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	<title>Louis St-Aimé - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 26 Jan 2018 22:15:42 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Derrière les RIDM avec Amy Miller</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/28/derriere-les-ridm-avec-amy-miller/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Nov 2017 17:16:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[RIDM]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit s’entretient avec la réalisatrice du documentaire Le pouvoir de demain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/11/28/derriere-les-ridm-avec-amy-miller/" data-wpel-link="internal">Derrière les RIDM avec Amy Miller</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">lors que les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM) battent leur plein,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Le Délit</i> a eu la possibilité de rencontrer Amy Miller pour parler de son nouveau projet. Ce dernier est son quatrième documentaire, qui marque également sa quatrième oeuvre en tant que réalisatrice<i>. Le pouvoir de demain </i>est un film engagé qui, comme ses deux précédents, fait l’analyse d’enjeux socio-environnementaux à trois différents endroits du monde. Échange avec une réalisatrice éprouvée qui ne recule pas devant les obstacles ou le danger.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«L’an dernier était difficile, dit-elle d’emblée. On a subitement perdu un quart de notre financement pour <i>Le pouvoir de demain</i> lorsqu’un de nos diffuseurs a fermé ses portes, et on a donc dû actionner nos muscles de résistance (« resilience » en anglais, ndlr) pour produire ce film. »</span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">Le Délit (LD)</span></strong><span class="s1"><strong>:</strong> <i>Quelles sont les difficultés qui touchent votre milieu actuellement?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><strong>Amy Miller (AM):</strong> </span><span class="s1">Dans un paysage médiatique évoluant, les médias convergent et se concentrent: il y a de moins en moins de licences de diffusion et on doit concurrencer les contenus en ligne. En tant que cinéastes indépendants, on cherche et on finit par trouver, à l’instar des sujets de mes films, des solutions de survie collective.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><strong>LD:</strong> </span><span class="s1"><i>Comment avez-vous choisi les sujets de vos films, et d’où tirez-vous votre inspiration?</i></span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">AM:</span></strong><span class="s1"> Les enjeux dont traitent mes trois derniers films font tous partie d’un même grand tableau d’injustice climatique: saisies de terres, déforestation, monocultures, auxquelles viennent s’ajouter la privation stratégique d’énergie exercée par des élites locales et globales pour subjuguer l’opposition sur le terrain. Le film <i>Last Call at the Oasis</i> (2011), qui examinait la crise mondiale de l’eau, avait passablement influencé mon œuvre et mon style documentaire.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><strong>LD:</strong> </span><span class="s1"><i>Vous avez tourné sur place à Gaza, en Colombie, et au cœur de l’Afrique. Avez-vous rencontré des difficultés dans ces endroits en tant que réalisatrice?</i></span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">AM:</span></strong><span class="s1"> C’est sûr qu’à certains moments, des intervenants ont tenté de me court-circuiter en s’adressant à mon cinématographe ou à d’autres membres masculins de mon équipe. Cela présente toutefois des avantages: les militaires et autres acteurs de schémas d’oppression se méfient moins lorsqu’ils ont une femme devant eux. Ils baissent leur garde et révèlent alors plus facilement leur vraie nature à la caméra. Et n’oublions pas que bon nombre d’entre eux trouvent justifiée, par ignorance ou conditionnement, la répression qu’ils exercent sur les groupes plus vulnérables.</span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">LD</span></strong><span class="s1"><strong>:</strong> <i>Au tout début du</i> Pouvoir de demain, <i>le courant coupe soudainement en pleine chirurgie dans un hôpital de Gaza. Comment avez-vous réussi à capter cette scène-choc?</i></span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">AM:</span></strong><span class="s1"> En fait, le courant à Gaza ne fonctionne que quatre heures par jour en moyenne et est souvent interrompu selon un horaire relativement prévisible. Cela fait partie de la stratégie employée par l’administration locale pour maintenir la population gazaouie littéralement dans le noir et solliciter plus d’aide de la communauté internationale. Sans être une mise en scène, c’était tout de même un événement prévisible.</span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">LD: </span></strong><span class="s1"> <i>Quel parcours personnel vous a emmené à faire des documentaires engagés?