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	<title>Laura Tobon - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 10 Jan 2024 11:36:50 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>Un espace (pas si) bilingue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Tobon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion d’une personne née au Canada, mais d’une famille hispanophone.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-text-align-left">À chaque fois que je pénétrais dans un magasin, ou que je me rendais en cours à McGill quand j’étais étudiante, il m’était nécessaire d’alterner entre l’anglais et le français, parfois très rapidement. Après plusieurs années, c’est devenu un automatisme, comme les paramètres de langue d’un logiciel. Lors de mes études, je n’avais seulement que quelques minutes de pause entre les réflexions sur le romantisme britannique et les exercices de grammaire normative française. Je marchais d’un local à l’autre, d’un cours à l’autre, d’une langue à l’autre. Lors de mon trajet, je pouvais voir les commerces montréalais autour de moi. Ils avaient de gros titres dans l’une de ces deux langues. Presque tous les restaurants autour de l’Université affichaient sur une fenêtre un menu bilingue. Si je croisais un·e ami·e de l’Université sur mon chemin, je savais à qui parler en français ou en anglais. Il m’était impossible d’ignorer la présence des deux langues officielles à Montréal.</p>



<p>Cependant, je ne peux pas dire la même chose de mon « chez moi ». Après une journée typique remplie de cours, d’essais, de sessions d’étude et d’examens, je rentre dans une tout autre atmosphère linguistique. Je suis chaleureusement accueillie par ma <em>abuela</em>, qui me demande à chaque fois : « ¿Como fue tu día? ¿Tuviste buenas notas? » (<em>Comment a été ta journée ? As-tu eu de bonnes notes?, tdlr</em>) dans son accent chilien. Les conversations à table, tout comme la ville où j’étudiais, sont traversées par un mélange linguistique. Contrairement à moi, ma <em>abuela </em>est plus à l’aise en espagnol, ce qui explique pourquoi mes parents changent d’une langue à une autre à chaque repas. Malgré cela, tout le monde est capable de se comprendre et de continuer la conversation jusqu’à la fin, créant une atmosphère assez unique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les clients parlaient espagnol, et j’ai pu commander des <em>empanadas </em>en espagnol. Je sais que ces moments sont<br>rares comparés à mes autres interactions à Montréal, et je sais qu’il existe d’autres espaces culturels à Montréal où les gens parlent d’autres langues »</p>
</blockquote>



<p>Si je prends un petit moment pour comparer mon espace public et mon espace privé, je crains parfois de vivre une perte linguistique. Le temps consacré à mes études, à mon travail et à mes amitiés prenait de plus en plus d’ampleur au fil du temps, ce qui me laissait parfois peu de moments pour me consacrer à ma famille.</p>



<p>Cependant, je voyais aussi mon père, né en Colombie, et ma mère, née au Chili, devoir utiliser des langues différentes dans leur vie professionnelle et leur vie privée, et cela depuis qu’ils ont immigré au Canada alors qu’ils étaient encore enfants. Ils sont tous les deux capables d’alterner entre l’anglais, le français ou l’espagnol très facilement selon le contexte. Mais, moi je suis née au Canada, et j’ai grandi ici. Je ne suis jamais allée au Chili, et je n’ai visité la Colombie qu’une fois. J’utilise donc davantage le français et l’anglais au quotidien.</p>



