commencé en 1964?<br>
Quand Texaco s’est retiré de l’Équateur en 1992, il y a laissé 60 millions de litres de pétrole et 68 000 millions de litres d’eaux toxiques, répandus dans l’écosystème amazonien. Sans parler des millions de mètres cubes de gaz brûlés à l’air libre. Et comme le précise le jugement, il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’une détermination à faire des économies. Mes maigres connaissances d’étudiant en droit ne me permettent pas de déterminer affirmativement quelle aurait été la meilleure solution, mais il est certain que la flagrante vulnérabilité de la diversité biologique appelle à un changement dans notre conception de la relation humain-nature. Peut-être faut-il protéger la Nature en tant qu’entité vulnérable, et lui donner une voix.<br>
Dans certaines projections du droit contemporain, la planète devient elle-même un sujet de droit. Autrement dit, elle a des droits, que nous devons respecter. Certains ont proposé d’accorder des droits à la nature en général, et d’autres vont jusqu’à le proposer pour les arbres, rivière, et les océans. Je ne peux dire qui a raison, faites-moi plaisir: pensez‑y très sérieusement. Les textes du droit de l’environnement sont abondants et renforcent le filet de protection de l’environnement. Malgré tout, il doit souvent céder devant des contraintes sociales et économiques et apparaît comme un droit secondaire. La question de savoir si on devrait ériger la Nature comme sujet de droit en soulève quantité d’autres. Qui pourrait la représenter? Comment réparer les préjudices causés par l’atteinte à ses droits?<br>
L’espoir, tout de même, subsiste: les 30 000 victimes ont décidé que l’argent ne serait pas partagé individuellement et servirait la collectivité. Ainsi, la majeure partie ira à la réparation de l’environnement. Le reste? Aux hôpitaux, aux écoles, à l’approvisionnement en eau potable.<br>
Si l’idée que pour avoir une écologie qui se respecte, il faut faire de la diversité biologique un sujet de droit à part entière, si cette idée peut sembler saugrenue, ou même absurde, rappelons-nous du temps où la même chose se disait de la démocratie et du droit de vote des femmes.</p>
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		<title>La jeunesse en force</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/10/30/la-jeunesse-en-force/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierrick Rouat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2012 16:31:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Léo Bureau-Blouin, invité d’honneur d’une soirée organisée par Forces Jeunesse.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lundi le 22 octobre, une semaine avant la rentrée parlementaire, l’organisme Force Jeunesse a organisé un 6 à 8 à Montréal au restaurant Le Saint-Cyr, sur le thème de «la place et le rôle des jeunes dans les institutions démocratiques québécoises».</p>
<p>Créé en 1998, Force Jeunesse (FJ) est un regroupement de jeunes travailleurs qui œuvrent à la défense et à l’amélioration des conditions de travail d’autres jeunes travailleurs. L’organisme comprend des associations étudiantes, des associations de jeunes syndiqués, des comités jeunesse de différents ordres professionnels et des membres individuels, unis par un intérêt commun pour l’avenir collectif de notre société.</p>
<p><strong>Des objectifs ambitieux</strong></p>
<p>L’invité spécial de cette soirée était Léo Bureau-Blouin, nouveau député péquiste à l’Assemblée Nationale, dont le mandat d’adjoint parlementaire à la jeunesse suscite l’intérêt de Force Jeunesse.</p>
<p>De telles soirées sont fréquemment organisées par FJ, explique Philippe-Olivier Giroux, président de l’organisme, «car elles offrent aux jeunes la possibilité de se créer un réseau professionnel pour avoir une plus grand influence et prendre leur place dans la société». Dans le cas de la soirée du 22 octobre, l’objectif avoué était aussi de se rapprocher du nouvel adjoint parlementaire à la jeunesse.</p>
<p>Les enjeux sont de taille, à l’heure où la pyramide des âges s’inverse, où le poids démographique des 18–35 diminue (l’actuel conseil des ministres du gouvernement québécois, est composé à plus de 60% de membres âgés de plus 50 ans. Cette proportion se situait à 16% il y a trente ans) et où les retraites pèsent sur les finances publiques. Merlin T. Picard, vice-président aux communications de FJ, explique au <em>Délit</em>: «L’équité intergénérationnelle, [autrement dit le principe selon lequel l’utilisation des ressources publiques ne doit pas nuire à la capacité des générations futures d’en bénéficier également, ndlr], les perspectives d’emploi de la relève et l’organisation des jeunes en milieu de travail sont parmi nos plus grandes préoccupations».</p>
<p>Mais par-dessus tout, ce que souhaite FJ, c’est qu’à chaque décision publique les instances décisionnelles se posent la question: quels impacts peuvent avoir les décisions prises aujourd’hui sur la jeunesse de demain?</p>