</i></span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">AM: </span></strong><span class="s1">Pendant mes études universitaires à Ottawa, j’ai participé au « Squat de Sept ans », une occupation populaire d’un immeuble privé laissé à l’abandon, où je m’étais d’ailleurs fait arrêter en 2002. Sept ans : c’était la durée moyenne d’attente pour obtenir un logement abordable, et c’est aussi la durée pendant laquelle cet immeuble était resté à l’abandon avant notre occupation. À cette époque, j’étais déjà « fichée » à cause de mon premier film <i>Myths For Profit</i> sorti l’année précédente. J’ai regretté un peu de ne pas avoir employé un pseudonyme pour réaliser ce film, qui traitait du rôle du Canada dans le commerce mondial de l’armement, un sujet qui s’avère plutôt sensible. Plusieurs intervenants avaient refusé de me parler, et avaient fui ma caméra après la sortie de ce film choc. Au sommet du G20 à Toronto en 2010, j’avais aussi sonné l’alarme quant au traitement réservé aux manifestantes séquestrées, particulièrement les agressions ou l’intimidation de nature sexuelle subie par certaines d’entre elles.</span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">LD: </span></strong><span class="s1"><i>Après</i> Le Pouvoir de demain<i>, quel autre projet préparez-vous?</i></span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s2">AM: </span></strong><span class="s1">Je veux mettre au grand jour le complexe militaire-industriel et sa contribution au chaos climatique global; une étude de l’empreinte environnementale gigantesque de la machine de guerre transnationale. À la différence de mes plus récents films, tournés entièrement à l’étranger et sous-titrés par la suite, celui-ci sera réalisé en anglais. Je le veux punché, sexy et provoquant! </span></p>
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		<title>Trois zones en conflit, un combat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/trois-zones-en-conflit-un-combat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2017 17:24:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Amy Miller]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[RIDM]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>RIDM présente Le pouvoir de demain, dernier cru de la cinéaste engagée Amy Miller.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a réalisatrice Amy Miller n’a pas froid aux yeux, habituée comme elle est à filmer droit au front des luttes de justice sociale à travers le monde. Depuis 2009, elle tourne des documentaires engagés qui assume pleinement son parti pris sans pour autant verser dans la commisération avec ses sujets, piège dans lequel sont tombés d’autres documentaristes du genre, avant elle. Au contraire, Miller met l’accent sur les efforts collectifs déployés par les communautés pour tenir tête avec dignité aux systèmes qui les menacent.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans <i>Myths for Profit</i> (2009), elle avait examiné le rôle pas toujours innocent du Canada dans le commerce international de l’armement, alors que <i>The Carbon Rush</i> (2012) énumérait les effets pervers de la ruée vers les crédits de carbone liés à des projets «écologiques» douteux situés dans trois pays en voie de «développement».<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>No Land, No Food, No Life</i> (2013) traitait quant à lui des saisies de terre de paysans défavorisés au Mali, au Cambodge et en Ouganda. On peut donc dire que la native de Sudbury, Ontario s’est engagée à donner une voix aux communautés marginalisées dans des régions dont le grand public canadien n’entend que peu parler.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Le pouvoir de demain</i>, Miller a récupéré une formule qui avait très bien servie dans ses deux films précédents: elle a voyagé à trois points de conflits dans le monde pour y recueillir des témoignages passionnés et — plus que jamais — des images époustouflantes, ayant ici refait équipe avec le cinématographe Sylvestre Guidi qui avait également contribué à <i>No Land, No Food, No Life</i>.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Gaza</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le film commence dans le bloc opératoire de l’hôpital <i>Al Shifa</i> à Gaza, subitement plongé dans le noir par une panne de courant aussi débilitante que fréquente dans le territoire enclavé, sous blocus israélien et égyptien. «<i>Le courant est coupé?</i>» demande un chirurgien en pleine opération. «<i>Dieu merci pour les batteries</i>», répond un autre quelques secondes plus tard alors que s’enclenche l’éclairage d’appoint, sombre mais suffisant pour continuer la procédure. Le personnel de l’hôpital doit composer chaque jour avec les contraintes énergétiques qui leur sont imposées: une analogie marquante de la dynamique de pouvoir asymétrique que Gaza subit depuis un demi-siècle sous le joug de l’occupation.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« À chacun de ces endroits, les populations locales mettent en œuvre des réseaux solidaires pour résister aux affronts du conflit armé, de l’occupation, et/ou de la destruction écologique »</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Arauca</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette région éloignée de la Colombie serait l’une des plus militarisées au monde, selon des intervenants sur le terrain. Le «Plan Colombie» conclu avec les États-Unis en 1999 apportait à l’armée colombienne un important soutien américain devant servir, en théorie, à combattre les cartels de drogue et les insurrections de gauche. Dans les faits, elle «sécurise» les intérêts pétroliers de firmes transnationales venues exploiter les gisements pétroliers dans la jungle d’Arauca, au détriment des populations locales qui subissent l’injustice des saisies de terre et l’indignité de l’occupation militaire constante.