<p>Cependant, si je marche un peu plus, et si je porte plus mon attention à l’environnement qui m’entoure, je vois par moment cet aspect linguistique de ma vie privée entrer dans la métropole. Je vais toujours me souvenir du moment où mes parents donnaient des légumes à un petit restaurant latino qui acceptait des donations pour les membres de la communauté ayant peu de ressources. Les clients parlaient espagnol, et j’ai pu commander des <em>empanadas</em> en espagnol. Je sais que ces moments sont rares comparés à mes autres interactions à Montréal, et je sais qu’il existe d’autres espaces culturels à Montréal où les gens parlent d’autres langues. Cependant, dans ce restaurant, je ne voyais plus une juxtaposition d’un espace public et privé divisé par les différences entre les langues officielles et la langue maternelle. C’était comme si ces deux espaces cohabitaient dans ce restaurant. En bref, je voyais cette même alternance de langue que je faisais à l’université. Seulement, ce n’était pas du français à l’anglais ou vice-versa mais dans la même langue que celle parlée chez moi, ce qui différait de mon quotidien lors de mes études et chez moi. </p>
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		<title>Monter sur scène</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/01/18/monter-sur-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Tobon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[ballerine]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle sur les espaces créatifs cachés.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">«C’est la dernière fois que je fais un spectacle de ballet!» Voici ce que je me disais en enlevant mes pointes après une répétition désastreuse. Mon instructeur m’avait choisie pour le rôle principal de&nbsp;<em>Giselle</em>. Pourtant, je ne cessais d’entendre ses critiques : l’arabesque n’était pas assez haute, ma jambe, pas assez droite, et mon regard, jamais dans le bon sens. Si j’étais aussi talentueuse qu’il le disait, alors pourquoi est-ce que je n’arrivais jamais à être à la hauteur de ses attentes? J’observais mon amie Zoé, qui était restée plus longtemps dans le vestiaire puisqu’elle avait un plus petit rôle. D’une certaine manière, je l’enviais. Elle n’avait pas à endurer toute cette pression d’être parfaite, puisqu’elle avait moins de responsabilités que moi. Je la voyais discuter avec d’autres danseuses, quand tout à coup, elle a quitté le groupe pour venir me parler. En voyant ma figure déconfite, son sourire a été remplacé par une expres- sion remplie d’inquiétude. «Est-ce que ça va? Tu veux en parler?», m’a‑t-elle demandé discrètement.<br>— Bof… Si seulement l’instructeur n’était pas si dur avec moi… Je veux dire… Je ne sais pas comment je pourrais être la Giselle idéale.<br>— Écoute, Olivia. S’il ne pensait pas que tu étais aussi talentueuse, il ne t’aurait jamais donné le rôle principal. Je crois qu’il veut juste te voir t’améliorer.»<br>Au même moment, j’ai entendu une notification provenant de son téléphone cellulaire.<br>Zoé l’a allumé, mais son regard restait fixé sur le message qu’elle avait reçu sur Instagram. Habituellement, elle ne passait pas autant de temps à lire des messages lorsque nous parlions. Cela devait être important. « En passant, mon frère Vincent organise chaque nuit une soirée où les artistes peuvent se réunir, que ce soit pour pratiquer, ou tout simplement parler. Je crois que ce serait une belle opportunité pour toi, tu pourras répéter plus longtemps. Voudrais-tu venir avec moi ce soir? a‑t-elle proposé. </p>



<p>— Es-tu sûre que c’est une bonne idée? ai-je demandé, incertaine.<br>— Mais oui! C’est vendredi! Il n’y a pas de répétition demain! Au pire, tu dormiras dans mon appartement! Ma coloc’ est partie en voyage cette semaine.» J’hésitais. D’un côté, Zoé avait raison. Je pouvais toujours m’améliorer. Mais d’un autre côté, je n’étais pas du tout habituée à sortir la nuit. Après tout, j’avais encore un couvre-feu à respecter, et je ne sortais jamais après 22h. Et puis, j’ai pensé à ce que Zoé m’avait dit. Et j’ai eu envie d’y aller. J’ai finalement accepté la proposition de mon amie. Par contre, je ne pouvais pas mentir à mes parents : je les aime trop. Je leur ai simplement écrit que je passerais la nuit chez Zoé. Au moins, ils lui faisaient confiance, ce n’était pas comme si j’allais dormir chez un étranger.</p>



