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	<title>Anouchka Debionne - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 02 Oct 2024 03:36:33 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Mademoiselle, s’il-vous-plaît!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/10/02/mademoiselle-sil-vous-plait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La réalité éreintante du service de restauration à Montréal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/10/02/mademoiselle-sil-vous-plait/" data-wpel-link="internal">Mademoiselle, s’il-vous-plaît!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Débit ou crédit? La machine tendue vers le·la client·e, l’écran propose 10, 15 ou 20% de pourboire en fonction du service. Ancré dans la culture nord-américaine, la valeur du service rendu est explicitement attribuée à un chiffre, qui viendra s’additionner à celui de la nourriture. À Montréal, l’un des emplois étudiants les mieux payés est celui de serveur·se : selon les chiffres de l’Association Restauration Québec (ARQ), le salaire horaire moyen d’un·e serveur·se est de 38,63$ – un dollar de plus que celui des TAs (<em>Teaching Assistant</em> ou auxiliaires d’enseignement, <em>tdlr</em>) de McGill. Bien que ce soit une option de revenus alléchante pour une population étudiante qui a besoin de payer ses courses, son loyer et ses sorties, la pression dans le milieu de la restauration ne vaut parfois pas parfois la quantité de dollars sur la paie. Pour tenter de comprendre leur réalité qui est invisible aux yeux du·de la consommateur·rice, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec six serveur·se·s étudiant·e·s. </p>



<p><strong>Des relations humaines malsaines</strong></p>



<p>Dans un milieu de travail qui mélange toutes les générations et toutes les expériences de vie, les comportements abusifs sont fréquents : les serveur·se·s interrogé·e·s mentionnent avoir vécu des expériences comme des « tapes aux fesses », des frôlements aux hanches, et se sont même vu·e·s offrir de l’alcool par un gérant à la fin d’un quart de travail. Angelo, ancien serveur dans un bar proche de McGill, remarque qu’ « à McGill, les gens qui nous entourent sont “<em>woke</em>”, on a l’impression que ces comportements n’existent pas. Pourtant, dans ce milieu-là, il y a encore de l’homophobie et des comportements déplacés en masse ». Rania, qui travaille dans un restaurant au quartier chinois, précise que les comportements déplacés viennent aussi des client·e·s : « On est souvent confronté à des clients qui flirtent avec nous et souvent on ne sait pas comment réagir ». L’intensité des demandes des client·e·s et des gérant·e·s rend les relations humaines sur le lieu de travail toxiques. Marie, qui a servi dans un restaurant étoilé et un bar à cocktails à Montréal, se souvient que son travail était teinté d’un rapport malsain avec ses gérants : « Je respecte énormément les gens qui font ça toute leur vie, mais je ne pourrai pas. Entre <em>micromanagement</em> (microgestion) et sexisme constant, tu reçois des remarques sur ton physique et sur tes relations privées. Mes collègues hommes me prenaient pour leur assistante et me parlaient très mal lors du service. Il n’y a pas de bureau d’éthique ou de ressources humaines en restauration, ce genre de comportement est banalisé. Si tu oses te plaindre, t’es ingrate, t’es faible. » Rania a vécu une expérience similaire : « Il y a beaucoup de drames et de manigances avec les <em>managers</em> [qui ont l’âge de Rania, <em>ndlr</em>] et les gérants. Les managers parlent dans le dos des employés et les gérants essayent de faire en sorte que l’on se batte pour nos <em>shifts</em> (quarts de travail). » Charlotte, étudiante à McGill et ancienne serveuse dans deux bars du boulevard Saint-Laurent, relève aussi les relations très hiérarchisées dont elle a souffert : « Je trouve qu’il y a, en tout cas dans mon expérience, beaucoup de <em>gossip</em> (potins). C’était malsain à long terme. La hiérarchie entre <em>managers</em> et employés rendait aussi le travail instable – ils ont le pouvoir de me renvoyer d’un jour à l’autre ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il n’y a pas de bureau d’éthique ou de ressources humaines en restauration »</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size">- Marie, serveuse en restaurant étoilé</p>
</blockquote>



<p><strong>Un rythme éreintant</strong></p>



<p>Au-delà des relations épuisantes avec le·la client·e et avec les gérant·e·s, la réalité du métier de serveur·se est teinté de conditions de travail épuisantes. Bien que le code canadien du travail stipule que tout·e employé·e a droit à une pause non rémunérée d’au moins 30 minutes pour chaque période de cinq heures consécutives de travail, cette règle n’est souvent pas respectée en restauration. En effet, les client·e·s arrivent en continu à l’heure des repas, rendant le travail particulièrement physique. « En restauration tu n’as pas de pauses, sauf quand tu fais un double shift », remarque Ylan, serveuse dans un restaurant aux nombreuses tables sur la Rive-Sud de Montréal. « Même si tu as une pause dîner à deux heures, on peut te demander d’aider les serveurs sur le plancher à cause de l’achalandage, et tu n’auras donc pas le temps de prendre une bouchée avant quatre heures. En plus du manque de temps pour manger, c’est un travail physique : il faut apporter des gros plateaux qui peuvent être très lourds, et, surtout, on est constamment debout en train de courir partout. » Eva, étudiante serveuse pendant l’été, ajoute à ça la difficulté de se concentrer pendant une longue période : « Il faut avoir le sourire et ne pas perdre sa concentration pendant tellement de temps. Il faut vraiment avoir un bon cardio. » </p>



<p><strong>Pas des machines</strong></p>



<p>Les petits pots sur les comptoirs de service où l’on dépose des « pourboires » sont à l’origine disposés pour que les gens pressés puissent recevoir un service plus rapide. Aujourd’hui, le pourboire est rendu presque obligatoire pour un service de table, et tous les client·e·s se sentent prioritaires et pressé·e·s. Marie et Charlotte soulignent que, dans le service à la clientèle, la patience et l’humanité peuvent se perdre : le·la client·e a tendance à oublier que le service de leur nourriture est assuré par des humains, des étudiant·e·s qui ont une vie en dehors de leur lieu de travail : « Les clients ont du mal à comprendre qu’on peut aussi avoir une mauvaise journée, recevoir une mauvaise nouvelle, que l’on est fatiguée après huit heures sur nos pieds et que si l’on ne sourit pas ou que l’on regarde mal ça n’a rien à voir avec lui. » Selon Rania, reconnaître l’humanité de celles et ceux qui nous servent peut se traduire dans des gestes concrets : « J’aimerais que l’on sache qu’on apprécie toujours les clients qui empilent les couverts et les assiettes, et qui déplacent les plats quand on en apporte un nouveau. Ceux qui ne nous regardent pas galérer sans broncher. » </p>



