Le Conseil de Redaction – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 16 Jan 2019 01:51:58 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.9 Élections AÉUM: les choix du Délit https://www.delitfrancais.com/2014/03/18/elections-aeum-les-choix-du-delit/ Tue, 18 Mar 2014 06:59:07 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=20463 *article modifié le 19 mars, à 13.28

Comme le veut la tradition, le mois de mars est ponctué de plusieurs élections au sein des facultés de l’université, ainsi que de celles des membres de l’exécutif de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Les six étudiants élus ont la charge de représenter un corps de 22 000 étudiants, de gérer un budget de plusieurs millions de dollars, et d’être la voix du campus au niveau provincial.

Le Délit, en tant que vecteur d’information et d’idées pour la population francophone de l’Université McGill, souhaite donc présenter son soutien à six candidats en particulier, qu’il considère les plus aptes pour des tâches d’une grande importance.

Président

Le conseil de rédaction du Délit, a décidé, après une longue discussion, de soutenir Tariq Khan et Courtney Ayukawa pour le poste de président de l’AÉUM. Bien que seul l’un d’entre deux sera élu, nous considérons que leurs expériences sont, dans les deux cas, adéquates aux attentes du poste. Tandis que Courtney Ayukawa souhaite institutionnaliser le développement durable à tous les niveaux de l’université, Tariq Khan vise une plus grande frange du corps étudiant en créant plusieurs petits emplois étudiants sur le long terme. Le choix pour l’un comme pour l’autre sera donc un choix réfléchi, rationnel, et qui pourrait améliorer l’état de l’AÉUM.

Affaires universitaires

Le Délit soutient Claire Stewart-Kanigan à l’unanimité en tant que vice-présidente aux affaires universitaires. D’abord représentante de la Faculté des Arts à l’AÉUM puis sénatrice, Stewart-Kanigan a prouvé son engagement en portant notamment le projet de la mineure en études autochtones, disponible à partir de la session d’automne 2014. Son excellente connaissance du monde administratif de l’université, ainsi que sa connivence avec plusieurs membres clé de l’administration, font d’elle la candidate idéale.

Lire aussi : Élections AÉUM 2014

Clubs et Services

Le Délit décide de soutenir la candidature de Sandhya Sabapathy pour la position de vice-présidente aux clubs et services, avec réserves. Stefan Fong, qui se présente à nouveau cette année pour le même portefeuille, n’a pas été à la hauteur des attentes. Peu de choses ont changé sous sa direction, tandis que le site web pour réserver des salles, vieux de plusieurs années, n’a toujours pas été modifié. Le Délit considère qu’un changement est nécessaire, et que Sabapathy pourra apporter une dose d’innovation au poste. Il est important de préciser cependant, en marge, que la traduction du texte de Sabapathy en français était peu professionnelle.

*à l’heure à laquelle cette décision a été prise, la candidate Sabapathy n’avait pas encore reçu de censure pour avoir enfreint les Règlements de l’AÉUM.

Affaires externes

Le Délit, après une longue discussion, a décidé de soutenir Amina Moustaqim-Barrette au poste de vice-présidente aux affaires externes. Grandement engagée dans Divest McGill, elle a aussi été coordonnatrice de campagne, sous la direction du Vice-président aux affaires externes. Québécoise de naissance, elle maîtrise le français, outil vital pour le poste qu’elle brigue, afin de faciliter la discussion entre les différentes universités et de représenter les intérêts de McGill au niveau provincial.

Enbal Singer, malgré sa grande connaissance de l’administration, ne semble pas être en mesure de sortir de la «bulle» de McGill – si elle souhaite travailler avec la ville de Montréal, elle semble ignorer qu’un tel niveau de politique est très peu concerné par l’éducation post-secondaire. Enfin, elle n’a qu’une maîtrise limitée du français, qui ne peut jouer qu’en sa défaveur.

Lire aussi: Élections AÉUM 2014

Affaires internes

Le Délit soutient avec une certaine réticence la candidature de Daniel Chaim à la Vice-présidence aux affaires internes de l’AÉUM. Si son réseau inter-facultaire est très développé, ses idées sont peu claires, et présentées de mauvaise façon. En effet, il n’a même pas pris le temps de créer un site web. De plus, son texte de présentation est traduit de façon inacceptable.

Cependant, son engagement dans l’organisation de Frosh (en tant que coordonnateur deux années de suite), grand projet dans son portefeuille, fait de lui le candidat adéquat pour la position qu’il brigue.

Finances et opérations

Enfin, Le Délit soutient Kathleen Bradley en tant que vice-présidente aux finances et opérations. Le maintien de plusieurs budgets, dont celui du café étudiant Le Nid, ainsi que son champ d’études (économie et gestion), fait d’elle la bonne personne pour une position jugée très complexe. Cependant, nous souhaitons préciser (une fois n’est pas coutume) que Bradley n’a pas daigné traduire en français son texte de présentation, ce que nous jugeons inacceptable.

compilé par Théo Bourgery

 

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Le Délit était présent en fin de semaine pour la création d’une nouvelle association de journaux étudiants francophones, la Presse étudiante francophone (PrEF). Réunis pour la conférence printanière de la Presse Universitaire Canadienne (PUC), à l’Université Laval, treize journaux universitaires et collégiaux du Québec et d’Ottawa ont eu l’occasion d’échanger sur les enjeux de la presse étudiante et sur le métier de journaliste plus généralement. Un des enjeux en particulier était de proposer une alternative à la PUC, que Le Délit et de nombreux autres journaux ont quittée, en grande partie parce que les francophones y étaient très mal représentés.

Cette rencontre à Québec a permis d’échanger sur ces différentes problématiques, et a porté de l’avant un projet, celui d’une nouvelle organisation pour les journaux francophones. Le Délit salue l’initiative de la PrEF, dont il est fier d’être un membre fondateur, et attend avec intérêt les prochains développements.