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Rhéna</b></span><span class="s3"><b>nie</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans cette région du nord de l’Allemagne, l’extraction industrielle de la lignite (charbon brun), une des sources d’énergie qui contribue le plus aux changements climatiques en plus d’occasionner des pluies acides, est croissante depuis le retrait progressif du nucléaire annoncé par l’Allemagne en 2000. Le complexe minier à ciel ouvert en Rhénanie représente la plus grande source de carbone en Europe, alors qu’on sait déjà que 80% des gisements mondiaux d’hydrocarbures doivent rester sous terre pour limiter à 2 degrés la hausse de la température moyenne globale.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« C’est un choix judicieux ici que de céder la parole aux protagonistes qui racontent à la première personne les succès inspirants de leur communauté respective »</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Problème global, solutions locales</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À chacun de ces endroits, les populations locales mettent en œuvre des réseaux solidaires pour résister aux affronts du conflit armé, de l’occupation, et/ou de la destruction écologique. À Gaza, l’hôpital a installé, à l’instar des ménages palestiniens ayant les moyens d’en équiper leur maison, de puissants et dispendieux systèmes d’énergie solaire pour assurer les besoins de base de l’établissement. Exemple marquant: les produits sanguins devant être réfrigérés en tout temps, ce système d’appoint permet de sauver la réserve en cas de panne. Encore, le personnel doit assurer manuellement plusieurs tâches qui seraient, autrement, assurées par des appareils déjà présents sur place.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les habitant·e·s d’Arauca se mobilisent pour résister à l’invasion des pétrolières transnationales; forment des coopératives pour assurer tant les services publics de transport et d’aqueduc que la mise en marché des produits alimentaires locaux, et assurent un meilleur lendemain collectif aux habitant·e·s de la région. En Allemagne, on a mis sur pied plus d’une centaine de villages alimentés par la bioénergie alimentée de résidus agricoles et gérée par des coopératives locales. Au moment du tournage, des activistes participaient à un campement autogéré d’action sur le climat et à des actions directes de désobéissance civile sur le site et sur la gigantesque machinerie de la mine. Un groupe s’apprêtait aussi à occuper à long terme la cime des arbres d’une forêt millénaire menacée par l’expansion de la mine voisine.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Là où il y des schémas d’oppression, il y a aussi (et surtout!) un potentiel d’organisation citoyenne pour le bien de tou·te·s »</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Le pouvoir populaire: aujourd’hui et demain</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Contrairement à<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>No Land, No Food, No Life</i> narré par la vedette de cinéma Neve Campbell, <i>Le pouvoir de demain</i> est commenté entièrement par les intervenant·e·s sur le terrain: médecins gazaouis, activistes colombien·ne·s et autres ingénieurs allemand·e·s, parmi d’autres. C’est un choix judicieux ici que de céder la parole aux protagonistes qui racontent à la première personne les succès inspirants de leur communauté respective. La caméra de Guidi fournit maints plans des plus lumineux, soigneusement composés et souvent d’une beauté remarquable. Miller, en tant que réalisatrice et productrice du film, évite donc le piège de la sur-dramatisation visuelle: un étalonnage plus sombre et l’inclusion de plus d’images-choc auraient pu susciter un sentiment de désespoir alors que ce film se veut au contraire un appel à la mobilisation affirmative. Comme dans les films précédents de Miller, le message qu’on retient en est un d’espoir: là où il y des schémas d’oppression, il y a aussi (et surtout!) un potentiel d’organisation citoyenne pour le bien de tou·te·s.</span></p>
<p class="p1">