<p>C’est pourquoi l’organisme, depuis sa création, tente d’intervenir sur l’espace public et de faire valoir au Québec le poids de sa jeunesse. Parmi ses succès, on compte la modification de la loi sur les normes du travail pour l’interdiction des clauses&nbsp;«orphelin» (c’est-à-dire les clauses d’une convention collective qui prévoient des différences de traitement entre salariés, basées sur la date d’embauche) (1999). La mise sur pied d’une coalition d’organismes jeunesse incluant les ailes jeunesse des trois principaux partis politiques québécois demandant au gouvernement de débuter le remboursement de la dette publique (2005) est un autre succès. Enfin, l’organisme a réussi à mener à la création du fond des générations (2006).</p>
<p><strong>Les enjeux actualisés</strong></p>
<p>Pour le président de FJ Philippe-Olivier Giroux, l’événement du 22 octobre avait pour objectif de «favoriser l’échange et la réflexion», toujours sous le thème de&nbsp;«la place et du rôle des jeunes dans les institutions démocratiques québécoises».</p>
<p>Dans cette optique, <em>Le Délit</em> a rencontré M. Bureau-Blouin avant le début de la soirée. Le député est d’accord sur le fait que les jeunes doivent prendre une place plus importante dans la société québécoise et selon lui, ce sont des organismes comme FJ qui permettent la sensibilisation du gouvernement à l’importance de l’équité entre les générations et à l’importance d’agir pour les faire travailler ensemble.</p>
<p>Comment inscrire ces efforts dans le contexte politique actuel? Le conflit entourant la hausse des frais de scolarité a suscité, de part et d’autre, un intérêt considérable pour les enjeux collectifs, mais comment entretenir cette énergie? Pour Léo Bureau-Blouin, il faut d’abord «organiser et publiciser le sommet sur l’enseignement supérieur, où toute la mobilisation et la réflexion pourront être canalisées pour initier des changements concrets».</p>
<p>Ensuite, la place d’une jeunesse, autant pour FJ que pour le nouveau député, dépend de son engagement dans les institutions démocratiques. Selon ce dernier, l’engagement ce n’est pas uniquement faire de la politique à l’Assemblée nationale, c’est aussi «démarrer une entreprise, partir un organisme, participer à une simulation parlementaire» comme le Parlement Jeunesse du Québec. Il suffit de jeter un coup d’œil aux bénévoles de FJ pour être convaincu que l’engagement peut rapidement devenir une habitude.</p>
<p><strong>Des pistes de solutions</strong></p>
<p>Parmi les idées de M. Bureau-Blouin et de FJ, plusieurs se rejoignent. Le regroupement demande depuis longtemps de réserver une place aux jeunes sur les conseils d’administration d’organismes gouvernementaux, dont la Régie des rentes du Québec. En entrevue avec <em>Le Délit</em>, M. Bureau-Blouin a manifesté la volonté de «trouver des manières pour faire plus de place aux jeunes dans la fonction publique, notamment en leur trouvant des places sur les conseils d’administration des différentes sociétés». Son objectif: que de plus en plus, avec chaque nouvelle politique publique adoptée, la réflexion se fasse quant à l’impact qu’elle peut avoir sur les jeunes.</p>
<p>Nul doute qu’une étroite collaboration entre l’adjoint jeunesse de la première ministre et les organismes incarnant cette jeunesse est nécessaire pour relever les nombreux défis que présentent les années à venir. Avec l’exode des jeunes des campagnes vers les villes, des revendications étudiantes clairement formulées, une balance démographique de plus en plus inégale, le clivage linguistique et le besoin de faire participer les jeunes anglophones dans les décisions à venir malgré une majorité qui n’appuie pas le mandat souverainiste du PQ, nous aurons tous fort à faire.</p>
<p>Si la question de la jeunesse est complexe, elle se pose d’autant plus que le Québec, comme le Japon, l’Europe de l’Ouest ou l’Amérique du Nord, est arrivé à un stade de son développement démographique qui désavantage numériquement les jeunes de 18–35 ans. Des pistes de réflexion existent, et elles commencent toutes par l’engagement des jeunes. Cet engagement apporte une expérience qui peut être partagée, et ce partage apporte la visibilité dont ces jeunes ont besoin pour faire leur place, comme en témoignent M. Bureau-Blouin et M. Giroux.</p>
<p>Comment les étudiants peuvent-ils s’engager? En participant aux prochaines rencontres de FJ, à ses cocktails dans les semaines à venir, ou à son événement <em>Maîtres chez vous</em>, en début mars prochain, dont l’information est sur le site de l’organisme. Pour la communauté universitaire de McGill, par ailleurs, les occasions sont multiples. Les comités, clubs, journaux, simulations parlementaires auxquels les étudiants peuvent participer, dont la Fondation David Suzuki, Amnistie McGill, Emerging Markets Club et le Parlement Jeunesse du Québec sont autant d’exemples qui participent tous à promouvoir cet engagement.</p>
<p>Pour terminer, M. Bureau-Blouin, questionné sur les deux rôles parfois conflictuels du député – porte-parole d’un côté et leader de l’autre – et la façon de les concilier, a déclaré&nbsp;au <em>Délit</em>: «Quand on élit quelqu’un, ce n’est pas juste un fax, c’est aussi une personne qui doit jouer un rôle de leadership et donner une vision à l’organisme, en tout respect des valeurs démocratiques». Peut-être que c’est aussi ça, faire partie de la jeunesse: jouer un double rôle. Vivre la tension d’appartenir à un ensemble auquel tout nous pousse à se conformer, tout en essayant de le dépasser.</p>
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