<p><strong>Une consommation d’alcool systématique</strong> </p>



<p>Il est aujourd’hui amusant de s’imaginer que le pourboire eut été un temps offert aux serveur·se·s pour leur permettre de se payer un verre à boire. Aujourd’hui, la consommation d’alcool est non seulement accessible pour les serveur·se·s, mais elle est également encouragée. Charlotte, qui a travaillé dans deux bars sur le Boulevard Saint-Laurent et le Plateau Mont-Royal, soulève que la consommation d’alcool est normalisée au travail, autant par les client·e·s que par l’équipe. « Dans le premier bar où j’ai travaillé, les clients me payaient énormément de boissons et c’est dur de dire non à quelqu’un que tu sers, parce que c’est cette personne qui va te <em>tip</em> (donner un pourboire). Au deuxième bar, l’équipe avait la tradition de taper sur une certaine lampe et on prenait tous un <em>shot</em> ensemble – et ce, plusieurs fois par soir. Ça dépendait du <em>bartender</em> (serveur de bar), quand il voulait. Si toute l’équipe prend un <em>shot</em> comme ça en tapant la lampe devant tout le monde dans le bar, toi aussi, tu es incité à en prendre un. À la fin de la soirée, l’équipe entière est alcoolisée. Certain·e·s consomment même du cannabis et d’autres drogues. » </p>



<p>Outre ces vices qui peuvent accompagner l’emploi dans le monde nocturne, la pression est telle dans le milieu de la restauration que certain·e·s serveur·se·s peuvent être incité·e·s à prendre des drogues pour tenter de maintenir un rythme pendant le service. D’après nos sources, la réouverture des restaurants à la suite de la pandémie de COVID-19 a été particulièrement achalandée. Le stress généré par une demande exponentielle et des équipes en sous-effectif a amené certain·e·s à devenir dépendant·e·s, au détriment de leur santé. </p>



<p><strong>Devenir plus humain</strong></p>



<p>Avoir un emploi étudiant a le bienfait de comprendre l’autre côté du tablier, et développer de l’empathie dans toutes les sphères du service à la clientèle. Marie remarque qu’elle arrive à mieux comprendre la personne qui la sert : « Tu te rends compte à quel point la plus simple gentillesse est hyper importante. Bonjour, merci, un compliment, bonne journée, bon courage, un sourire. Toutes ces choses là, si simples à faire, permettent de rendre le travail du serveur un peu plus simple et agréable. Être patient et comprendre que l’on ne sait pas ce qu’il se passe dans la vie des autres ». Rania, elle, s’assure de « toujours empiler les plats avant de partir », et Ylan offre un plus grand pourboire. </p>



<p>Montréal est une ville vibrante qui regorge de restaurateur·rice·s et d’expériences gustatives, et le message unanime de leurs employé·e·s est d’ouvrir les yeux sur la réalité de celui ou celle qui sert! </p>



<p><em>Le Délit se dégage de toute incitation à consommer Alcool et Drogues.</em></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment poussent mes légumes?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/18/comment-poussent-mes-legumes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[WWOOFing]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Découverte d’une ferme biologique du Québec avec le WWOOFing.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le WWOOFing (World Wide Opportunities on Organic Farms,&nbsp;<em>Opportunités</em> <em>Mondiale Sur Fermes Biologiques</em>,&nbsp;<em>tdlr</em>) est une plateforme de mise en relation de fermes biologiques avec <a href="https://wwoof.net/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des bénévoles dans 132 pays</a>. Au Québec, en échange d’un couvert et d’un toit, les « WWOOFeurs » – nom donné aux utilisateurs du site – contribuent à diverses tâches dans des productions maraîchères, apicoles, d’élevage, ou de récolte de sirop d’érable. La plupart travaillent bénévolement dans les fermes pour découvrir les régions où elles sont établies. Il est également possible de faire du WWOOFing par curiosité d’en apprendre plus sur la culture biologique, pour comprendre la réalité des producteurs, ou pour couper avec le quotidien de la ville.</p>



<p><em>Le Délit&nbsp;</em>est allé à la rencontre des propriétaires de la ferme des Jardins du Cheval blanc, situés à 50 minutes de Montréal, qui accueillent des bénévoles pour le temps d’une fin de semaine ou de plusieurs mois.</p>



<p><strong>Donner et apprendre</strong></p>



<p>Jean-François, qui a ouvert sa ferme biologique il y a quatre ans, raconte avoir pour projet de bâtir une entreprise éco-responsable, qui produirait de la nourriture de proximité pour la communauté du village de Saint-Antoine-de-Richelieu. Il a commencé à utiliser la plateforme de WWOOF par nécessité de main‑d’œuvre : « On en accueillait entre un et quatre [bénévoles,&nbsp;<em>ndlr</em>]. On s’est finalement plu à rencontrer des gens, à recevoir du monde, à avoir de l’aide, à partager, à échanger. C’est devenu à la fois le moteur des ressources humaines de la ferme et une façon d’offrir un lieu d’apprentissage pour les gens, de donner au suivant. » L’une des bénévoles, Amélia, étudiante à McGill au baccalauréat, s’y est rendue deux jours de fin de semaine au mois de septembre. Elle a offert de son temps à l’entretien de la ferme et à la récolte des légumes de saison. « J’ai eu envie de travailler ici parce que j’entreprends quelque chose de concret, qui fait changement des cours universitaires. J’aimerais bien avoir mon propre potager un jour, et c’est important de savoir comment mettre les mains dans la terre de la bonne façon, et comment faire pousser ses légumes dans un écosystème qui a du sens! »</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Article-Anouchka.tiff.tiff" alt class="wp-image-55860"><figcaption><span class="media-credit">Amélia Oudinot</span></figcaption></figure>



<p><strong>Découvrir la réalité d’un projet agricole</strong></p>



<p>Faire du WWOOFing, c’est avant tout être curieux de la façon dont on produit nos fruits et légumes. « Je veux comprendre d’où vient la nourriture que l’on consomme et le travail nécessaire à sa production », explique Amélia. Les échanges lors des repas permettent aux bénévoles de comprendre la gestion d’une ferme. Le rêve de Jean-François est de trouver des fermiers motivés pour former une coopérative : « Il y aurait des gens qui s’occupent des animaux, des gens qui s’occupent des céréales, puis de la transformation des céréales. Nous, on s’occuperait des légumes et on aimerait avoir des arbres fruitiers. On aimerait que ça devienne une espèce d’écosystème avec un étang, des lacs, en suivant un modèle d’agriculture régénératrice. » Ce type de modèle agricole consiste à produire soi-même de quoi fertiliser et semer sa terre : le fumier, aujourd’hui acheté à l’élevage intensif, et l’engrais vert et semences, achetés à des fermes qui ne produisent que ça. </p>