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		<title>Décadence carioca et dictature</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/10/24/decadence-carioca-et-dictature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2017 17:32:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À&#160;quatre-vingt ans, l’acteur et réalisateur brésilien Domingos de Oliveira porte au grand écran un portrait autobiographique de sa jeunesse à Rio de Janeiro. Nous sommes en 1963, peu de temps avant le coup d’état qui mis au pouvoir pendant plus de vingt ans un régime militaire brutal et répressif au Brésil. L’histoire se déroule essentiellement&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/10/24/decadence-carioca-et-dictature/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Décadence carioca et dictature</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">À&nbsp;</span>quatre-vingt ans, l’acteur et réalisateur brésilien Domingos de Oliveira porte au grand écran un portrait autobiographique de sa jeunesse à Rio de Janeiro. Nous sommes en 1963, peu de temps avant le coup d’état qui mis au pouvoir pendant plus de vingt ans un régime militaire brutal et répressif au Brésil. L’histoire se déroule essentiellement à <i>Barata Ribeiro, 716</i>, l’adresse du jeune protagoniste dans le quartier jadis jeune et bohème de Copacabana.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Souvenirs flous d’une époque révolue</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>«Je ne me souviens plus des faits; seulement d’impressions vagues. J’ignore si les choses se sont vraiment passées ainsi. J’étais saoul, et les saouls ne se souviennent jamais…»,</i> narre le jeune protagoniste Felipe en voix <i>off</i>. L’acteur Caio Blat incarne le personnage du réalisateur au point d’en adopter la diction caractéristique, légèrement bégayante.Récemment divorcé et cherchant désespérément à se tailler une place dans le domaine de l’écriture cinématographique, Felipe boit et fête en compagnie de ses ami·e·s, en apparence constamment, dans le chic appartement que lui avait offert son père comme cadeau de mariage. Sans revenu et incapable d’acquitter ses dettes, Felipe sera contraint de quitter le mythique <i>BR 716</i> en même temps que le Brésil perdra ses libertés civiles. Les personnages font souvent référence aux bouleversements politiques qui secouent leur pays, sans pour autant quitter les confins de l’appartement. Cet aspect rappelle <i>The Dreamers</i> de Bernardo Bertolucci, dont les personnages «vivaient» mai 68 dans l’appartement parisien de leurs parents sans y prendre vraiment part.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1"><b><i>Carioca<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span></i>vs<i>.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Paulista</i></b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Felipe s’éprend de Gilda (Sophie Charlotte), une ravissante chanteuse en devenir qui le quittera pour participer à la résistance aux côtés d’un ami <i>paulista</i> de Felipe. <i>«Je veux aller à la plaaaaage»</i>, dit cet ami en se moquant des <i>cariocas</i>, mettant en évidence le contraste perçu entre les deux villes: Rio de Janeiro bourgeoise et bohème; São Paulo populaire et contestataire. <i>«Je n’ai jamais appartenu à aucun groupe. Seulement le nôtre : les saoulons; les fous»</i>, dit Felipe en pur <i>carioca</i>, lui qui reste derrière, dépité.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le plus savoureux personnage est celui d’Isabel (Glauce Guima), une poète passionnée en proie à une belle folie, que ses ami·e·s devront d’ailleurs protéger d’un aller simple vers l’asile psychiatrique. Mention aussi à Daniel Dantas, qui incarne le père de Felipe dans un tête-à-tête si crédible que l’on croirait à un réel échange, bien ressenti, entre père et fils.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Mise en abîme ou télé-réalité?</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le film comporte certains aspects d’une mise en abîme: Felipe tâche d’écrire ce qui est essentiellement sa propre histoire; son personnage est acteur dans son propre film. Majoritairement tourné en noir et blanc, <i>BR 716</i> contient également deux courtes séquences en couleur, à la manière d’une accolade qui situe l’action principale quelque part entre l’autofiction confuse et le jeu pleinement assumé.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">L’utilisation d’un objectif très grand-angle (presque «<i>fish-eye</i>») dans l’appartement accentue cette impression: elle distancie le sujet tout en offrant une délectable vue d’ensemble sur l’ambiance de fête qui règne sans cesse dans la demeure. À l’occasion, un personnage interrompt ses activités en groupe pour s’adresser directement à la caméra. Ces scènes sont mieux réussies que d’autres, où le personnage est carrément pris à part à la manière d’une entrevue de télé-réalité. Les personnages féminins, quoique très bien définis, le sont malheureusement presque uniquement par rapport aux personnages masculins, notamment à travers leurs tentatives de séduire ces messieurs.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Dans son ensemble, <i>BR 716</i> est un retour comique et touchant sur la vie d’un réalisateur en fin de carrière, désirant conter son histoire. Un peu comme Pedro Almodóvar, il offre «son» personnage de manière plutôt candide – mais sans trop se prendre au sérieux. </span></p>
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		<item>
		<title>Un iPhone dans le cerveau?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/10/17/un-iphone-dans-le-cerveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Oct 2017 17:02:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[cyborg]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Libre]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=29520</guid>

