Kamil Kouhen – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Fri, 16 Nov 2018 22:15:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 Dans la rue crisse la craie https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dans-la-rue-crisse-la-craie/ https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dans-la-rue-crisse-la-craie/#respond Tue, 24 Feb 2015 16:49:39 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=22457 Le coup d’envoi de la semaine d’actions dérangeantes contre l’austérité a été donné le 22 février avec l’organisation d’un craie-in contre l’austérité au parc Émilie-Gamelin, auquel environ 200 personnes ont pris part, dans une ambiance familiale et conviviale. Cette semaine de mobilisation, qui se déroulera du 22 au 27 février, est organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (Coalition), formée en 2009 et regroupant aujourd’hui plus de 85 groupes sociaux venant de divers secteurs de la fonction publique. Ces divers groupes sociaux organiseront donc tout au long de la semaine de nombreuses actions destinées à faire reculer le gouvernement Couillard, qui n’a jusqu’à maintenant démontré aucune volonté de compromis vis-à-vis de sa politique budgétaire. «Plus de 40 actions de mobilisations et de visibilité sont organisées partout à travers le Québec», a annoncé via communiqué de presse Véronique Laflamme, co-porte-parole de la Coalition.

Ce premier évènement d’une semaine qui s’annonce chargée, était organisé par les collectifs Profs contre l’austérité et Profs contre la hausse, qui avaient convié professeurs, parents d’élèves et sympathisants à venir montrer leur solidarité avec le corps enseignant opposé à la politique d’austérité du gouvernement provincial. Au milieu du parc adjacent à la station Berri-UQAM, de nombreux tableaux noirs avaient été érigés pour l’occasion, afin que les participants puissent écrire à la craie, comme à l’école, leurs messages de soutien envers les professeurs, griefs contre les compressions budgétaires ou caricatures des membres du gouvernement. De nombreux parents professeurs ont participé à l’événement, amenant avec eux leurs enfants, donnant ainsi à la manifestation un air de cour de récréation. Manon Massé, députée Québec Solidaire (QS) de Sainte-Marie-Saint-Jacques et Camille Godbout, porte-parole de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) étaient également présentes. L’idée derrière le concept du craie-in était que tous pouvaient exprimer leurs idées ou leurs critiques sur la place publique.

Ce que critiquaient principalement les professeurs présents, c’est la baisse graduelle de leurs conditions de travail due aux compressions budgétaires, qui mène à une chute de la qualité de l’enseignement au Québec. Selon eux, le nombre d’élèves par classe ne cesse d’augmenter, le soutien aux élèves en difficulté ou handicapés s’amoindrit chaque année faute de fonds, et les postes supprimés, comme ceux des infirmières dans certains établissements, semblent surtout toucher les femmes. Le membre du gouvernement principalement visé par les reproches lors du rassemblement était Yves Bolduc, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, accusé d’être décalé de la réalité du terrain éducatif, et dont le nom figurait dans la plupart des slogans, écrits ou scandés. «Laissez les enseignants faire leur job, monsieur le ministre», «Ras le Bolduc», pouvait-on lire sur les tableaux.

Les organisateurs n’ont pas caché leur espoir de voir émerger un nouveau printemps érable, comptant recréer l’effervescence du mouvement citoyen de 2012. Plusieurs intervenants de divers milieux touchés par l’austérité ont pris la parole, dont Camille Godbout, de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), qui a signifié au gouvernement que «s’il ne recule pas, on continue d’augmenter la pression, et c’est ce qu’on fait aujourd’hui!»  Le rassemblement s’est achevé par une marche le long de la rue Saint-Hubert, dispersée vers 16h. Pour citer une des membres de la Coalition Main rouge qui s’est exprimée, «ça sent le printemps!» 

]]>
https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dans-la-rue-crisse-la-craie/feed/ 0
William, le talent bienfaisant https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/william-le-talent-bienfaisant/ https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/william-le-talent-bienfaisant/#respond Tue, 20 Jan 2015 17:06:51 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=22092 En présentant le documentaire William & the Windmill, la branche mcgilloise de la Société nationale des ingénieurs noirs et le MasterCard Foundation Scholars Program, destinés à accompagner financièrement les nouveaux talents africains désavantagés économiquement, semblent s’être donné la mission de sensibiliser les étudiants choyés aux difficultés économiques qui bloquent l’accès à l’éducation pour d’autres.

L’histoire commence dans un petit village du Malawi et raconte comment un jeune adolescent, William Kamkwamba, fabrique une éolienne avec des matériaux trouvés sur un terrain vague. Il parvient à alimenter sa maison en énergie si bien qu’il acquiert une réputation qui le conduira jusqu’à une conférence TED (Technology, Entertainment & Design) en Tanzanie. Le garçon est ensuite pris en charge par Tom Rielly, l’un des dirigeants de la fondation américaine TED avant d’écrire une autobiographie dont le succès est international: The Boy Who Harnessed the Wind. Le documentaire rend bien compte du conflit constant entre la médiatisation volontaire du garçon et sa réussite individuelle. Entre l’opportunité d’effectuer de grandes études et la possibilité de récolter des fonds pour un village, le cas de William pose la question de la gestion d’une gloire fulgurante dans un milieu qui peine économiquement. L’histoire semble dire que l’équilibre se trouve dans l’extraordinaire humilité du garçon qui lui permet de continuer à aider son village en construisant, entre autres, une nouvelle école. La force du documentaire réside ainsi dans le sentiment de profonde humanité communiqué par le contraste assumé entre la nouvelle vie de William étudiant au Dartmouth College appartenant à la Ivy League et l’évolution d’un village bouleversé par le génie d’un de ses enfants.

De manière plus générale, le visionnement de William & the Windmill interroge la manière de mettre en avant les jeunes talents d’Afrique et l’épanouissement d’une génération confrontée aux nouveaux enjeux d’un continent de plus en plus imposant. Alors qu’il avait été, comme bien d’autres, obligé de quitter l’école secondaire en raison de l’extrême pauvreté de sa famille, William Kamkwamba se retrouve inscrit dans un lycée sud-africain prestigieux ayant pour but de former les futurs leaders du continent (African Leadership Academy) avant ses études supérieures à Dartmouth College. Peut-on simplement justifier cette ascension par une persévérance admirable? Le concours de circonstances et l’éclair de génie ont manifestement joué leur rôle et le cas du jeune homme demeure exceptionnel. La question de l’accès à l’éducation et plus spécifiquement à un enseignement supérieur de qualité se pose pour des millions d’enfants et d’adolescents africains dans un temps où la majorité des modèles économiques s’entendent sur l’importance de l’éducation dans le développement économique. La génération à venir pourra-t-elle jouir d’un enseignement plus accessible, aidée par quelques coups de pouce comme celui de William?

Un documentaire comme celui-ci, plein d’espérance, d’enthousiasme et d’humanité donne à voir aux étudiants que la question économique est indissociable de l’accès à l’éducation, que le talent est une chose, mais qu’il doit être soutenu financièrement pour pouvoir répandre efficacement ses retombées bénéfiques.

]]>
https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/william-le-talent-bienfaisant/feed/ 0