<p>Jean-François évoque un problème auquel font face de nombreux petits agriculteurs : la différence de prix entre le moment où il a établi son plan d’affaires, il y a cinq ans, et le prix actuel des terres. « La location de nos terres, des équipements et les semences ont doublé de prix alors que le prix des légumes a augmenté seulement de 25% ou 30%. C’est en train de ne plus devenir rentable de faire pousser des légumes bio sur des petites surfaces. Il y a énormément de fermes sur notre modèle qui ferment ou qui sont menacées de fermeture en ce moment, dont certaines qui existaient depuis longtemps. » Il mentionne que la seule façon d’être rentable est d’accroître sa production, ou simplement d’en réduire la taille, pour que sa famille soit autosuffisante. « En ce moment, 50 paniers à notre kiosque du marché de Saint-Hilaire, ce n’est pas rentable. Il faut augmenter la production pour pouvoir être rentable parce qu’il y a des frais fixes auxquels on ne peut pas échapper », déplore-t-il.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pour moi, c’est vraiment une expérience humaine. C’est rencontrer des gens qui ont les mêmes valeurs que toi »&nbsp;</p>



<p class="has-small-font-size">Julie, associée à la ferme Les Jardins du Cheval Blanc</p>
</blockquote>



<p><strong>Des valeurs en commun</strong></p>



<p>L’aventure du WWOOFing a motivé Julie, immigrée de France, à s’engager dans la ferme en tant qu’associée. « Dès que je suis arrivée, je me suis sentie vraiment à ma place. C’est incroyable de se dire que là, j’ai préparé la terre, j’ai planté les semences, elles ont poussé, je les ai arrosées, je les ai plantées dans le sol, j’ai préparé les planches et elles deviennent des légumes. » Julie avait déjà eu une expérience de WWOOFing en France, proche de chez elle, avec un couple qui avait le projet de rebâtir une maison en ruine. « Pour moi, c’est vraiment une expérience humaine. C’est rencontrer des gens qui ont les mêmes valeurs que toi. » Arrivée depuis mars au Québec, elle a choisi de s’associer à cette ferme, car elle partage la vision de Jean-François : « J’aime l’idée de pouvoir nourrir son monde. Jean-François décide de rester à Saint-Antoine, parce qu’il a envie de nourrir Saint-Antoine. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-1200x1600.jpg" alt class="wp-image-55853" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-1200x1600.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-650x867.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-150x200.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Anouchka-article.tiff-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit">Amélia Oudinot</span></figcaption></figure>



<p><strong>L’image du colibri</strong></p>



<p>Julie continue de travailler à la ferme avant tout parce que c’est un travail gratifiant, non seulement dans le suivi des pousses de ses plants, mais aussi dans le contact humain au marché. « Je suis très adepte de l’image du colibri. Chaque petite action est nécessaire et une toute petite action peut avoir une grande conséquence. C’est une petite ferme, et c’est un travail énorme de faire pousser des légumes. Mais tu l’offres à des gens, tu leur donnes à manger, ils vont souper avec mes légumes le soir, tu leur donnes des idées de recettes. C’est un contact intime avec les gens, de les nourrir et d’y mettre du sien. C’est beaucoup de travail, mais pour la bonne cause. » Julie aime accueillir des « WWOOFeurs » à la ferme, parce qu’elle aime leur enseigner : « Je trouve que c’est vraiment important de savoir pourquoi tu fais les choses. Ce n’est pas simplement: «&nbsp;Je te donne une tâche de désherbage à faire. C’est “je t’explique pourquoi c’est important de désherber cette culture-là et qu’est-ce que ça va faire après.” » Elle ne sépare pas sa journée de travail du reste : pour elle, c’est un tout, un quotidien qu’ils partagent ensemble, dans le champ la journée, et en chantant le soir.</p>



<p>Hugo, présent en même temps qu’Amélia, est étudiant en horticulture. Il apprécie l’impact qu’il peut avoir en tant que main‑d’œuvre extérieure au projet. « J’adore que chacun apporte une aide précieuse à la ferme, et que la plupart des propriétaires soient à l’écoute de nos idées. Parfois cela peut se développer en projet ou plan pour plus tard. »</p>



<p>Bien que les valeurs puissent être communes à la plupart des utilisateurs de la plateforme, c’est la diversité des expériences possibles dans les fermes du Québec ainsi que leur proximité à de grandes villes comme Montréal qui fait leur richesse. Travailler chez un producteur de sa région permet de comprendre ce qui pousse au gré de nos saisons et les enjeux auxquels font face ceux qui remplissent nos assiettes.</p>
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		<title>Quand on a 20 ans, on doute, on tombe et on apprend</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/08/28/quand-on-a-20-ans-on-doute-on-tombe-et-on-apprend/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voyage au coeur de parcours d’étudiantes à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 20 août 2024. Sous les nuages gris de fin d’été montréalais, le campus du centre-ville reprend l’accueil annuel des nouveaux arrivants. Chaque année, plus de <a href="https://www.mcgill.ca/es/fr/profile" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">6 000</a> étudiants âgés pour la plupart de 17 à 20 ans entrent dans leur première année universitaire à McGill. Ces premiers pas dans la vie autonome sont accompagnés des premiers doutes. Est-ce qu’on se lance dans des études parce que c’est la suite logique du secondaire, cégep, lycée? Est-ce que l’on vient y creuser une passion, une curiosité, y chercher un diplôme ou une éducation à la vie adulte? Erik Erikson, psychanalyste germano-américain du 20<em>e</em> siècle, théorise l’entrée dans « l’âge adulte » comme un stade d’exploration et d’affirmation de l’identité, autant académique qu’idéologique. À McGill, la plupart des nouveaux étudiants ne doutent pas de leur capacité à poursuivre des études rigoureuses, dans un cadre académique prestigieux. La fin des années d’enseignement obligatoire annonce, cependant, le début de questions existentielles sur la place que ces jeunes souhaitent occuper dans le monde des adultes.</p>