					<description><![CDATA[<p>Posthumains propose une réflexion sur le transhumanisme et nos limites éthiques.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«Q</span><span class="s1">uelle partie de votre corps ou quel organe souhaiteriez-vous améliorer?» nous demande-t-on à l’entrée de la salle du théâtre l’Espace Libre. Collées au mur, les réponses du public font majoritairement allusion aux handicaps fonctionnels et physiques (vue, poumons, colonne vertébrale) plutôt qu’aux considérations esthétiques. Une répondante de 16 ans – fort plausiblement minoritaire dans sa tranche démographique – écrit quant à elle: «Rien: je suis bien».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette réponse ne serait vraisemblablement pas celle que donnerait Dominique Leclerc, qui signe le texte auto-fictif de Post humains en plus d’y jouer le personnage principal. La protagoniste, souffrant d’une maladie chronique incurable, constate l’effort et l’argent qu’elle doit consacrer au contrôle de sa santé fragile. Comment s’affranchir de ses limites corporelles?</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>S’implanter la santé… pour enrayer la mort</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dominique part donc en quête de son Saint Graal, un appareil quelconque qui la (re)mettrait en contrôle de son destin sanitaire. Ses recherches l’emmènent un peu partout sur internet: Google est en développement d’une lentille cornéenne capable de mesurer le taux glycémique de son porteur; certaines compagnies d’assurance offrent des rabais aux clients qui consentent à porter un «fitness tracker». Rebutée par le potentiel de surveillance de ces technologies, elle pousse ses recherches plus loin…</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Entre en scène son nouveau petit-ami, Dennis Kastrup, un journaliste travaillant à Berlin. Dominique se rend donc en Allemagne où elle rencontre toute une communauté de cyborgs: certains, à peine à l’âge adulte, ont opté pour l’implantation d’un aimant dans leur index (très utile, paraît-il, pour ramasser le petit trombone récalcitrant sur le coin du bureau) alors que d’autres préfèrent une puce RFID capable d’ouvrir sa porte ou (très exceptionnellement pour l’instant) payer son bus, entre autres utilisations possibles et probables. Plusieurs intervenants du milieu, interviewés sur vidéo, tiennent un discours qui se résume ainsi: «La technologie a toujours amélioré la qualité et l’espérance de vie humaine, alors il est normal qu’elle continue de le faire sans limite jusqu’à l’enrayement de la mort…» </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Susciter des réactions pour engager la réflexion</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Didier Lucien incarne tour à tour différentes personnalités influentes du domaine en plus de jouer son propre rôle, très attachant mais aussi accessoire au déroulement du reste de la pièce, reposant essentiellement sur la manipulation de certains éléments techniques ou décoratifs de la pièce. L’artiste-programmeuse Cadie Desbiens, en <i>voix off</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>à la fois sur scène mais aussi coupée de l’espace de performance et des spectateurs par un grand poste d’ordinateur, assise, puisque derrière un écran, lance ça et là des commentaires enthousiastes pertinents – quoique pédants au début – et optimistes au point qu’elle paraisse résignée à accepter l’inclusion de toute et n’importe quelle technologie au corps humain.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Si Dominique et Dennis optent, de leur côté, pour un «ajout» mineur et plutôt symbolique, le domaine de l’intelligence artificielle quant à lui est en pleine évolution: combien de temps échapperons-nous encore au Trans-humanisme généralisé – et voire potentiellement discriminatoire?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La période de discussion suivant la représentation du 5 octobre a fourni encore plus d’indices sur l’intention des artistes: «Le jour où je pourrais me faire implanter mon iPhone dans le cerveau, je le ferais tout de suite», dit Cadie Desbiens. «On a toujours su s’adapter sans trop de problèmes aux nouvelles technologies». Est-ce l’artiste ou son personnage qui parle? Un membre de l’auditoire mord à l’hameçon, soulignant qu’il a toujours vécu sans cellulaire. Notre journaliste cite une étude récente démontrant qu’on passe moins de temps en famille ou entre ami·e·s depuis l’avènement des réseaux sociaux en ligne, et que leur utilisation non contrôlée a des effets délétères mesurables sur le bien-être de ces usagers.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Voi-là!», semblaient répondre les artistes, en conclusion, comme si <i>Post humains</i> avait eu comme but ultime de mener à ces réflexions collectives sur les choix éthiques qui s’imposent et le futur qui en résultera. Une hypothèse très plausible, quand même. Pour mieux y arriver, ils ont volontairement brouillé jusqu’à la fin la limite entre autobiographie et fiction, une formule plutôt bien réussie d’ailleurs.</span></p>