<p>Il était 20h quand je suis sortie de chez moi. J’ai vu la voiture de Zoé et j’y suis montée. Pendant tout le trajet, je n’ai pas pu détacher mes yeux du croissant de lune, qui scintillait faiblement à travers la vitre du siège passager. Nous nous sommes finalement arrêtées devant une ruelle vide, et Zoé s’y est stationnée. Cette ruelle était si vide qu’aucune lumière, naturelle ou artificielle, ne pouvait l’éclaircir. Malgré tout, Zoé, qui était si sûre d’elle, ne cessait de dire que c’était le bon chemin. Le trajet n’était pas long, mais m’a semblé durer une éternité. Mon gros manteau d’hiver ne pouvait pas me protéger du froid rigoureux. Le vent glacial de janvier n’a pas amélioré la situation, et je le sentais me couper le visage comme des lames de rasoir. </p>



<p>Quand j’ai essayé d’ouvrir la porte, j’ai failli tomber, mais Zoé m’a rattrapée rapidement. J’ai jeté un coup d’œil par terre et me suis aperçue que j’avais trébuché sur une vieille poupée en porcelaine et une paire de ciseaux, tous les deux emballés dans de vieux journaux. Mon regard s’est tourné vers cette paire d’objets étranges, et je me suis demandé ce qu’ils faisaient dans une ruelle abandonnée. J’ai pensé que comme moi, ils n’avaient pas leur place dans la ruelle. «Que fais-tu?» Zoé me demanda, comme si j’étais un extraterrestre.</p>



<p>Nous avons poussé la porte et j’ai aperçu un vieux théâtre abandonné. Tout y était poussiéreux, sauf l’estrade, qui était sans doute plus propre que plusieurs scènes professionnelles. La grandeur du théâtre ne cessait de m’étonner. Puis, mon regard s’est tourné vers la scène, où je voyais divers artistes, comme ce que Zoé m’avait décrit. J’y ai reconnu des danseurs, des peintres et des écrivains. J’entendais même un pianiste qui jouait le premier mouvement de la&nbsp;<em>Sonate au Clair de lune</em>.<br>J’ai commencé à pratiquer sur l’estrade pendant que Zoé m’observait. Notre méthode de travail ne changeait pas. Je mettais mes&nbsp;<em>AirPods</em>, écoutais ma musique et suivais la chorégraphie pendant que Zoé me filmait. Nous regardions chaque vidéo et nous faisions  des commentaires sur tout ce qui pourrait être amélioré. Elle n’a pas cessé de m’encourager, de dire qu’il y avait une amélioration entre la première et la dernière vidéo, mais je ne la croyais jamais. Pendant les premières minutes, je dansais avec beaucoup d’énergie et il n’était pas difficile de faire preuve de diligence. La fatigue a commencé à m’emporter après trois heures de répétition, et Zoé insistait pour que je prenne une pause. Alors Vincent m’a donné des feuilles et des crayons de couleur. Puis, j’ai fait quelque chose que je n’ai pas fait depuis plus de cinq ans.</p>



<p>J’ai dessiné une ballerine qui faisait une arabesque. Elle n’était pas parfaite. Les proportions n’étaient pas si réalistes ; je trouvais les jambes trop longues pour son petit torse et son visage minuscule. Je ne pouvais même pas dessiner des expressions faciales! En bref, je manquais de minutie. Or, j’aimais cette ballerine telle qu’elle était, même avec ses imperfections. Et si je regardais ses qualités, elles prenaient le dessus sur ses défauts. Les couleurs étaient vives, et je dirais même que j’étais impressionnée par le dégradé. Comment pouvais-je ne pas apprécier ce dessin? Étrangement, je me voyais en elle : nous étions toutes les deux imparfaites. Imparfaites comme ce grand théâtre abandonné qui m’aidait à répéter à mon rythme, sans la pression de mon instructeur… Ou comme le chemin bizarre et sale qui me menait vers ce trésor caché. J’avais négligé toutes ces qualités! Maintenant que j’y pense, peut-être qu’au fond, j’avais ma place sur scène.</p>
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		<title>Frissonnez d’horreur avec Le Délit !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/frissonnez-dhorreur-avec-le-delit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Tobon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Halloween]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[recommandations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rédaction vous recommande trois films pour l'Halloween. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong><em>La chambre des tortures (The Pit and the Pendulum)&nbsp;</em>de Roger Corman (1961)</strong></p>