<p><em>Le Délit</em> a interrogé cinq étudiantes à McGill en sciences cognitives et sociales sur leur parcours universitaire, afin d’explorer leurs doutes et les remises en question qui en ont découlé.</p>



<p><strong>Une entrée en matière motivée</strong> </p>



<p>Toutes les étudiantes interrogées ont choisi une majeure dans un domaine qui les intéresse. Aucune n’a entrepris des études que pour les débouchés qu’elles offrent ou pour satisfaire les attentes de leurs parents. Certaines, comme Samah, ont développé un intérêt pour leur majeure au cours de leur scolarité pré-universitaire : « Mes parents ne m’ont jamais mis de pression pour suivre un cheminement particulier, j’ai poursuivi mes études en psychologie car c’est une matière qui m’intéresse depuis mes premiers cours en secondaire cinq. » Gabriela et Kira, qui ont toutes deux choisi une majeure en linguistique, ont passé beaucoup de temps à apprendre des langues, à l’école et de façon autonome. « Pour moi, la suite logique du lycée était de continuer des études qui me permettent d’enrichir mes compétences linguistiques et d’apprendre de nouvelles langues » affirme Gabriela. Le choix de McGill a semblé évident pour certaines des étudiantes interrogées car l’Université offre des programmes qu’elles n’avaient trouvé nulle part ailleurs. Juliette a choisi les neurosciences parce qu’elle voulait un programme interdisciplinaire, qui lui permet d’explorer la psychologie de façon scientifique.</p>



<p><strong>Quand les pistes se brouillent </strong></p>



<p>Les doutes ont nourri le parcours de toutes et chacune, que ce soit dans le choix des cours, des mineures, ou du choix de l’université. Samah n’a pas douté du métier de psychologue pour lequel elle fait des études, mais regrette son choix de parcours pour arriver au doctorat. « Je me suis demandée si je n’aurais pas mieux fait d’étudier les sciences naturelles et de passer par un programme en santé plutôt que par la Faculté d’arts. Si je ne suis pas prise au doctorat, j’aurais aimé avoir des options plus en santé comme l’ergothérapie. » Pour d’autres, les doutes naissent après avoir choisi des études par passion. Lorsque le domaine d’études n’a pas de débouchés prédéfinis, comme en sciences cognitives, l’avenir peut faire peur. « D’un autre côté, je pense que ça offre aussi plus de liberté, » s’enthousiasme Amélia.</p>



<p>La candidature en <em>Honours</em> lors de la deuxième année est un nouveau choix qui peut faire douter. Jeanne, qui entreprend une double majeure histoire et sciences politiques, n’avait pas les préalables pour postuler en <em>Honours </em>mais était consciente que graduer d’un tel programme était avantageux pour intégrer la maîtrise.</p>



<p>Pour Kira, les doutes se sont concentrés autour de son choix de faculté : baccalauréat d’arts uniquement ou baccalauréat d’arts et sciences? « J’ai aimé qu’on puisse ajouter une deuxième majeure, que je puisse étudier deux sujets différents et complémentaires. J’aime mes cours, mais je ne connais pas d’étudiants sur la même voie que la mienne. J’ai senti peu de soutien de la part des conseillers académiques de la Faculté d’arts. Les conseillers de chacune de mes majeures se contredisent souvent. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je pense que c’est la philosophie de cette université : c’est à toi d’aller chercher des opportunités, pas à elle de venir te les présenter! »</p>
</blockquote>



<p><strong>Une mineure qui se forme et se transforme </strong></p>



<p>Toutes les étudiantes interrogées ont changé de mineure après leur première année. La plupart des étudiants se concentrent sur des cours de majeure en première année, et décident par la suite de leur mineure ou seconde majeure. Les combinaisons de programmes sont très flexibles, chacun étant libre de les modifier au cours de son baccalauréat tant qu’il en complète les 120 crédits. Certaines ont entrepris une mineure par complémentarité avec leur majeure, d’autres pour combler un intérêt adjacent. « Un de mes objectifs dans la vie était d’apprendre l’arabe, alors j’ai changé ma mineure en sociologie pour une mineure en études islamiques », raconte Samah. Pour Amélia, le choix des mineures a pris son sens en deuxième année : « J’avais eu le temps de m’habituer au système de sélection de cours et préalables, donc j’en avais une meilleure compréhension et j’ai pu aiguiller mon choix vers celle qui proposait le plus de cours que je trouvais intéressants : l’étude du genre. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Le manque de soutien et de conseil académique à McGill semble être un regret commun à plusieurs étudiants, qui ont chacun mené un parcours unique semé de doutes. »</p>
</blockquote>



<p><strong>Le clash de la réalité universitaire </strong></p>



<p>La façon dont un sujet est enseigné à l’université ne correspond pas nécessairement aux attentes des étudiants en première année. Juliette a senti un décalage avec le reste de sa cohorte en neurosciences, lorsqu’elle s’est rendu compte que la plupart avaient choisi neurosciences plus comme pont vers la médecine plutôt que par intérêt pour cette matière. Le manque d’intérêt pour certains des cours, la performance et la compétition ont aussi fait partie de sa réalité universitaire. « Je n’ai pas trouvé ma place dans la recherche, qui est selon moi disproportionnellement valorisée à McGill. » Juliette ajoute que ses doutes se sont propagés à son choix d’université, incertaine de sa place dans le monde anglophone de McGill et dans une cohorte internationale qui semblait déjà se connaître après U0 (« l’année 0 ») et la vie en résidence. « J’ai aussi eu le sentiment que la plupart des étudiants à McGill ne sont que de passage à Montréal. »</p>



<p>Pour Gabriela, l’enseignement de la linguistique n’était pas ce à quoi elle s’attendait. « J’avais envie d’étudier la langue comme outil de liaison entre les gens, et les cours à McGill m’ont enseigné l’étude scientifique de la structure de la langue. » Elle a senti un manque de place pour une réflexion culturelle. « J’ai commencé par une mineure en allemand puis en russe, mais je trouve que l’enseignement des langues à l’université donne trop d’importance à la grammaire au détriment de l’utilité communicationnelle. C’est comme ça que j’ai découvert que je préfère apprendre les langues par moi-même, à mon propre rythme. » C’est en tâtonnant dans les départements de langues qu’elle a finalement trouvé une mineure en études de l’Amérique latine, pour lesquelles elle s’est découverte une passion : « Si je l’avais découvert plus tôt, je l’aurais changé pour une majeure! » Ce département multidisciplinaire lui a permis d’accéder à ce qu’elle cherchait dans l’étude des langues : développer des réflexions sur sa culture brésilienne, ses origines – par le biais de la littérature, l’anthropologie et les sciences politiques.</p>