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		<title>Córki dancingu (The Lure)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/14/corki-dancingu-the-lure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Apr 2017 01:22:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un film de sirènes pour adultes à l’esthétique remarquable et à l’arrière-goût de poisson.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>The Lure&nbsp;</em>(l’Appât), premier film de la réalisatrice polonaise Agnieszka Smoczyńska, transcende les genres cinématographiques. À cheval entre la comédie musicale et le film d’horreur, le conte pour enfants et le film noir pour adultes, le résultat est un plaisir audio-visuel à la trame narrative un peu floue.</p>
<p>Deux jeunes sœurs sirènes arrivent sur une plage de Varsovie, où elles entendent un trio de musiciens décompressant d’une (autre) soirée passée à jouer dans un «restaurant dansant», institution typique du bloc communiste des années 80. Attirées par la musique sur la terre ferme, elles sont prises sous l’aile de la chanteuse Krysia (Kinga Preis), une sympathique matrone à l’étoile pâlissante qui remarque leur impressionnant talent vocal. Elle les présente au propriétaire du resto qui, après une protestation sommaire des moins convaincantes («Ce ne sont que des gamines…»), ne demande qu’à les voir dans leur plus simple appareil. À sec, elles ont des jambes humaines, mais un pubis parfaitement lisse au lieu d’une vulve. Toutefois, lorsqu’on les éclabousse, leur queue d’anguille réapparaît, écaillée et gluante, et dotée une curieuse fente. «Elles pourront chanter et danser nues», dit le proprio confus, mais opportuniste.</p>
<p>Alors que Golden (Michalina Olszańska) développe un penchant pour la séduction et le cannibalisme, Silver (Marta Mazurek) tombe rapidement éprise du bassiste de la maison, un jeune blondinet pas insensible aux charmes de la jolie sirène mais peu éveillé sur le plan émotif. L’amour, donc, n’est pas réciproque: «Tant que t’auras cette queue, tu ne seras toujours pour moi qu’un poisson», lui dit-il. Des tensions naissent entre l’ingénue malheureuse et sa sœur mangeuse d’hommes, qui sait fort bien qu’une histoire d’amour entre une sirène et un humain ne peut que mal se terminer…</p>
<p><strong>Au menu: un plat aux fruits de mer sucré-salé, relevé d’une sauce féministe.</strong></p>
<p>Infusé de chansons pop saccharines aux paroles souvent enfantines, le film baigne aussi dans une ambiance visuelle des plus fantastiques: tantôt chaude et feutrée, tantôt dégoûtante et… poisseuse, comme de raison. Il exploite adroitement la dualité entre l’artifice du spectacle et son côté <em>trash&nbsp;</em>derrière le rideau; entre le culte voué par les hommes au corps des jeunes femmes et la révulsion que celui-ci suscite lorsqu’il est réellement mis à nu; entre l’innocence naïve et l’exploitation cynique.</p>
<p><em>The Lure&nbsp;</em>surprend beaucoup, surtout pour un début cinématographique, même s’il présente certains défauts caractéristiques d’un premier effort: Smoczyńska a étiré certaines scènes — réussies sur le plan esthétique — au détriment d’autres qui auraient pu étoffer davantage le récit.</p>
<p>Ce film <em>art-house</em>&nbsp;ne plaira peut-être pas à tout public, mais il saura certainement s’attirer un petit culte de curieux en quête d’une expérience cinéma «<em>late-night</em>» inusitée et hantée d’une indéniable beauté sensuelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Pologne • 2015 • 92 minutes • Couleur • 2.39:1 • VO polonaise STA</em></p>
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		<title>Atomic, détonation tympanique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/14/atomic-detonation-tympanique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2017 14:46:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mogwai, les gars de Glasgow nous en mettent plein la vue — et les oreilles.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e quatuor écossais Mogwai interprétait <i>Atomic</i>, en spectacle au Théâtre St-Denis le 31 janvier dernier. À l’origine, le groupe avait été mandaté pour composer la bande originale du documentaire<i> Atomic, Living in Dread and Promise</i> du réalisateur Mark Cousins, paru en 2015 sur l’antenne de la BBC. Le résultat a plu aux musiciens, qui ont décidé par la suite d’adapter les pièces pour en faire un album à part entière — leur neuvième jusqu’ici. C’est néanmoins une mouture différente des deux premières qu’ils ont jouée en <i>live</i> il y a deux semaines, sur fond du film entier de Cousins.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’histoire «atomique» en dix mouvements</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La performance s’ouvre sur <i>Ether</i>, un crescendo de batterie, de cuivres et de synthétiseur qui rappelle les films hollywoodiens de la conquête de l’espace: plein d’optimisme technologique, mais avec une dose de danger sous-jacent. La pièce ressemble considérablement à l’ouverture de l’album <i>Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven</i> (2000), du groupe montréalais Godspeed You! Black Emperor, que Mogwai avait justement invité à jouer à Londres en 2015 pour célébrer le vingtième anniversaire de leur groupe.