<p class="has-text-align-center">Je trouve un charme particulier aux vieux films d’épouvante.&nbsp;<em>La chambre des tortures&nbsp;</em>(<em>The Pit and the Pendulum</em>), un film américain de 1961 adapté d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, se démarque par ses façons d’évoquer l’horreur. Cette dernière se manifeste dans son intrigue et ses aspects visuels, plutôt qu’à travers une violence gratuite. Par exemple, Francis Barnard, joué par John Kerr, se doute des intentions et des états d’âme de l’imprévisible Nicholas Medina, interprété par nul autre que Vincent Price, créant des tensions entre les deux personnages. De plus, l’architecture et les couleurs jouent un grand rôle dans ce film, dominé par la noirceur du château gothique où les personnages résident. Les teintes de brun et d’indigo du bâtiment ont peut-être été choisies pour que le public ait peur de la chambre des tortures. Si vous avez un intérêt pour les films d’horreur plus anciens, je recommande ce film.</p>



<p class="has-text-align-center">Laura Tobon, coordonnatrice Visuel</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Misery&nbsp;</em>de Rob Reiner (1990)</strong></p>



<p class="has-text-align-center">Tout le monde, à un moment de sa vie, a déjà admiré un·e auteur·rice. Cependant, il est rare que cet enthousiasme se rende au point où on le·a kidnappe, l’enferme dans une chambre, et mutile ladite célébrité en la forçant à écrire son prochain roman.</p>



<p class="has-text-align-center">C’est pourtant le scénario de&nbsp;<em>Misery</em>, un film adapté du roman éponyme du «roi de l’horreur», Stephen King, qui met en scène Kathy Bates dans le rôle d’Annie Wilkes, une ancienne infirmière qui recueille et «soigne» Paul Sheldon, un célèbre romancier, blessé après avoir perdu le contrôle de son véhicule en plein blizzard. Lorsque Annie découvre que son écrivain favori a l’intention de tuer Misery, l’héroïne récurrente de ses romans, elle devient furieuse. Face-à-face avec la violence et la rage d’Annie, dans un huis-clos, mes yeux restent collés à l’écran; je veux détourner mon regard, en vain. Aurais-je, moi aussi, ma propre Annie Wilkes qui me surveille?</p>



<p class="has-text-align-center">Myriam Bourry-Shalabi, éditrice Société&nbsp;–&nbsp;Enquête</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Ben non (Nope)&nbsp;</em>de Jordan Peele (2022)</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><em>Ben non&nbsp;</em>(<em>Nope</em>), dernier long-métrage de Jordan Peele, fait appel à la portée fantasmatique des récits d’ovnis pour explorer les enjeux sociaux liés à l’exploitation d’animaux à des fins de divertissement. La présence soupçonnée puis révélée d’extraterrestres surpuissants, toujours dans le sillage du commentaire social, provoque un renversement des dynamiques de pouvoir: chaque personnage devient la proie potentielle d’un ovni-bestial capable de métaboliser toute trace de vie sur son passage.</p>



<p class="has-text-align-center">La force du film réside dans sa capacité à produire des scènes de science-fiction horrifiantes, dont la facture cinématographique est digne des plus grandes superproductions, tout en maintenant un regard critique sur le besoin de spectacularisation et de la consommation d’images chocs. Ce jeu sur la frontière entre les genres filmiques permet à&nbsp;<em>Ben non&nbsp;</em>(<em>Nope</em>) de proposer une remise à neuf des codes de l’horreur, notamment en ménageant ses effets lors des scènes à haute tension, afin d’accroître l’incompréhension mêlée de la fascination pour l’ovni.</p>