<p><strong>« Ce que j’aurais aimé savoir lors de ma première année » </strong></p>



<p>Tout parcours est semé de doutes et regrets, que les étudiants voient souvent comme des apprentissages qui s’avèrent fructueux pour la suite. La plupart des regrets sont liés au manque de connaissance du système de McGill. « J’aurais aimé savoir plus tôt que l’on peut prendre une mineure en Faculté de sciences, et que des bourses sont accessibles pour rémunérer la recherche que l’on fait avec des professeurs de McGill, comme l’ASEF [Art Student Employment Fund, Fond d’Emploi pour les Étudiants en Art,<em> ndlr</em>] par exemple. Ces deux informations ne sont pas assez communiquées par la Faculté des arts selon moi », regrette Samah. « Je pense que c’est la philosophie de cette université : c’est à toi d’aller chercher des opportunités, ce n’est pas elle qui va venir te les présenter! » Amélia partage ce regret et ajoute avoir eu peur d’utiliser les ressources que propose la faculté pour les stages, les aides ou la vie étudiante. Kira offre comme conseil d’être prudent avec les avis d’autres étudiants et des conseillers académiques. « Chaque programme est différent et chaque parcours unique, alors ne t’inquiète pas si le tien ne ressemble pas à celui d’autres! » Les doutes de Juliette ont été relativisés lors de son échange étudiant à Copenhague. Elle a pu découvrir une autre université qui ne partage pas le côté compétitif de McGill. « J’ai témoigné d’une jeunesse qui prend le temps de choisir et de vivre sa vingtaine, dans une culture où les années sabbatiques sont complètement normales. »</p>



<p>Le manque de soutien et de conseil académique à McGill semble être un regret commun à plusieurs étudiants, qui ont chacun mené un parcours unique semé de doutes. Écouter le témoignage d’autres qui ont déjà traversé des épreuves similaires peut se révéler clé dans le développement du parcours universitaire. Le podcast <em>Nouvel Oeil</em>, par exemple, tente de répondre aux questionnements du début de la vingtaine sur la confiance en soi, la liberté, l’amour, l’écologie, à travers le parcours inspirant de personnalités qui ont elles aussi traversé des doutes lors de leur parcours personnel et professionnel.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/08/28/quand-on-a-20-ans-on-doute-on-tombe-et-on-apprend/" data-wpel-link="internal">Quand on a 20 ans, on doute, on tombe et on apprend</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[finance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53796</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Oser » être femme dans une industrie financière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/" data-wpel-link="internal">Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Selon <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/89-503-x/2015001/article/14694-fra.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Statistiques Canada</a>, « Au début des années 1950, environ un quart des femmes de 25 à 54 ans étaient actives dans le monde du travail, tandis que presque <em>tous les hommes </em>du même groupe d’âge étaient actifs au cours de la même période. »</p>



<p>Cette observation met en contexte la disparité des genres dans les milieux bureaucratiques comme la finance. L’histoire relatée par la culture médiatique ne se souvient pas des femmes occupant des postes de cadre – mais met plutôt de l’avant celles étant secrétaires. Bien qu’aujourd’hui beaucoup croient ces disparités disparues, les expériences féminines singulières montrent bien souvent le contraire. La situation des femmes dans le monde du travail s’est améliorée ces dernières années, c’est certain, mais elle est encore loin d’être optimale. Pour mieux comprendre les difficultés auxquelles les femmes font face aujourd’hui dans des milieux professionnels majoritairement masculins, j’ai interrogé Marine*, une analyste de marché boursier, fraîchement diplômée de cinq années d’études dans le domaine. Elle nous partage son expérience dans un fonds de placement au Québec, un milieu dominé par une écrasante majorité d’hommes. Dans son équipe d’analyse de marché boursier composée de quinze personnes, les femmes ne sont que trois. Nous parlons notamment de son rapport à la compétition en finance, son syndrome de l’imposteur, et ses aspirations pour le futur.</p>



<p><strong>Anouchka Debionne (AD) </strong>: <em>As-tu l’impression qu’il y a moins de femmes dans le milieu de la finance car celles-ci sont peu représentées dans les médias et autres?</em></p>



<p><strong>Marine (M) </strong>: Oui. En grandissant, je n’ai pas vu de femmes occuper de grands postes de cadres à la télévision. Les médias sont un miroir de la réalité, et les ambitions de chacun s’inspirent grandement de ce à quoi nous sommes exposés. Les représentations masculines stéréotypées des personnages occupant de hauts postes dans le monde de la finance dans les séries, films et livres peuvent impacter l’ambition de certaines. Le <em>Loup de Wall Street </em>en est un bon exemple : c’est l’histoire d’un homme qui a réussi à gagner toutes les gloires – titres, réputation, argent – en étant un as du marché boursier. Cette quête du succès s’accompagne d’une pression, compétition et obsession pour la finance que je peux observer chez une majorité d’hommes dans mon industrie, mais pas chez les femmes. Les femmes, elles, se sentent moins à leur place puisqu’elles ont l’impression d’être dans des milieux inventés par l’homme et pour l’homme. Si le monde de la finance était d’inspiration plus féminine, il ne serait sûrement pas autant empreint de cet esprit compétitif parfois déraisonné. Je veux simplement donner le meilleur de moi-même, et c’est en discutant avec mes collègues femmes que je me suis aperçue que c’est un sentiment partagé.</p>



<p><strong>AD </strong>: <em>Qu’est-ce qui, en tant que femme, te fait parfois sentir en marge de tes collègues hommes?</em></p>



<p><strong>M </strong>: Je pense qu’on diverge sur la place que prend la compétition dans notre travail. Je suis carriériste, mais le titre et le salaire ne sont pas ce qui vont me faire rester dans la finance. Mon ambition est axée sur le rendement, bien sûr, mais aussi sur les impacts des investissements que je supervise. Je suis intéressée par la géopolitique qui influence les chiffres. La simple compétition pour avoir les meilleurs chiffres ne me motive pas.<br></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si le monde de la finance était d’inspiration plus féminine, il ne serait sûrement pas autant empreint de cet esprit compétitif parfois déraisonné » </p>
<cite>Marine*</cite></blockquote>