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Ensuite, le son caractéristique de Mogwai (re)prend sa place habituelle, mais plus mélodique, moins dense en distorsions que sur leurs albums précédents. Les images à l’écran retracent l’évolution de la technologie nucléaire: des détonations au Japon (rendues absolument assourdissantes ici alors qu’elles étaient, sinistres à glacer le sang, presque silencieuses dans le film) et les effets épouvantables de ces deux attaques sur les habitant·e·s d’Hiroshima et de Nagasaki; à l’accident de Tchernobyl, en passant par des extraits vidéos de sécurité publique des années 1950, dont «<i>Protect and Survive</i>» du gouvernement de sa majesté. «<i>Mr. President, why did you drop the atom bomb?</i>» («<i>M. le président, pourquoi avez-vous largué la bombe atomique?</i>»), demande aussi plus d’une fois un petit garçon américain, en film noir et blanc.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>2 minutes 30 avant minuit</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Tant le montage vidéo que la musique font donc plutôt allusion aux dangers et à l’horreur de l’ère atomique, sans cacher une fascination certaine devant son pouvoir immense. L’enjeu des armes nucléaires est particulièrement d’actualité au Royaume-Uni, où les députés ont voté l’an dernier pour renouveler la flotte britannique de sous-marins nucléaires, un projet maintenant évalué à 205 milliards de livres (335 milliards de dollars). Ce programme est basé à Faslane, à 40 km seulement de Glasgow. Sans surprise, le groupe a souvent pris position pour le désarmement nucléaire, ainsi que pour l’indépendance de l’Écosse. Aujourd’hui, Trump a désormais le doigt sur la gâchette nucléaire et le taux de radiation mesuré près de l’un des réacteurs fusionnés de Fukushima est à son plus haut niveau depuis l’accident de 2011. Alors que le <i>Bulletin of the Atomic Scientists</i> vient d’avancer son décompte de l’apocalypse nucléaire («<i>Doomsday Clock</i>») à seulement 2m30s avant minuit, force est de constater que le sujet reste toujours d’actualité.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les titres des morceaux </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>SCRAM</i>, <i>U‑235</i>, <i>Bitterness Centrifuge</i>… se réfèrent à la science nucléaire sauf deux: <i>Ether</i> et l’impressionnant <i>Are you a Dancer?</i>, un intermède riche en guitare et en violon qui amorce le dernier quart du spectacle. Ensuite, <i>Tzar </i>(surnom de la plus puissante bombe jamais détonnée) est heureusement plus modérée que son nom ne le laisserait suggérer et fait agréablement écho à <i>Ether</i> en début du spectacle, bouclant bien la boucle. Enfin, ç’aurait été sans compter la récurrente <i>Fat Man</i>: pièce mélancolique de piano et de tambour qui sert aussi de générique final. Son effet est un peu moins convaincant en clôture de spectacle, bien que les images solaires soient des plus saisissantes.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Masse critique</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Que faire de tout cela? Malgré ses lacunes,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Atomic</i> est peut-être bien l’album studio le plus accessible et le mieux ficelé de Mogwai jusqu’ici, et on ne peut qu’admirer une prise de position sociale aussi évidente dans le cadre d’un album pourtant instrumental. Il survient toutefois plus de quarante ans après <i>Radio-Aktivität </i>de Kraftwerk, qui abordait le même sujet d’un son électro avant-gardiste, voire révolutionnaire pour l’époque. Malgré le volume p</span>arfois sursaturé, <i>Atomic</i> n’atteint pas la «masse critique» d’intensité progressive de <i>Lift Your Skinny Fists</i>, par exemple. Les musiciens avaient voulu, pour la bande originale du film, laisser parler ses images: auraient-ils indûment atténué la portée de leur spectacle en jouant dans la pénombre, quasi invisibles sous l’écran, sans jamais s’adresser à l’auditoire? Car autant que l’on apprécie la musique, les images et l’agencement ingénieux de celles-ci, leur effet combiné reste plutôt additif que réellement synergique.</p>
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		<title>Au salon de l’or noir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/08/au-salon-de-l%e2%80%99or-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 12:45:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[edward burtynksy]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[jennifer baichwal]]></category>
		<category><![CDATA[Musée McCord]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Edward Burtynsky nous plonge dans le pétrole jusqu’ au cou.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Musée McCord présente l’exposition «Pétrole» du photographe canadien Edward Burtynsky. Connu pour son choix plutôt singulier de sujets –des scènes industrielles, pour la plupart– il s’est aussi fait connaître par le film <em>Paysages Manufacturés</em> (2006) de Jennifer Baichwal, qui porte sur son œuvre. L’artiste est de retour avec cette exposition composée de cinquante-six tirages représentant l’obsession de l’humain pour –et sa dépendance à– l’or noir.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-petrole.