D’autres nouvelles suivront.

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Quelle place pour la contestation à McGill? https://www.delitfrancais.com/2013/11/25/quelle-place-pour-la-contestation-a-mcgill/ Mon, 25 Nov 2013 16:28:12 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=19319 Le 6 novembre dernier, le groupe Divest McGill organisait une action directe sur le campus pour faire entendre sa cause. Une vingtaine de participants ont manifesté à vélo, malgré l’interdiction de circuler en bicyclette sur le campus. La semaine précédente, le groupe avait tenté de faire passer son message en projetant des images sur le bâtiment de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM). La sécurité avait alors demandé au collectif de manifester plus loin sur la rue McTavish.

Divest McGill est un groupe formé il y a un an par des étudiants mcgillois. L’association tente de faire pression sur l’Université pour que celle-ci cesse d’investir dans les énergies fossiles et vise plutôt à promouvoir des politiques de développement durable.

Pour faire entendre sa voix, Divest McGill est d’abord passée par les canaux ‘officiels’. L’association a soumis une pétition dans les règles – soutenue par une importante partie de la communauté mcgilloise (plus de 1200 signatures). Divest McGill est passée par le Conseil des Gouverneurs (la plus haute instance de gouvernance à McGill). À la session d’hiver 2012, le groupe avait en effet présenté son projet devant le Comité chargé de formuler des recommandations en matière de responsabilité sociale (Committee to Advise on Matters of Social Responsability en anglais, CAMSR).

Divest McGill a donc joué le jeu de l’Université. Le groupe a respecté les règles de libre expression posées par McGill et a suivi le chemin de la bureaucratie mcgilloise, sans succès toutefois.

L’Université a systématiquement refusé d’entendre ces étudiants. Au final le CAMSR n’a formulé aucune recommandation au Conseil des Gouverneurs. Divest McGill s’est donc tournée vers l’action directe, et, dans le but de se faire remarquer, elle a organisé plusieurs manifestations et regroupements sur et autour du campus.

Alors, y a-t-il réellement aujourd’hui une place à McGill pour la « libre expression et l’assemblée pacifique » (pour reprendre le langage des rencontres, protocoles et déclarations de l’administration ces deux dernières années)?

Divest McGill a  joué le jeu de l’Université. Le groupe a respecté les règles de libre expression posées par McGill; sans succès toutefois.

Le 20 mars 2013, le Sénat de McGill adoptait l’Énoncé des valeurs et des principes sur la liberté d’expression et la tenue d’assemblées pacifiques (qui définit et restreint l’espace de libre expression sur le campus) ainsi qu’une série de procédures opérationnelles pour justifier les réactions de l’administration aux manifestations. La décision est loin d’avoir fait l’unanimité. Et dès la première soumission des documents en janvier, la communauté mcgilloise avait vivement réagi et organisé plusieurs manifestations.

Les documents adoptés sont des documents réactionnaires – élaborés suite à un long processus de consultations, et en remplacement d’un premier protocole – en réponse aux  occupations étudiantes du bâtiment d’administration James de 2011-2012. Bien que le processus parte, a priori, d’une bonne intention (l’idée était de consulter la communauté mcgilloise et trouver des solutions pour que chacun puisse s’exprimer librement sur le campus), le résultat final n’est pas acceptable, et en fait très décevant. En tentant de définir un certain espace spécifique, selon de nombreux critères restrictifs, pour manifester, l’Université a tenté de restreindre les libertés d’expression.

Il semble bien que l’administration mcgilloise ne souhaite toujours pas écouter la voix des étudiants et des autres membres de la communauté mcgilloise en désaccord avec les politiques de l’Université. Depuis plusieurs années, les événements s’enchaînent: longue grève de MUNACA et une administration peu à l’écoute en 2011, occupations étudiantes et manifestations. Plus récemment, l’affaire des demandes d’Accès à l’Information (AI) apporte de l’eau au moulin. Suite au dépôt par des étudiants d’une série de demandes d’AI, à la session d’hiver 2012, McGill avait demandé à ce que de futures demandes soient systématiquement refusées, de façon préemptive. La Commission d’accès à l’information du Québec a rejeté la requête de McGill le 7 octobre dernier, mais l’Université n’en démord pas et a porté la cause en appel.

À la suite de toutes ces affaires, McGill a récemment reçu le titre montréalais de « pire institution universitaire en matière de liberté d’expression ». Elle se retrouve d’ailleurs même en bas du classement des universités canadiennes. Selon l’index de liberté des campus, McGill a en effet obtenu la lettre ‘D’ pour ses politiques et pratiques institutionnelles.

McGill: peut mieux faire. La communauté mcgilloise devra continuer de (se) manifester et de se faire entendre. C’est bien beau d’avoir des règles, un certain cadre pour manifester. Mais si, même sous ces règles, aucune action n’est entendue, quelles sont les options? Quand la voie bureaucratique ne fonctionne plus, l’action directe – tant qu’autrui ne se sent pas menacé – est une solution logique. Le campus de McGill doit être un espace où tout le monde se sent à sa place. L’université est justement cet espace où des personnes de milieux et d’origines différents se rencontrent et échangent des points de vue, débattent, discutent. Il est dommage que McGill ne souhaite pas toujours entendre la diversité de ces points de vue.

À la suite de toutes ces affaires, l’Université a récemment reçu le titre montréalais de « pire institution universitaire en matière de liberté d’expression ». McGill: peut mieux faire.

En attendant, pour se réapproprier sa place d’étudiant au sein du monde universitaire, il faut s’affirmer, et ne pas se laisser dicter une conduite.

 

Le Conseil de Rédaction

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