<p class="has-text-align-center">Léonard Smith, coordonnateur de la production</p>
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		<item>
		<title>Écrire l’intime au féminin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/23/ecrire-lintime-au-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Tobon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 16:06:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Anaïs Nin]]></category>
		<category><![CDATA[autrice]]></category>
		<category><![CDATA[écriture érotique]]></category>
		<category><![CDATA[explicite]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[intimité]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Vénus Erotica]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Regard sur les écrits d’Anaïs Nin, pionnière de l’écriture érotique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Certains auteurs sont assez créatifs pour faire des changements dans un genre littéraire. L’une d’entre eux est Anaïs Nin. Cette dernière est une écrivaine et diariste franco-américaine née en 1903 de parents cubains. Elle a publié ses journaux intimes dans lesquels elle a écrit à propos de ses relations personnelles. Ses ouvrages sont reconnus pour leur contenu sexuellement explicite, lui conférant une réputation controversée. Elle est l’une des premières femmes à publier des œuvres érotiques, un domaine jusqu’alors réservé aux hommes. Autrice surréaliste, elle traite dans ses ouvrages de la sexualité avec un langage qui évite la vulgarité. Son style d’écriture, inconventionnel pour écrire sur ce thème d’un ton sensuel, marque la littérature érotique féminine. Anaïs Nin est une source d’inspiration pour plusieurs artistes littéraires, cinématographiques et musicaux. Des versions non censurées de ses journaux sont publiées après sa mort et celle de son mari, en 1977 et en 1985.</p>



<p><strong><em>Vénus Erotica</em> et le regard féminin sur l’érotisme</strong></p>



<p><em>Vénus Erotica</em>, parmi ses publications les plus connues, regroupe 15 nouvelles où chaque histoire traite de sujets à caractère sexuel. Anaïs Nin s’est inspirée de ses expériences personnelles et de celles de ses proches pour écrire ces récits. Désespérée de trouver un moyen de gagner de l’argent, elle a rédigé ce recueil durant les années 40 pour un client qui la payait 1 $ par page. Ces histoires n’étaient lues que par ce « collecteur ». Elles ne sont devenues accessibles au grand public qu’en 1977, puisque l’autrice craignait que le langage explicite nuise à sa réputation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Nin écrit sur la complexité de la sexualité en évitant d’écrire chaque scène de sexe avec un langage qui objectifie les femmes»</p></blockquote>



<p>Autant certaines de ces nouvelles traitent de sujets sensibles, tels que la pédophilie et l’inceste, autant l’amour reste présent dans ces histoires. Nin écrit sur la complexité de la sexualité en évitant d’écrire chaque scène de sexe avec un langage qui objectifie les femmes. Elle finit par se distinguer des autres auteurs érotiques de son époque grâce à son style d’écriture plus poétique. Malgré le fait que le client qui lui a commandé l’ouvrage lui a recommandé de mettre l’accent sur les scènes sexuellement explicites, Nin rédige ces parties de l’œuvre différemment. Dans chacun de ces moments, l’autrice mélange la sensualité avec la sexualité. De plus, ces nouvelles s’intéressent à la psychologie féminine et à la bisexualité féminine, lesquelles sont traitées en insistant sur l’intériorité des personnages. La manière de Nin d’aborder l’intimité et la psychologie sexuelle permet à son œuvre de créer un autre modèle d’écriture érotique : la majorité des relations sexuelles sont décrites sous le point de vue de ses personnages féminins.</p>



<p><strong>Anaïs Nin aujourd’hui</strong></p>



<p>Aujourd’hui, Anaïs Nin est une autrice appréciée des lecteurs. Cette réévaluation de son image publique a commencé lorsque le mouvement féministe, en particulier le féminisme prosexe, a qualifié l’autrice de pionnière de la littérature érotique. Depuis cette redécouverte, ses œuvres sont analysées dans des cours à l’université. Cela a permis à plusieurs artistes de s’inspirer des écrits de Nin et de sa vie. Plusieurs réalisateurs ont adapté ses histoires au grand écran, produisant des films comme <em>Delta of Venus</em>, basé sur <em>Vénus Erotica</em>. Sa vie fait encore l’objet de plusieurs expositions, biographies et hommages. Aujourd’hui, des chercheurs trouvent des écrits non publiés qui en révèlent plus sur la vie d’Anaïs Nin, ce qui perpétue cette fascination autour de l’autrice.</p>
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