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-9558" title="c-petrole" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-petrole-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/louis-st-aime/?media=1" data-wpel-link="internal">Louis St-Aimé</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Burtynsky explore les effets et conséquences du pétrole à chaque étape de sa vie utile, jusqu’à son rejet dans l’environnement. Tout y passe: des champs pétrolifères à perte de vue en Californie, des plateformes de forage rouillées et fuyant en Azerbaïdjan, les sables bitumineux en Alberta avec leurs bassins de décantation huileux et iridescents, une autoroute de seize voies qui se perd dans l’horizon pollué de Los Angeles, un bateau à moteur qui file sur une marre artificielle en banlieue de Las Vegas, des travailleurs au Bangladesh qui marchent dans une boue noire et huileuse, entourés de barils de pétrole vides, des milliers de spectateurs qui regardent une course de camions depuis les gradins bondés d’une piste en Alabama. L’observateur est laissé libre de faire les juxtapositions voulues, ce qui donne inévitablement des résultats incongrus, pour ne pas dire grotesques.</p>
<p>«Ces images peuvent être considérées comme les observations d’un artiste, des réflexions sur un monde refaçonné par cette force énergétique massive et les effets cumulatifs de l’évolution industrielle» écrit Burtynsky. En effet, l’extraction et la transformation du pétrole occasionnent un coût environnemental sans cesse grandissant. Edwrad Burtynsky capte l’environnement visuel qui en résulte dans ses photos d’une esthétique inhabituelle. Dans son ensemble, l’œuvre est empreinte d’une ironie certaine.</p>
<p>Le succès de l’exposition réside dans sa perspective aérienne d’un mode de vie que l’on tient souvent pour acquis. Souvent, le sujet abordé est tellement abject, et la photographie tellement bien maîtrisée, que Burtynsky parvient à faire surgir le beau du laid.</p>
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		<title>L’héritage de Suzuki</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/10/05/l%e2%80%99heritage-de-suzuki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis St-Aimé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2010 18:57:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’écologiste vancouvérois plaide pour un meilleur traitement de la Terre pour les générations futures.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/10/05/l%e2%80%99heritage-de-suzuki/" data-wpel-link="internal">L’héritage de Suzuki</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De passage à McGill pour promouvoir son dernier livre intitulé The Legacy (L’héritage), David Suzuki s’est adressé pendant près de deux heures à une salle comble, mardi soir dernier au Pollack Hall. Généticien accompli et vulgarisateur des plus appréciés des Canadiens, M. Suzuki fait de l’écologie son cheval de bataille depuis plus de vingt ans. À soixante-treize ans, il multiplie les références à «l’héritage» et au «legs» que l’on doit laisser aux générations futures. «Alors que j’approche inéluctablement de la tombe, dit le septuagénaire, je peux me permettre de parler du coeur, de dire la vérité sans égard aux considérations de carrière ou d’argent.»</p>
<h4>L’ère de l’Homme </h4>
<p>«L’être humain est maintenant devenu une puissance inégalée en 3,9 milliards d’années depuis l’apparition de la vie sur Terre, dit Suzuki. Les géologues ont déjà nommé l’ère actuelle Anthropocène: l’ère de l’Homme. L’humain exerce maintenant son influence jusqu’à l’échelle géologique». D’où l’importance d’agir de notre vivant pour laisser une planète intacte aux générations futures, selon Suzuki: «Ce qu’on appelle notre maison est-il un foyer ou un simple bien immobilier?» demande-t-il. L’économie occupe une place démesurée dans le discours politique, estime Suzuki: «[C’]est une invention humaine qui a pourtant la même racine linguistique, oikos  (maison), que le mot ‘écologie’. Se prosterner devant l’économie et vouloir à tout prix la libérer, c’est le comble de la folie» lance-t-il.</p>
<h4>Le retour aux sources </h4>
<p>Suzuki raconte une anecdote dans laquelle sa famille et lui, en excursion de camping dans une forêt ancienne de la Colombie-Britannique, ont croisé sur leur chemin le P.D.G. d’une compagnie forestière qui lui a demandé: «Es-tu prêt à payer, Suzuki, pour qu’on ne coupe pas cette forêt?». David Suzuki croit que notre société n’accorde pas assez de valeur à la nature et, par conséquent, aux vraies sources du bonheur humain: «Il y a de ces choses infiniment précieuses qui n’ont aucune valeur dans le système économique, dit le scientifique. Nous devons tous ra-len-tir: prendre le temps de connaître notre famille et nos amis, travailler et jouer dans le même quartier, donner à ce dernier une vie de quartier […] Nous devons changer la direction de la société. […] Cela s’est déjà fait dans le passé. Tout ce que ça prend c’est une vision et la volonté de changer les choses. Alors allons‑y,» exhorte-t-il en terminant, déclenchant une copieuse ovation de l’auditoire. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/10/05/l%e2%80%99heritage-de-suzuki/" data-wpel-link="internal">L’héritage de Suzuki</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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