<p>Je me rends aussi compte de la différence que prend ce travail dans ma vie quand je me compare à mes collègues. Lors des pauses dîner, une séparation des tables va naturellement se former entre les femmes et les hommes. Ils continuent à parler de finance entre leurs bouchées alors que nous n’hésitons pas à quitter cet univers le temps d’une heure pour souffler et apprendre à mieux se connaître. Si les hommes ont souvent tendance à se définir par leur travail, personnellement, mon travail ne me définit pas. Je n’en suis pas moins passionnée pour autant, mais la compétition et la quête du plus ne me motivent pas.</p>



<p><strong>AD </strong>: <em>Souffres-tu parfois du syndrôme de l’imposteur, et si oui, as-tu l’impression qu’il soit lié à ton identité de femme?</em></p>



<p><strong>M </strong>: C’est important pour moi d’être stimulée au travail, et c’est ce qui m’a conduit à poursuivre une carrière en finance. L’intensité de mes collègues et de certains amis hommes dans le milieu m’ont fait douter de ma place. C’est après avoir discuté avec mes collègues femmes que j’ai pu relativiser : elles me disaient aussi que leur métier ne les définissait pas et qu’elles avaient des aspirations et d’autres projets la fin de semaine par exemple. Le syndrome de l’imposteur est probablement accentué par les différences physiologiques que l’on a avec les hommes, qui peuvent jouer en notre défaveur et nous empêcher d’être nous-mêmes. Par exemple, il faut faire attention à ce que notre voix ne soit pas trop aiguë, si on veut se faire entendre. Il faut qu’on se montre plus ferme que l’on a l’habitude de l’être. On ne peut pas juste être sensible, être sympa, rigoler, parler d’autre chose que la finance parce que ce sera reçu comme n’étant pas vraiment à ses affaires, trop sensible. Incarner un personnage dans son quotidien alimente l’impression de ne pas être assez. Cela demande de l’énergie. À l’inverse, un homme se sentirait naturellement à sa place, il n’hésiterait pas à plus participer et communiquer, ce qui jouerait en sa faveur.</p>



<p>Je pense que l’insécurité vient du manque de représentation. C’est prometteur de voir que de plus en plus de femmes s’affirment dans leur travail, et cela aidera les jeunes filles qui veulent se lancer en finance à moins de se remettre en question.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Si les hommes ont souvent tendance à se définir par leur travail, personnellement, mon travail ne me définit&nbsp;pas&nbsp;»</p>
<cite>Marine *</cite></blockquote>



<p><strong>AD </strong>: <em>Qu’est-ce qui t’as aidé à t’intégrer?</em></p>



<p><strong>M</strong>: Il y a un soutien entre les femmes dans ce milieu sans lequel je serai probablement déjà partie! J’ai eu pour mentore une femme, et cela a grandement facilité mon intégration dans le milieu : elle expliquait d’une façon qui me convenait et je pouvais lui partager mes questions sans gêne.</p>



<p>Mon entreprise offre aussi parfois des conférences pour les femmes, qui nous invite à examiner nos doutes comme des signes du syndrome de l’imposteur et à apprendre à les surmonter. Il m’est arrivé qu’une conférencière m’inspire à demander plus de retours sur ma performance à mon employeur, et à lui partager que j’aspirais à avoir le poste que j’occupe maintenant.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/un-monde-bati-par-les-hommes-pour-les-hommes/" data-wpel-link="internal">Un monde bâti par les hommes, pour les hommes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Voyage au cœur de l’activisme mcgillois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-au-coeur-de-lactivisme-mcgillois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53497</guid>

					<description><![CDATA[<p>Reportage photo sur la manifestation pro-Palestine du 9 novembre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-au-coeur-de-lactivisme-mcgillois/" data-wpel-link="internal">Voyage au cœur de l’activisme mcgillois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le froid automnal n’a pas démotivé le regroupement d’une centaine de manifestants le 9 novembre dernier devant le pavillon des arts McCall MacBain pour dénoncer la « complicité » du Canada avec Israël dans ses bombardements intensifs à Gaza. Les associations étudiantes SPHR (Solidarité pour les Droits Humains de la Palestine) des universités Concordia, McGill, UQAM, UdeM, ainsi que du collège Dawson ont organisé une manifestation étudiante pour Gaza et ont appelé les étudiants à une journée nationale de « shutdown ». Le convoi a commencé devant le pavillon des arts McCall MacBain à 13h et a défilé jusqu’à la tour Scotia, l’une des <a href="https://www.cbc.ca/player/play/2193847363886" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">banques ayant le plus investi</a> dans la compagnie d’armement israélienne Elbit Systems.</p>



<p><br>Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre, l’offensive israélienne à Gaza a entraîné la mort de plus de 10 000 Palestiniens, dont <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/801436/idees-israel-palestine-ou-est-donc-canada" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70% seraient des femmes et des enfants</a>, selon l’ONU. Alors que les bombardements ont touché des hôpitaux et des camps de réfugiés, plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, s<a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/801436/idees-israel-palestine-ou-est-donc-canada" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">outiennent Israël dans son droit de se défendre</a>. De plus en plus d’universitaires et de spécialistes du droit international <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/801436/idees-israel-palestine-ou-est-donc-canada" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qualifient ces bombardements de génocidaires</a>. Les associations étudiantes montréalaises ont ainsi lancé un appel général à briser leur silence et à dénoncer l’absence d’action du gouvernement fédéral et de leurs institutions universitaires face à une telle violence. Des tambours ont rythmé les revendications le 9 novembre : « Israël, tu ne peux pas te cacher, tu commets un génocide », « Israël terroriste, Canada complice ». Les manifestants ont ordonné un cessez-le-feu immédiat et plus largement la libération de la Palestine de l’État israélien. « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre » était à la fois visible sur les pancartes et se faisait entendre dans la foule.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="341" height="512" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-5.jpg" alt class="wp-image-53551" style="aspect-ratio:0.666015625;width:341px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-5.jpg 341w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-5-150x225.jpg 150w" sizes="(max-width: 341px) 100vw, 341px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/a-debionne/?media=1" data-wpel-link="internal">Anouchka Debionne</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Des affiches sont collées aux murs de la tour Scotia : « Le Canada finance le génocide », « Libérez la Palestine ». </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="512" height="341" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-2.jpg" alt class="wp-image-53552" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-2.jpg 512w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-2-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/a-debionne/?media=1" data-wpel-link="internal">Anouchka Debionne</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Le 9 novembre, des manifestants défilent du pavillon des arts McCall MacBain jusqu’à la tour Scotia en chantant au rythme des tambours « Solidarité avec la Palestine ».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="341" height="512" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-1.jpg" alt class="wp-image-53553" style="aspect-ratio:0.666015625;width:342px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-1.jpg 341w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-1-150x225.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 341px) 100vw, 341px"><figcaption><span class="media-credit">Anouchka Debionnne</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Ces affiches rappellent les altercations entre deux groupes d’étudiants à Concordia le 8 novembre, qui organisaient des ventes en soutien aux victimes palestiniennes des attaques d’Israël et les otages israéliens du Hamas.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="341" height="512" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-4.jpg" alt class="wp-image-53554" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-4.jpg 341w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/PALESTINE-4-150x225.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 341px) 100vw, 341px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/a-debionne/?media=1" data-wpel-link="internal">Anouchka Debionne</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Une banderole porte l’écriture : « Cette entreprise soutient le génocide. Boycottons » Des manifestants crient « Honte! » devant les bureaux de la tour. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-au-coeur-de-lactivisme-mcgillois/" data-wpel-link="internal">Voyage au cœur de l’activisme mcgillois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Voyage dans le militantisme écologique français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-dans-le-militantisme-ecologique-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[environement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53520</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique d’Une année difficile d’Eric Toledano et Olivier Nakache.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-dans-le-militantisme-ecologique-francais/" data-wpel-link="internal">Voyage dans le militantisme écologique français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Images de catastrophes naturelles, de réfugiés, écologiques, rapports alarmants du GIEC : tous les moyens semblent avoir été employés par le militantisme écologique pour sensibiliser la population à passer à l’action contre le réchauffement climatique. La surdose d’informations en a peut-être rendu plus d’un insensible. Et si la conscience pouvait s’éveiller entre deux rires et trois larmes, en étant spectateur de notre propre société?</p>



<p><em>Une année difficile</em>, réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache, est un film français qui traite de la surconsommation, de l’endettement et de l’activisme écologique, et qui nous rappelle la finalité du cercle vicieux de la consommation : la mort lente et douloureuse de notre planète. Le talent des réalisateurs réside dans le ton du récit : l’humour!</p>



<p><strong>Consuméristes perdus à la recherche d’activisme profitable</strong></p>



<p>Albert (Pio Marmaï) et Bruno (Jonathan Cohen) se rencontrent dans un groupe de soutien pour personnes surendettées. Le premier est contraint de dormir au bureau et le deuxième se fait saisir sa maison par l’État français : ils n’ont pas d’argent, plus grand-chose à perdre, et des tas de dettes à rembourser. Attirés par des bières et croustilles gratuites à un événement organisé par des jeunes militants du groupe écologiste Objectif Terre, ils se retrouvent à rejoindre le mouvement et leurs actions, bien plus par intérêt que par conviction. En organisant des blocages de magasins lors du Black Friday et en barrant des grands axes routiers à Paris, le mouvement veut perturber l’ordre du quotidien pour réveiller les citoyens. Bien qu’Albert et Bruno – rebaptisés des surnoms activistes Poussin et Lexo – profitent de chaque coup pour se faire de l’argent, leur conscience s’éveille, et par le fait même, celle du spectateur aussi.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le rire et l’empathie véhiculent un message d’engagement plus fort que n’importe quel discours d’effroi »</p>
</blockquote>



<p><strong>Éveiller les consciences par le rire</strong></p>



<p>Les réalisateurs ont fait un choix fort quant à leurs personnages principaux : deux consuméristes surendettés qui se moquent du réchauffement climatique, étant eux-mêmes dans un état de survie immédiat. Le personnage candide de Jonathan Cohen, naïf et hilarant, se marie parfaitement avec celui plus calculateur et perspicace de Pio Marmaï. On les suit dans leur prise de conscience écologique, alors qu’ils réalisent que s’engager pour la planète, c’est bien plus que recevoir des surnoms ridicules, participer à des séances de câlins, manger des légumes crus et s’asseoir par terre chez soi parce qu’on refuse de « consommer » un canapé. C’est aussi un moyen de contrôler son anxiété écologique et de s’entourer d’une équipe soudée avec qui bâtir un projet pour le futur. La cohabitation entre Albert et Bruno et les activistes écologiques rebelles est une représentation juste de notre société : certains critiquent ceux qui n’en font pas assez pour le climat, et d’autres jugent ceux qui en font trop avec des ricanements (les « écolos »!). L’humour subtil des réalisateurs se mêle à leur empathie pour tous les personnages. Tout est sujet à être gentiment moqué : les surnoms que les écologistes se donnent – comme Cactus et Quinoa – et les situations embarrassantes dans lesquelles se retrouvent les deux trentenaires aux poches vides. Le film permet à tous de rire d’eux-mêmes et de leurs positions sur la cause climatique, pour finalement s’ouvrir à l’autre et voir que ce n’est qu’en s’unissant qu’on pourra pousser les gouvernements à agir et changer les consciences.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le rire et l’empathie véhiculent un message d’engagement plus fort que n’importe quel discours d’effroi »</p>
</blockquote>



<p><em>Une année difficile </em>est un film qui donne envie d’être vivant, de faire des erreurs, de s’engager, de trouver l’amour, et surtout, de se rappeler que le rire et l’empathie véhiculent un message d’engagement plus fort que n’importe quel discours d’effroi.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/voyage-dans-le-militantisme-ecologique-francais/" data-wpel-link="internal">Voyage dans le militantisme écologique français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un 7e art, deux perspectives culturelles</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/un-7e-art-deux-perspectives-culturelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52988</guid>

					<description><![CDATA[<p>Regard sur deux longs-métrages du Festival du Nouveau Cinéma.</p>
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<p>Le Festival du Nouveau Cinéma (FNC) présentait sa 52<em>e </em>édition du 4 au 15 octobre dans une dizaine de cinémas du centre-ville de Montréal. Les films à l’affiche proposaient des regards originaux sur des thématiques propres à chacun des cinq continents. Les réalisatrices, Melisa Liebenthal et Myriam Birara, venues d’Argentine et du Rwanda, ont insufflé au FNC un point de vue féminin par leurs longs-métrages respectifs. Projetés respectivement en espagnol et en kinyarwanda, les deux longs-métrages <em>El Rostro de la Medusa </em>et <em>The Bride </em>parlent des aspects problématiques de leurs sociétés et de la culture qui les régit, en mettant de l’avant deux femmes qui surmontent les défis sociétaux qui leur sont imposés.</p>



<p><strong>Des problématiques culturelles locales</strong></p>



<p>Au Rwanda comme en Argentine, les histoires sont racontées par des femmes, les deux réalisatrices, qui regardent avec discernement les failles de leurs sociétés. Les personnages féminins y sont mis à l’honneur. Dans <em>El Rostro de</em> <em>la Medusa </em>de Melisa Liebenthal, la discussion sur l’apparence physique est centrale. À l’heure où nos visages déverrouillent nos téléphones, où notre passage aux frontières est validé par des dispositifs de reconnaissance faciale, et où nos photothèques sont remplies de selfies, il est intéressant de se pencher sur l’importance de nos traits faciaux pour notre identité. Marina, jeune adulte à Buenos Aires, se réveille un matin avec un nouveau visage. Méconnaissable, elle explore les conséquences d’un tel changement dans sa vie quotidienne, amoureuse et familiale.</p>



<p>C’est également en abordant une situation cauchemardesque que la réalisatrice rwandaise Myriam Birara met en lumière une norme sociale violente pour les femmes de son pays dans son long-métrage <em>The Bride </em>: le mariage forcé en cas de viol. Eva, qui subit un tel sort, avait des ambitions d’études et un petit ami en vue. Mais c’est dans la maison de son agresseur que le spectateur la suit, entre ses tâches ménagères et ses tentatives de guérir les conséquences physiques d’une sexualité non désirée. La réalisatrice critique cette tradition, en y mélangeant l’horreur du récit des plaies béantes du génocide ethnique des Tutsis par les Hutus au Rwanda, en 1994. Les souvenirs sont racontés par des personnages qui ont survécu, mais ont perdu tous leurs proches et leurs rêves. Les larmes de la victime de viol semblent surprendre ceux qui ont vu leurs familles se faire assassiner : l’insoutenable paraît presque banal dans un tel contexte.</p>



<p><strong>De l’audace culturelle et féminine dans les techniques cinématographiques</strong></p>



<p>Les deux productions latine et africaine donnent de la crédibilité à la critique de leur société, tout en brisant les codes du septième art. La situation angoissante, presque kafkaïenne, à laquelle doit faire face chaque héroïne est partagée par le spectateur grâce à des techniques cinématographiques audacieuses.</p>



<p>Par exemple, dans <em>El rostro de la medusa</em>, le ton est léger : Melisa Liebenthal semble s’être amusée à susciter un contraste entre les techniques de réalisation et les sujets de cette histoire oppressante et absurde. La réalisatrice utilise divers moyens audiovisuels pour amplifier le nombre de visages qui nous entourent, par exemple en dessinant les traits du visage d’un animal comme on le ferait pour celui d’un humain. La variété de sons, qui rappellent ceux de nos petits écrans, les effets de filtres de caméra de surveillance et de photos d’archives : tout y est pour nous rappeler que nous sommes constamment surveillés.</p>



<p>La différence culturelle entre les réalisatrices argentine et rwandaise se remarque non seulement par les différentes problématiques abordées, mais aussi dans le rythme des histoires. À travers des dessins et un enchaînement de différents décors, Melisa Liebenthal offre un rythme soutenu. Au Rwanda, Eva est quant à elle enfermée dans une maison, et la lenteur du film en tient compte. La réalisatrice n’hésite pas à laisser tourner la caméra assez longtemps pour rendre l’audience inconfortable face aux pleurs incontrôlés d’Eva lorsqu’elle souffre des agressions sexuelles qu’elle subit à répétition.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Tout y est pour nous rappeler que nous sommes constamment surveillés »</p>
</blockquote>



<p>En somme, les histoires de ces femmes, racontées par Melisa Liebenthal et Myriam Birara, démontrent une fois de plus le pouvoir du cinéma en tant que moyen d’exploration et de réflexion sur notre monde et notre humanité. Les techniques cinématographiques innovatives et les perspectives féministes de chaque film nous rappellent avec justesse que ces fictions s’avèrent en fait des représentations d’enjeux bien réels, ancrés dans le quotidien des femmes, qu’elles soient rwandaises ou argentines.</p>
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		<title>Besoin d’un corps vide</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/besoin-dun-corps-vide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[obsession]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand la finesse devient une obsession.</p>
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<div class="wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<p>Je ne serai jamais aussi vide que je l’ai été. Mon ventre ne sera jamais aussi plat. Mon âme et mon bonheur non plus. Tous, vous me l’avez fait dire :<br>« Je suis grosse. »<br>« J’ai une couche en trop. »</p>



<p>Par vos compliments </p>



<p class="has-text-align-right">        vos remarques</p>



<p class="has-text-align-right">                 vos remarques que j’ai prises pour des compliments</p>



<div class="wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<p>Au début, je me laissais couler sur une pente que je pensais bonne<br>Je perfectionnais mon alimentation et je courais, j’évitais la sensation d’un ventre trop plein </p>



<p>Ce n’est que quand on a commencé à me dire que j’étais fine que j’ai commencé à le voir</p>



<p>que j’ai commencé à l’aimer<br>                              qu’une addiction consciente a commencé</p>
</div>



<p>mon ego s’est greffé au ventre plat, aux côtes découvertes et à l’espace entre mes cuisses </p>



<p>un idéal que je pensais avoir laissé au passé, avec mon corps prépubère<br>et à force de faire attention, de restreindre les portions<br>j’étais tombée dans ce corps nouveau, que je ne voulais plus jamais laisser repartir</p>



<div class="wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<div class="wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<div class="wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<p>me quitter de nouveau pour des pâtes, une cuillère de yaourt ou une demi-banane de trop                                    </p>
</div>



<p class="has-text-align-right">           je n’ai pas faim</p>
</div>



<p>                    je dois rester <em>fit </em>si je veux pouvoir rester <em>fit<br></em>                                   un biscuit en trop et ça recommencera à tourner dans ma tête -</p>
</div>



<p>Alors je dois maintenant m’affranchir<br>arrêter d’adorer cette image passée<br>réaliser que les choses peuvent être vécues, pensées, faites autrement<br>et je dois passer par la détestation des images de cet ancien corps vide, adoré par d’autres, ce corps qui ne veut pas mon bien pour apprendre à écouter celui qui me permet d’écrire ces lignes<br>Je veux combler les creux vicieux de l’addiction</p>



<p>            en apprenant à relativiser<br>                           qu’il y a bien plus dans ce monde à explorer</p>



<p>que la spirale malsaine de mon imagination.</p>
</div>
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